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Dossier : Mouvement des "gilets jaunes"

A Reims, des "gilets jaunes" ont interrompu le grand débat national

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne

Des centaines de Rémois se sont rendus ce samedi au complexe René-Tys pour participer au grand débat national. Ils ont répondu à l'invitation du maire Arnaud Robinet. Des gilets jaunes ont participé aux ateliers, mais d'autres ont perturbé la matinée.

500 Rémois ont planché sur les 4 thèmes du grand débat national, parmi eux des gilets jaunes
500 Rémois ont planché sur les 4 thèmes du grand débat national, parmi eux des gilets jaunes © Radio France - Eric Normand

A Reims, les gilets jaunes ont suspendu pendant une bonne demi-heure le grand débat national. Il était organisé samedi matin par la mairie au complexe sportif René-Tys. Plus de 500 personnes ont participé aux échanges, 620 personnes s'étaient pré-inscrites sur internet. Les citoyens ont planché sur quatre thèmes : la fiscalité, la démocratie, l’organisation de l’État et la transition écologique. Ce sont les quatre thèmes qu'aborde le président de la république dans sa lettre aux français.

Les participants se sont installés par groupes sur l'une des cinquante tables. Après 45 minutes d'échanges en petits groupes, ils ont pu choisir en concertation avec les autres personnes de l'atelier 3 propositions, qu'ils ont ensuite partagées - au micro - avec l'ensemble de la salle. Une restitution qui était prévue pendant 40 minutes.

Chaque groupe a pu restituer ces 3 propositions au micro à l'ensemble de la salle. - Radio France
Chaque groupe a pu restituer ces 3 propositions au micro à l'ensemble de la salle. © Radio France - Eric Normand

Les gilets jaunes ont empêché les débats de se dérouler pendant 30 minutes

Les gilets jaunes étaient présents devant le complexe René-Tys depuis le tout début de la matinée, avant même l'ouverture des portes au grand public. Affiches et banderoles à l'appui, ils étaient une trentaine à dénoncer les "violences policières" et l'usage du lanceur de balles de défense. 

Tout s'est bien passé pendant une heure, de nombreux gilets jaunes étaient présents autour des tables pour participer aux débats, d'autres se contentaient d'écouter.  "On se doit de participer," explique ce gilet jaune, "on nous donne l'occasion de faire entendre nos idées, autant la saisir ! Ce serait une erreur que de refuser cette main tendue." Il n'y a pas de gilets jaunes à toutes les tables mais les autres Rémois semblent apprécier leur présence : "Il faut dire merci aux gilets jaunes, c'est grâce à eux que nous avons ce débat," confiait l'un des participants, "et pourtant, je ne suis pas gilet jaune, je ne les soutiens pas quand il casse, et quand il bloque les voitures." 

Il faut dire merci aux gilets jaunes, c'est grâce à eux que nous avons ce débat

Plus loin, un militant associatif tenait le même type de propos, "on a besoin de s'exprimer, la preuve il y a beaucoup de monde et sans cette colère, le gouvernement n'aurait pas pris conscience qu'il y a besoin de redonner la parole à la base." 

Mais les discussions ont finalement été perturbées ... Des gilets jaunes ont crié "Macron démission", d'autres ont entonné la Marseillaise. 

Ce qui a tout déclenché : 2 propositions de participants 

C'est lors de la restitution au micro que le débat a dégénéré. Deux propositions ont mis le feu aux poudres. L'une qui préconisait de contrôler toutes les allocations, et l'autre d'instaurer un impôt pour tous. Dans les tribunes du complexe sportif, une trentaine de gilets jaunes s'étaient assis pour écouter les débats. Ils ont vivement réagi lors de la lecture de ces deux propositions. L'une d'elle, étonnamment, émanait même d'un gilet jaune ! 

C'est alors que la situation s'est considérablement tendue. Des gilets jaunes se sont levés, ont fait beaucoup de bruit, ont scandé des slogans hostiles au gouvernement et au président de la République. Il était impossible de poursuivre les débats. Une conciliation a été tentée de la part d'un organisateur du débat : "les gens dans la salle veulent poursuivre les échanges, c'est aussi l'occasion d'entendre vos propositions et que vous expliquiez pourquoi vous êtes mobilisés ... Chacun doit pouvoir s'écouter et échanger" a-t-il tenté. Mais trois gilets jaunes particulièrement remontés, masque et cagoule sur le visage, s'en sont pris verbalement à lui : "C'est de la communication, c'est de l'enfumage. Tout est fait à l'avance, les questionnaires sont orientés dans le sens de Macron qui va pouvoir se donner bonne conscience. Mais en fait, il s'en fout de nous. le grand débat est une mascarade et la ville de Reims s'en rend complice!" 

Reportage sur le grand débat de Reims

Divergences entre gilets jaunes

La tension a fini par retomber, les gilets jaunes ont quitté la salle et sont retournés dehors devant le complexe. Mais d'autres n'ont pas compris cet énervement soudain. "Je ne cautionne pas ce qu'il vient de se passer," explique Michel, "c'est l'affaire de 2 ou 3 gilets jaunes qui n'ont pas su se tenir et qui n'ont pas été capables d'écouter, ni d'accepter des avis différents." "Mais je suis solidaire, car il faut bien comprendre que cela fait 12 semaines que cela dure, 12 semaines de pression, de fatigue, d'épuisement même. Il faut les comprendre même si je n'ai pas compris ..." 

Michel est gilet jaune depuis la première heure, fidèle parmi les fidèles. Il a occupé le rond-point de Beaumont-sur-Vesle. Il estime "qu'il faut prendre la parole quand on nous la donne." Cela fait des années qu'il dénonce ce que les gilets jaunes disent aujourd'hui, "bien avant le 17 novembre." Et il tient à rappeler que "les gilets ont subi trop de blessés, trop de violence de la part des policiers, et le mouvement a même connu des morts." 

Et la tournure des événements l'inquiète. "Il ne faut pas qu'on soit déçu, sinon la colère sera encore plus forte, il faut de la justice fiscale, tenir compte de la parole des citoyens et redonner du pouvoir d'achat car même pour les classes moyennes supérieures, c'est difficile alors vous imaginez pour moi et ma famille ... je suis fonctionnaire depuis 25 ans, je travaille à l'hôpital et je ne gagne que 1500 euros par mois."   

L'avis de Michel, gilet jaune qui ne cautionne l'action de ses collègues

Une demi-heure de repos forcé, puis le débat a pu reprendre

Après l'interruption de trente minutes, les échanges ont repris sereinement mais il est indéniable que cet épisode "gilets jaunes" a refroidi quelques participants. Certains ont quitté les lieux. La salle s'est vidé, 250 participants sont malgré tout restés jusqu'au bout. Le maire Arnaud Robinet a assisté à l'essentiel des débats depuis ce matin. C'est lui qui a clos le grand débat national, version Reims. Il a "remercié tous les participants pour la qualité des échanges," et a promis que "toutes les propositions seraient remontées aux instances nationales."

Les propositions sont inscrites pour chaque groupe sur cette feuille. - Radio France
Les propositions sont inscrites pour chaque groupe sur cette feuille. © Radio France - Eric Normand
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