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Société

A Poitiers, les étudiants en pharmacie consacrent 60 heures de formation à la connaissance des champignons

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Par , France Bleu Poitou

A Poitiers, les étudiants en pharmacie suivent près de 60 heures de formation à la mycologie et à la toxicologie au cours de leur cursus. Des cours théoriques et pratiques qui leur permettront de vérifier plus tard les paniers de champignons apportés par les cueilleurs afin d'éviter l'intoxication.

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp - Maxppp

Poitiers, France

Eviter la psychose mais encourager les bons réflexes après l'intoxication mortelle aux champignons dans les Deux-Sèvres. En Nouvelle-Aquitaine, l'ARS, Agence régionale de la santé rappelle les consignes de sécurité aux cueilleurs : avant de consommer sa récolte, le mieux, c'est d'aller en pharmacie, pour montrer le contenu de son panier à un professionnel, surtout si on a un doute sur une espèce. Les pharmaciens sont en effet formés à distinguer les champignons comestibles des espèces toxiques. Ils connaissent leurs effets sur le métabolisme humain. Cela fait partie de leur formation à l'université.

Des cours obligatoires à la mycologie

A la fac de pharmacie de Poitiers, les cours de mycologie et de toxicologie ont lieu en 5ème année et 6ème année. Des cours obligatoires. Après des notions théoriques et des travaux dirigés sur des champignons en résine, place à la pratique. Tous les lundis, les élèves doivent reconnaître des champignons fraîchement cueillis et en préciser les effets toxicologiques. C'est le Dr Stéphanie Pain, pharmacien et maître de conférences qui les forme.  

"Je dispose les champignons dans des assiettes sur différentes tables. Ils ont trois heures environ pour analyser entre 80 et 100 espèces différentes à chaque fois"

Des espèces qui changent d'un cours à l'autre bien sûr, puisque les champignons de septembre ne sont pas forcément ceux qu'on trouve en novembre, précise le professeur. A Poitiers, les élèves sont formés en fin de cycle, en 5ème et 6ème année, pour qu'ils aient bien en tête tout le savoir nécessaire en entrant en officine. Ils ont entre 50 et 60 heures de cours en tout. 

Des étudiants conscients des enjeux

Matthieu Muller est en 5ème année de pharma à Poitiers et il mesure combien la formation mycologique est importante pour un futur pharmacien en officine. 

"Notre formation nous donne toutes les bases pour analyser les paniers de champignons. Après, pour parfaire notre expérience, il faut aussi aller en forêt"

Attention aux applis mobiles

Au cours de ses sorties, le futur pharmacien a d'ailleurs repéré des pratiques qui l'inquiètent : des promeneurs qui "utilisent des applications mobiles pour cueillir des champignons.  Il suffit de prendre la photo, et de l'entrer dans la base de données, et l'appli vous dit si c'est toxique ou pas. Mais ça ne suffit pas !", selon lui. 

"Rien ne vaut l'oeil d'un expert", insiste l'étudiant poitevin. "Qu'il soit pharmacien ou membre d'une société mycologique comme la société mycologique du Poitou par exemple". 

L'Ordre des pharmaciens appelle à la plus grande prudence

En Nouvelle- Aquitaine, l'ordre régional des pharmaciens, appelle lui aussi à la plus grande prudence. "Même si vous connaissez très bien les champignons, n'hésitez pas à les faire vérifier par un pharmacien. le professionnel s'il a un doute pourra au moins demander l'avis d'un collègue ou vous renvoyer vers un autre spécialiste", précise Gerard Deguin, le vice-président de l'ordre. 

On a constaté une recrudescence des cas d'intoxication parce que les gens se tournent de plus en plus vers la nature. Ils veulent consommer ce qu'ils cueillent eux-mêmes. Ces gens ne connaissent pas toutes les subtilités de la mycologie.  La pluie par exemple peut délaver un chapeau de champignon,  et le faire passer pour un cousin comestible alors qu'en fait on est face à une espèce toxique. 

Gare aux confusions 

La connaissance des champignons est une science exigeante, qui nécessite une mise à jour constance des ses savoirs. Dans le cas mortel des Deux-sèvres, la victime aurait pris une amanite phalloïde pour un bolet. 

"L'amanite phalloïde a un chapeau verdâtre. Avec la pluie, et la décoloration, la victime a pu la confondre avec un bolet. mais si elle avait regardé en dessous, elle aurait vu de suite que c'était l'amanite." explique le Dr Stéphanie Pain, pharmacien et maître de conférences à la fac de médecine et pharmacie de Poitiers. 

Une exposition ce mardi 

L'Université qui organise d'ailleurs ce mardi 5 novembre 2019 une exposition de champignons frais en présence du Dr. Stéphanie Pain et de Raphael Hervé, mycologue de la Société Mycologique du Poitou. C'est de 17h à 19h à la fac de pharma et l'entrée est libre. 

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