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Société

À Orléans, des Justes parmi les nations, décorés à titre posthume

lundi 23 avril 2018 à 5:59 Par Cyrille Ardaud, France Bleu Orléans

La distinction de Juste parmi la nation a été remise à titre posthume à deux couples loirétains. Durant la Seconde Guerre mondiale ils ont sauvé une fillette en l'hébergeant chez eux.

À droite : Yvette Goldberg. C'est elle qui a été sauvée lorsqu'elle avait 8 ans. Elle est accompagnée de deux descendantes des couples qui l'ont hébergée
À droite : Yvette Goldberg. C'est elle qui a été sauvée lorsqu'elle avait 8 ans. Elle est accompagnée de deux descendantes des couples qui l'ont hébergée © Radio France - Cyrille Ardaud

Orléans, France

C'est l'un des titres honorifiques les plus importants d’Israël. La distinction de Juste parmi la nation est remise aux personnes non-juives qui ont aidé, caché, secouru des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Dans le monde, il y a un peu plus de 25 000 Justes, ils sont 31 dans le Loiret.

Les derniers en date sont donc Joseph et Marguerite Labidoire et Louis et Louise Léocournet, qui ont été médaillés à Orléans ce dimanche à titre posthume. Durant la guerre, ils ont pris le risque de cacher une fillette juive. Yvette Goldberg, née de parents polonais, avait 8 ans à l'époque. Âgée aujourd'hui de 82 ans, elle était présente à la cérémonie.

La guerre a éclaté lorsqu'elle avait 3 ans

C'est son père, Joseph qui est arrivé en France le premier. Il s'est installé à Pithiviers pour suivre une formation de brasseur . Les premières années il loue une chambre dans la maison des Labidoire. Très rapidement il se lie d'amitié avec eux. Son épouse Chana le rejoint en 1933, le couple est naturalisé en 1936. C'est cette même année que naît leur fille Yvette.

"La Résistance est passée et a dit à ma maman de ne pas m'envoyer à l'école le lendemain"

La guerre éclate trois ans plus tard, en 1939. Son père est envoyé au front, où il sera capturé et envoyé dans un camp de prisonniers de guerre en Allemagne. La fillette et la mère vivent quant à elles à Paris, malgré le danger. Yvette Goldberg raconte : "Il y a eu une rafle à l'école où j'étais. La Résistance était passée pendant la nuit et avait dit à ma maman de ne pas m'envoyer à l'école le lendemain. Une autre fois, de nouveau la Résistance est venue nous prévenir qu'il y aurait une rafle le lendemain. Les Allemands sont effectivement venus. Ils ont pris mon oncle que l'on a plus jamais revu. Si j'étais resté dans la maison, je serais morte."

Protégée par deux familles

C'est suite à ce deuxième événement que Chana décide de mettre en sécurité sa fille en la confiant à ses amis : la famille Labidoire. Ces derniers ont déménagé à Orléans. La famille Léocournet participe également à la protection d'Yvette.

Quelques mois avant la fin de la guerre, les bombardements sur Orléans redoublent d'intensité. La famille et Yvette se réfugient alors plus au sud du département. Lorsque le conflit prend fin, Joseph, le père, est libéré. La famille est de nouveau réunie. Ils resteront en France quelques années avant de déménager au Brésil en 1954. "Parce que ma mère avait peur d'une Seconde Guerre mondiale" raconte Yvette.

Retrouvée 52 ans après

C'est là-bas qu'Yvette fera sa vie. Elle se marie, donne naissance à trois enfants, et perd contact avec les deux familles qui l'ont sauvée : "J'ai eu un blackout parce que pour _moi ça a été trop difficile, trop triste_... alors je ne voulais pas me souvenir de cette période."

C'est en 2006 qu'elle sera retrouvée par Christiane, la fille aînée des Labidoire, aidée par une équipe de télévision.