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Société

Fin de vie : à Niort, Jean, 68 ans, opte pour le suicide assisté

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Poitou, France Bleu

La France doit-elle légaliser l'euthanasie ou pas ? La question sera tranchée au cours de la prochaine loi Bioéthique. En attendant, un Niortais atteint de sclérose en plaques, lui, a pris sa décision : il s'est payé un suicide assisté en Suisse pour quand son corps le lâchera entièrement.

Muriel la fille de Jean l'aide parfois à manipuler la souris quand sa main droite lui fait défaut
Muriel la fille de Jean l'aide parfois à manipuler la souris quand sa main droite lui fait défaut © Radio France - Isabelle Rivière

Niort, France

Après quatre mois d'Etats généraux de la Bioéthique en France, un rapport de synthèse a été remis au Comité consultatif national d'éthique. Celui-ci a désormais trois mois pour rendre son avis. Le but de toute cette procédure, c'est d'aider le gouvernement à rédiger un projet de loi sur la bioéthique. Mais les sujets abordés dans ce texte divisent déjà les français. Sur la fin de vie, la question est de savoir si la France doit légaliser ou non l'euthanasie. Sans même attendre la loi, un Niortais atteint de sclérose en plaques a pris sa décision : il opte pour un suicide assisté. Pour cela, il sera obligé d'aller en Suisse, car en France, la procédure n'est pas légale. 

Le droit à mourir dans la dignité

Jean a 68 ans. Cela fait 28 ans que ce Niortais vit avec une sclérose en plaques. Peu à peu, cet ancien rugbyman d'1m90, a vu son corps le trahir. D'abord ses jambes, qu'il a remplacées par un fauteuil roulant, puis son bras gauche. Il ne lui reste plus que sa main droite pour l'aider à manipuler sa souris d'ordinateur ou son fauteuil, équipements désormais indispensables à son autonomie au quotidien. Le regard bleu pétillant et le sourire jamais bien loin comme pour narguer la maladie, Jean raconte qu'il a pris sa décision d'aller mourir en Suisse il y a quelques années. En 2008, son médecin lui annonce qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Mais cette ancienne "force de la nature" refuse de se voir dépérir. Le handicap, il l'accepte grâce à la psychothérapie. Mais finir comme un légume à regarder le plafond dans un lit d'hôpital, ça, non ! il s'y refuse. 

Un mail pour refuser de finir comme un légume

Au cours de sa réflexion sur la maladie, la mort, Jean découvre l'ADMD, l'association pour le droit à mourir dans la dignité et le suicide assisté. En Août 2016, il envoie un mail à ses deux filles, ses deux frères et ses amis. Un mail intitulé : "Dignité"

"Bonjour à tous, la décision est difficile à prendre mais je précise qu'à 75 ans, j'irai en Suisse pour mourir. Et peut-être que j'irai plus tôt, si la masse des emmerdements dépasse la masse des satisfactions. Bises". Signé : "Nano, papa ou Jeannot". Mail du 23 août 2016 à 15h18

Il est comme ça Jean ! Il aime le second degré. L'humour... La "masse des emmerdements" pour lui, c'est le corps qui le lâchera. Un jour. Entièrement. La paralysie. L'indignité. Son dossier envoyé en Suisse a été accepté par une clinique. Il lui suffira d'appeler pour prendre rendez-vous. Ce sont deux amis qui l'accompagneront. Jean veut épargner Caroline et Muriel, ses deux filles,  car comme le souligne cette dernière : "C'est de l'amour, il veut nous préserver. Même si avec le temps on a accepté la décision. On n'est jamais prêt à voir partir un papa". 

Il a choisi celle qui lui tiendrait la main pour le dernier voyage

C'est donc son "pote" qui le conduira en voiture pour ce dernier voyage et sa meilleure amie qui lui tiendra la main au moment où il recevra son injection létale sous le contrôle des autorités locales. "Ils vont mettre le médicament dans ma perfusion, et je m'endormirai. Je mourrai. Sereinement." Pour son dernier voyage, l'ancien rugbyman, hédoniste, amoureux de la vie et ses plaisirs, a déboursé 12 000 euros. Aujourd'hui, Jean espère vivement que la France évoluera sur le thème du suicide assisté. 

La sclérose en plaques, Jean l'oublie quand ils se taquinent avec sa fille - Radio France
La sclérose en plaques, Jean l'oublie quand ils se taquinent avec sa fille © Radio France - Isabelle Rivière
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