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Société

À Rouen, un projet de ramassage scolaire en calèche ne fait pas l'unanimité

C'est une initiative choisie par les Rouennais. À la rentrée 2020, une calèche tirée par deux chevaux doit assurer le ramassage scolaire dans le quartier Grieu, à Rouen. Mais une pétition s'opposant au projet, au nom du bien-être animal, a reçu plus de 34 000 signatures en deux semaines.

La calèche de 20 places sera tirée par deux chevaux. Elle tournera dès la rentrée 2020 dans le quartier Grieu de Rouen.
La calèche de 20 places sera tirée par deux chevaux. Elle tournera dès la rentrée 2020 dans le quartier Grieu de Rouen. - Fantine Costil - Cheval en Seine

Le projet de l'association Cheval en Seine semble bien séduisant : dès la rentrée 2020, il vise à organiser un ramassage scolaire en "échibus", une calèche de 20 places tirée par deux chevaux de traits. Tout ça dans le quartier Grieu de Rouen (Seine-Maritime), pour conduire les enfants le matin à l'école du coin, Anatole France. Une ronde de 3,5 km entre l'établissement et l'éco-pâturage abritant les chevaux, allant de la rue Grieu à celle des Hallettes, de la rue Sœur Marie-Ernestine à celle de Berne... L'idée est tellement séduisante qu'elle fait partie des 17 projets élus par les Rouennais il y a un an et demi, dans le cadre d'un appel à projets citoyens écolos

Mais depuis la mi-décembre, une pétition à l'intention des élus de Rouen dénonce cette initiative au nom du bien-être animal. Nommée "Non au ramassage scolaire en calèche à Rouen", elle a recueilli plus de 34 000 signatures en quinze jours.

"On veut juste réfléchir au rapport qu'on a avec les animaux"

À l'origine de cette pétition : Manu Tritz, enseignant en primaire à Cléon (Seine-Maritime) depuis 17 ans.

Manu Tritz voit cette initiative comme du "vegan-washing" : une main tendue vers les écolos et antispécistes à des fins politiques et électorales. - Radio France
Manu Tritz voit cette initiative comme du "vegan-washing" : une main tendue vers les écolos et antispécistes à des fins politiques et électorales. © Radio France - Simon de Faucompret

"On voulait lancer le débat... Pour le coup, il est bien lancé", réagit-il d'un air amusé au succès de sa pétition. Avant de rappeler ce qu'il pense essentiel : "On voulait juste peser dans un débat. C'est une pétition, pas un vote. C'est une décision politique ! On interpelle donc les politiques."

"Plusieurs villes ont interdit le transport en calèche."

Le "débat", il porte sur le bien-être animal. "J'ai retrouvé trois études menées pour savoir si les chevaux faisaient le travail qu'on leur demandait de façon volontaire." Conclusion, avance l'enseignant normand également titulaire d'une maîtrise de biologie : "Si on lui laisse le choix, un cheval ne travaille pas. S'il le fait, c'est qu'on l'y oblige. Ne serait-ce qu'avec le mors, qui peut provoquer de graves lésions !"

En d'autres termes, l'antispéciste (qui refuse la supériorité de l'homme sur les espèces animales, ndlr) veut soulever une question morale : "Quel est notre rapport aux animaux ?" Et le nombre de signataires, comme le contexte, le poussent à se la poser. "Plusieurs villes ont interdit le transport en calèche. À Montréal par exemple, alors que c'était une vraie institution." 

Et s'il salue la dimension écologique du projet dans son envie de réduire la pollution automobile aux abords de l'école, "il y a d'autres solutions, estime-t-il. Un seul exemple : le vélobus ! Ça existe à Louviers (Eure, ndlr) et ça fonctionne très bien. Là, on lutte contre la pollution, les élèves font un peu de sport et on ne fait pas croire que la solution est de recourir au travail animal."

"Ils se trompent de combat"

Même si elle est destinée aux élus de la municipalité rouennaise, la pétition a évidemment fait réagir Fantine Costil, président de l'association à l'initiative, Cheval en Seine.

Pour Fantine Costil, le travail qu'elle réalise avec les chevaux est bien compatible avec leur bien-être. - Radio France
Pour Fantine Costil, le travail qu'elle réalise avec les chevaux est bien compatible avec leur bien-être. © Radio France - Simon de Faucompret

"Sur le coup, je ne l'ai pas très bien pris", avoue-t-elle. "Mais avec le recul, je pense juste que ces gens se trompent de combat. Je veux expliquer comment on travaille avec les chevaux. Grâce à nous, les chevaux de trait peuvent aussi perdurer, alors qu'ils sont en voie de disparition." 

"On revient au cheval parce qu'on essaie de changer les choses et le bouleversement climatique."

Si la pétition a explosé rapidement, c'est grâce à la participation, d'après des élus rouennais qui soutiennent le projet, d'une majorité d'internautes étrangers : Canada, États-Unis, etc. Une déclaration démentie au passage par Manu Tritz, qui rappelle que les internautes n'ont pas tous indiqué leur origine géographique. Quoi qu'il en soit, la présidente de l'association et passionnée de cheval aurait "aimé qu'on en discute avant que ça n'arrive sur les réseaux sociaux de manière assez violente. On peut parler du projet, je suis assez ouverte."

Même si elle comprend les arguments, elle le réaffirme : "Nous, on défend les animaux ! Le cheval est quand même utilisé depuis des millénaires, pour le labour, le transport... On y revient aujourd'hui parce qu'on essaie de changer les choses et le bouleversement climatique."

Et pour elle, le côté écolo n'est pas incompatible avec le bien-être animal, loin de là : "On ne va pas faire comme dans des grandes villes du monde, à les faire travailler toute la journée, sans arrêt. Tout ça pour faire le maximum d'argent, ça, c'est de la maltraitance." La calèche permettrait de faire le ramassage du matin, soit environ deux ou trois heures de ronde. Par ailleurs, "on a un attelage avec deux chevaux pour répartir le poids", enchérit Fantine Costil.

Enfin, les chevaux seront installés dans un éco-pâturage du quartier Grieu de Rouen, à l'air libre. Un moyen, selon la présidente d'asso, d'éviter de les transporter en camion ou de les enfermer, et d'être à quelques encablures seulement du centre-ville.

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