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Société

À Paris, les kiosquiers en grève ce lundi

lundi 6 novembre 2017 à 5:31 - Mis à jour le lundi 6 novembre 2017 à 8:22 Par Elodie Vergelati, France Bleu Paris et France Bleu

Les kiosquiers parisiens sont en grève ce lundi. Ils ne veulent pas des nouveaux kiosques qui remplaceront les anciens dans la capitale à partir de janvier et jusqu'en 2019. Surtout, ils cherchent des solutions pour survivre.

Le kiosque nouvelle génération, prototype installé dans le 14ème arrondissement de Paris
Le kiosque nouvelle génération, prototype installé dans le 14ème arrondissement de Paris © Radio France - Elodie Vergelati

Paris, France

Vous risquez d'avoir du mal à acheter votre journal ce lundi à Paris. Les kiosquiers sont en grève. Ils ne veulent pas des 360 nouveaux kiosques qui vont remplacer les anciens dans Paris à partir de janvier et jusqu'en 2019. Conçus par Mediakiosk (filiale de JC Decaux), ces kiosques appartiendront, dès leur installation, à la Ville de Paris qui a investi 52.4 millions d'euros pour leur renouvellement.

Le nouveau kiosque se veut plus ergonomique, il a été conçu pour "valoriser la presse" d'après la Ville de Paris - Radio France
Le nouveau kiosque se veut plus ergonomique, il a été conçu pour "valoriser la presse" d'après la Ville de Paris © Radio France - Elodie Vergelati

Un kiosque sans eau courante ni raccordement aux égouts

Un prototype du kiosque nouvelle génération est installé depuis plusieurs mois dans le 14ème arrondissement de Paris, rue d'Alésia. Son design est moderne, l'espace présentoir est plus vaste mais "l'espace de caisse est encore plus petit qu'avant, et surtout il n'y a pas de toilettes, pas d'eau courante", regrette Benoît Larigaldie, kiosquier depuis 15 ans place de l'Etoile et membre du syndicat des kiosquiers. "On passe 10 à 15h par jour dans nos kiosques, et en 2017 on est contraint de poursuivre avec la vieille méthode de la bouteille dans laquelle on urine et qu'on va vider au café du coin! La Ville de Paris nous avait promis des toilettes et au final, rien!", détaille avec amertume Benoît Larigaldie.

Jamais une telle promesse n'a été formulée, rétorque la Ville de Paris. "Raccorder aux égouts tous les kiosques de la capitale, c'est techniquement impossible", justifie Olivia Polski, adjointe à la maire de Paris chargée du commerce et de l'artisanat. Les kiosquiers qui le voudront pourront se faire installer des toilettes sèches, qu'il faudra aussi vider.

"On a besoin de diversifier notre offre pour survivre", Benoît Larigaldie, du syndicat des kiosquiers - Radio France
"On a besoin de diversifier notre offre pour survivre", Benoît Larigaldie, du syndicat des kiosquiers © Radio France - Elodie Vergelati

Pour survivre, on est obligé de vendre des Tour Eiffel, Benoît Larigaldie

Si les kiosquiers sont en grève, c'est surtout parce qu'ils ne s'en sortent pas financièrement. Ils touchent 10% net sur chaque titre de presse vendu, auprès de leur distributeur Presstalis. "C'est bien trop peu, il faut augmenter notre taux de commission", explique Benoît Larigaldie. Avec la baisse des ventes presse, beaucoup de kiosquiers ont dû diversifier leur offre. "On vend des Tour Eiffel, des parapluies, des casquettes, des boissons, on n'a pas le choix! Au moins, sur ces produits, on se fait une marge décente," poursuit-il.

"Nous sommes des travailleurs indépendants, nous tenons à notre liberté", Benoît Larigaldie  - Radio France
"Nous sommes des travailleurs indépendants, nous tenons à notre liberté", Benoît Larigaldie © Radio France - Elodie Vergelati

Un modèle économique menacé, d'après les kiosquiers

Mais ce modèle économique est menacé, estime le syndicat des kiosquiers. D'abord par le nouveau kiosque, qui par son ergonomie met en valeur la presse mais "ne laisse aucune place pour nos autres marchandises", analyse Benoît Larigaldie. Qui déplore une "une uniformisation" de son outil de travail. Surtout, le syndicat des kiosquiers demande un assouplissement de la réglementation municipale qui impose aux kiosquiers le ratio suivant : un tiers de vente hors presse et deux tiers de vente de presse. "C'est notre liberté de travailleur indépendant qui est en jeu. On doit avoir le choix de vendre demain des frites, par exemple, si c'est le seul moyen de continuer à vendre de la presse!", conclut Benoît Larigaldie.

Notre objectif, c'est de valoriser la vente de la presse et pas autre chose, Olivia Polski adjointe à la maire de Paris chargée du commerce

Une vision que ne partage pas la Ville de Paris. "Nous avons longuement réfléchi et investi pour concevoir un kiosque qui offre une belle vitrine à la presse. Notre objectif, c'est de valoriser la vente de la presse sur l'espace public et pas autre chose comme les boissons ou les cartes postales", objecte Olivia Polski, adjointe à la maire de Paris chargée du commerce et de l'artisanat. "Nous sommes conscients que le secteur est en crise et que les kiosquiers sont au bout d'une chaîne qui va mal, mais il ne faut pas nous en tenir responsable", poursuit-elle. Pas de changement de la réglementation municipale en vue, donc. Et la Ville de Paris de rappeler qu'elle a mis en place une aide d'1,8 million d'euros pour les kiosquiers les plus précaires (qui touchent moins de 840 euros par mois).