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Société

À Orléans, une mobilisation contre les violences faites aux femmes

samedi 25 novembre 2017 à 23:39 Par Cyrille Ardaud, France Bleu Orléans

À l'occasion de la Journée internationale de l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le Planning Familial du Loiret a organisé une "mobilisation éclair" dans les rues d’Orléans. Un hommage rendu aux 117 femmes mortes sous les coups de leur conjoint en 2017.

123 femmes tuées par leur compagnon en 2016, 117 victimes en 2017 : il est urgent d'agir selon le Planning Familial
123 femmes tuées par leur compagnon en 2016, 117 victimes en 2017 : il est urgent d'agir selon le Planning Familial © Radio France - Cyrille Ardaud

Orléans, France

Devant le centre commercial Place d'Arc à Orléans, une centaine de militants du Planning Familial s'activent. Une grande flash mob est sur le point de se tenir pour sensibiliser les Orléanais à la question des violences faites aux femmes, et pour rendre hommage aux 117 victimes mortes sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon en 2017.

La journée n'a pas été choisie au hasard, c'est la Journée internationale de l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Journée choisie par le président de la République Emmanuel Macron pour réaliser une série d'annonces sur l"égalité entre les femmes et les hommes.

117 prénoms, ceux des victimes

Le sol est jonché de fleurs, d'escarpins, de silhouettes de cadavres. Les manifestants ont épinglé sur leur veste une fiche. Sur chacune d'elle, un prénom et une cause de décès. On peut par exemple y lire : "Emilie, déposée vivante sur les rails, ligotée et écrasée par un TGV.", "Anonyme, retrouvée nue et défigurée au volant de sa voiture", "Marion, violée et battue à mort."

"Assassinée le 12 novembre 2017, frappée à mort par son compagnon" - Radio France
"Assassinée le 12 novembre 2017, frappée à mort par son compagnon" © Radio France - Cyrille Ardaud

En tout, 117 fiches. Rien n'est fictif. Les prénoms sont bien réels, tout comme les modes opératoires, plus effroyables les uns que les autres. Joëlle, milite pour l'égalité entre les hommes et les femmes, elle n'a pas hésité une seule seconde avant d'épingler le prénom d'une victime sur son manteau : "C'est une manière de dire que ça pourrait être moi ou quelqu'un que je connais."

Les femmes victimes de violences conjugales sont seules

Les violences conjugales sont bien souvent invisibles, c'est ce que rappelle Dominique Tripet. Elle est élue d'opposition (FDG) à la mairie d'Orléans, militante au Planning Familial et a été victime de ces violences : "Les femmes victimes de violences conjugales même si elles sont entourées, elles sont seules. Faces à leurs décisions, faces aux violences qu'elles subissent et faces à la société qui les ignore la plupart du temps."

Flash mob sur fond de Diam's

Pour dénoncer cette omerta, sensibiliser la population à cette question et alerter les pouvoirs publics, les participants à la flash mob ont marché en silence pendant cinq minutes. Se bouchant successivement les oreilles, la bouche et se cachant les yeux, avant de s'écrouler au sol.

Dans les haut-parleurs, une chanson résonne : c'est le titre de la rappeuse Diam's, "Ma souffrance", un titre composé en 2003 dans lequel la chanteuse raconte son passé de femme battue, lorsqu'elle avait 17 ans.

Il faut des actions réelles

Les prénoms de chacune des 117 femmes sont ensuite égrainés. Les manifestants se relèvent alors un par un et lèvent le poing. Si ce genre d'action choc est important, pour la présidente du Planning Familial dans le Loiret, Monique Lemoine, il faut désormais du concret : "Les larmes ne suffisent pas et dieu sait qu'il y en a eu ! Aujourd'hui il faut des actions réelles. La justice et le gouvernement doivent déclarer que ça ne peut pas continuer ainsi, ce n'est plus possible."

Sur cette toile, chacun peut laisser un mot ou un dessin - Radio France
Sur cette toile, chacun peut laisser un mot ou un dessin © Radio France - Cyrille Ardaud

Durant la mobilisation, une toile blanche a été tendue. Passants et militants sont invités à écrire un mot, à y faire un dessin. Dessus, on peut y lire "agissons, pour éviter qu'aimer... tue."

Réécoutez le reportage de France Bleu Orléans