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Société

"S'assumer ou se cacher", le quotidien des homosexuels face aux agressions homophobes à Paris

lundi 15 octobre 2018 à 0:29 Par Laura Lavenne, France Bleu Paris et France Bleu

Deux agressions homophobes ont eu lieu à Paris en à peine une semaine. Les 6 et 8 octobre derniers. Elles font craindre une hausse de l'homophobie dans la capitale. Selon l'association Urgence Homophobie, il y aurait une hausse des agressions de 15% sur les 6 premiers mois de l'année 2018.

Des manifestants agitent des drapeaux arc-en-ciel, drapeau de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transsexuelle (LGBT). Illustration
Des manifestants agitent des drapeaux arc-en-ciel, drapeau de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transsexuelle (LGBT). Illustration © Radio France - Nathanael Charbonnier

Paris, France

"C'est choquant, mais on commence à avoir l'habitude". Maxime est homosexuel, il n'a jamais été agressé mais il sait qu'il ne peut pas vivre son homosexualité librement. Ce serveur dans le quartier du Marais aimerait ne pas céder à la peur, mais en réalité, c'est la peur qui s'impose à lui à chaque nouvelle agression. "Malheureusement _il y a des quartiers où on ne se touche pas, où on ne se regarde pas_", avoue Maxime. 

Frappés pour un baiser en pleine rue

En un mois à Paris, trois agressions homophobes ont été recensées. Samedi 6 octobre, un couple d'hommes s'est fait agressé à la sortie d'un cinéma du 19ème arrondissement de Paris. 

Deux jours plus tard, le lundi 8 octobre, c'est au tour d'un couple de femmes qui mangeaient sur un banc place de la République. Elles ont été insultées puis frappées au visages pour leur orientation sexuelle. 

Ces deux agressions, en l'espace de 72 heures à Paris, font craindre une augmentation des actes homophobes. Selon l'association Urgence Homophobie, il y aurait en effet une hausse de 15% sur les 6 premiers mois de l'année 2018 par rapport à l'an passé. 

Si les agressions semblent plus nombreuses depuis la rentrée c'est aussi parce que leur médiatisation est plus importante. Le 18 septembre dernier, le comédien Arnaud Gagnoud a lui aussi été victime d'une agression en pleine rue. Il a été pris à parti par plusieurs jeunes, "probablement tous mineurs" selon lui, alors qu'il sortait d'un théâtre du 20ème arrondissement de Paris avec son compagnon Rémi. 

"Il faut en parler le plus possible"

Le comédien a aussitôt porté plainte et diffusé, sur les réseaux sociaux, les images de son visages ensanglanté et de son arcade sourcilière fracturée. 

Quasiment un mois plus tard, Arnaud Gagnoud a toujours l'arcade sourcilière abîmée, une cicatrice et encore un peu de sang dans la pupille."Maintenant, on a le choix entre s'assumer et vivre pleinement notre homosexualité, de le vivre normalement, soit de vivre cacher." Lui refuse de se cacher. 

Nous, on s'est fait casser la gueule, c'est trop tard mais essayons de faire bouger les choses pour que les jeunes qui sont en train de grandir en France ne subissent plus cela dans quelques années". Arnaud Gagnoud, victime d'une agression homophobe.

Pour Arnaud Gagnoud, "il faut en parler le plus possible pour faire changer les mentalités, dénoncer et surtout porter plainte" lorsqu'on est victime d'agression homophobe.

Le comédien attend toujours que la justice fasse son travail. Pour l'heure, un seul de ses six agresseurs présumés a été arrêté. Un mineur qui devra être jugé pour ses actes. Du fait de sa minorité, il risque jusqu'à 3 ans et demi de prison.  

"L'homophobie est un délit, l'homophobie n'est pas une opinion"

"L'homophobie est un délit, l'homophobie n'est pas une opinion", rappelle l'animateur du groupe TF1 Christophe Beaugrand. Sur les réseaux sociaux, il se fait régulièrement insulté pour son orientation sexuelle. "Tu es un démon, tous les gays sont des démons comme toi", lui a t-on envoyé récemment sur Facebook. 

"Il faut faire des captures d'écran quand on est victime d'homophobie sur Internet. Cela tombe sous le coup de la loi. Il faut se mobiliser, porter plaine, il ne faut pas avoir honte. C'est ceux qui stigmatisent qui sont le problème, pas ceux qui sont stigmatiser". Christophe Beaugrand. 

Les injures sont pourtant lot commun pour Stéphanie, coiffeuse et lesbienne dans le Marais : _"_c'est violent de se faire insulter de pédé ou de gouine, parce que la colère monte et on ne peut rien faire. Le pire, c'est qu'il s'agit d'une réalité quasiment quotidienne"

Selon le rapport annuel de SOS Homophobie, en 2016, les insultes représentaient 45 % des actes homophobes en France, mais les auteurs de ces agressions restent souvent impunis alors que les faits sont punissables.  L’injure est punie de 12 000 € d’amende quand elle est proférée par des discours, cris ou menaces dans des lieux publics, mais aussi lorsqu’elle est diffusée par écrit, dessin ou image.