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Société

A Strasbourg, la salle de consommation à moindre risque a attiré 400 personnes en un an

vendredi 1 décembre 2017 à 18:33 Par Corinne Fugler, France Bleu Alsace

Argos, la salle de consommation à moindre risque, a ouvert ses portes à Strasbourg il y a un peu plus d'un an, dans l'enceinte de l'Hôpital civil. En un an, 254 toxicomanes ont fréquenté l'espace de consommation, qui compte une dizaine de boxes.

La salle de shoot compte un box fermé, pour les fumeurs de crack par exemple
La salle de shoot compte un box fermé, pour les fumeurs de crack par exemple © Radio France - Corinne FUGLER

Strasbourg, France

ARGOS, la salle de consommation à moindre risque, a ouvert ses portes à Strasbourg le 7 novembre 2016. Elle est installée tout près du Nouvel Hôpital Civil, le NHC. Les toxicomanes, anonymes, viennent consommer la drogue, qu'ils se sont procurés eux-mêmes, sous la surveillance d'un professionnel de santé, prêt à réagir en cas d'overdose. Les infirmiers et éducateurs d'Argos ont dû faire appel aux services de secours à quatre reprises en un an, les victimes de ces overdoses n'ont pas souffert de séquelles.

La cocaïne représente un tiers des produits consommés à Argos

En un an, Argos a accueilli 254 usagers de drogues, soit 50 à 80 passages par jour. Ces usagers, dont l'âge moyen est de 37 ans, consomment surtout de la cocaïne (37% des produits consommés) et du Skénan, un antidouleur à base de morphine (un quart des produits consommés). L'héroïne vient en troisième position, avec la buprénorphine (le subutex), traitement de substitution aux opiacés. Un usager sur deux bénéficie d'ailleurs d'un traitement de substitution. Un visiteur sur quatre est une femme, un sur deux vit en hébergement précaire. En un an, Ithaque a délivré 88.000 seringues, dans le cadre d'un programme d'échange.

Une expérience qui doit durer au moins trois ans

Il existe deux salles de shoot en France, à Paris, près de la gare du nord, et à Strasbourg. Deux salles sont en projet à Bordeaux et à Marseille. Il s'agit pour le moment seulement d'une expérimentation, qui sera pérennisée si elle s'avère concluante en matière de santé publique. C'est Ithaque, association strasbourgeoise spécialisée dans la prise en charge des addictions, qui gère la structure Argos. Elle est soutenue par l'ARS, l'agence régionale de santé, la ville de Strasbourg et la Caisse primaire d'assurance maladie.

L'équipe d'Argos, qui compte une quinzaine de personnes, travailleurs sociaux, psychologues, infirmiers, a pu orienter 23 usagers vers un centre spécialisé en addictologie, dix vers une cure ou un sevrage. Grâce à son aide, dix autres visiteurs ont opté pour un traitement de substitution. L'association aimerait aménager au-dessus de la salle de consommation une structure "Lits halte soins santé" (LHSS), dotée de quelques lits, pour héberger des toxicomanes désocialisés traités pour une hépatite C ou du diabète.

Argos est joignable au 03 68 00 19 14. On accède à ses locaux par le quai Menahem Taffel, près du NHC, face au parc du Heyritz. La salle de consommation à moindre risque est ouverte tous les jours, de 13h à 19h.