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Société

Une cérémonie pour ne pas oublier les déportés du "train fantôme" à Sorgues

samedi 18 août 2018 à 21:52 Par Clément Conte, France Bleu Vaucluse et France Bleu

Ce samedi 18 août, comme tous les ans à la même date, l'amicale des déportés du "train fantôme" a commémoré le passage du funeste convoi à Sorgues. Devant la gare, près de 200 personnes étaient réunies pour rendre hommage à ces résistants envoyés dans les camps allemands en 1944.

Le co-président de l'amicale des déportés du "train fantôme" Guy Scarpetta en plein discours
Le co-président de l'amicale des déportés du "train fantôme" Guy Scarpetta en plein discours © Radio France - Clément Conte

Sorgues, France

74 ans après, l'émotion est toujours aussi vive à Sorgues. Devant la gare, la cérémonie de ce samedi 18 août a rassemblé près de 200 personnes. Il faut dire que ce village vauclusien a été particulièrement touché par le passage de plus de 700 déportés dans ses rues, le 18 août 1944.

Alors que les alliés viennent de débarquer en Provence, un train sillonne la France depuis Toulouse. Sa destination : les camps de la mort, en Allemagne. À son bord, 732 déportés entassés dans des wagons à bestiaux. Lorsque le convoi arrive à Roquemaure, le 18 août, il lui est impossible de poursuivre son chemin, les rails ont été sabotés. Les détenus rejoindront donc, à pied, la gare de Sorgues pour prendre un autre train. Ce trajet reste mythique, puisque certains habitants du village leur sont venus en aide spontanément, en apportant nourriture et eau, mais aussi en les cachant chez eux, au risque de leur vie très souvent.  

Ce souvenir est gravé dans les mémoires. "La véritable solidarité française, elle est ici. On ne rendra jamais assez honneur aux Sorguais", selon Ange Alvarez, l'un des rescapés de ce train de la mort. L'histoire de Sorgues, en ce jour d'août 1944, traverse les générations : "C'est important de continuer à se souvenir, confie Coline, 16 ans, présente à la cérémonie. L'endroit est symbolique."

Un acte héroïque jamais dévoilé

Pour Jean-Louis Humblot, cette cérémonie est surtout l'occasion de raviver un souvenir de son grand-père Marcel, décédé aujourd'hui. Très discret, ce Sorguais n'a jamais révélé son acte de courage entrepris ce 18 août 1944 et n'a révélé l'histoire à personne. Après des recherches entamées l'année dernière, son petit-fils peut enfin révéler l'histoire.

"Il était à la gare de Sorgues ce jour-là. Il a demandé l'autorisation d'apporter à boire aux déportés. Il a alors trouvé l'astuce suivante : il amenait deux seaux d'eau au train et lorsqu'il revenait, il était accompagné d'un détenu. Chacun portait un seau vide. _Quatre ont été sauvés_. Ensuite, il a accueilli ces hommes chez lui et ils sont partis sur le Ventoux juste après."

Au total, une trentaine de détenus sont parvenus à s'enfuir ce 18 août 1944, à Sorgues.