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Société

A Strasbourg, le Centre Bernanos compte sur les dons pour sortir de jeunes migrants de la rue

samedi 9 mars 2019 à 20:16 Par Corinne Fugler, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass

A Strasbourg, le Centre Bernanos accueille actuellement 28 jeunes migrants, des mineurs isolés que le Conseil départemental refuse de prendre en charge. Il lance un appel aux dons, pour nourrir et loger ces jeunes. Sans l'aide de cette paroisse catholique, les adolescents vivraient à la rue.

Un casier, un matelas, une douche, des repas, la paroisse accueille les jeunes migrants de son mieux
Un casier, un matelas, une douche, des repas, la paroisse accueille les jeunes migrants de son mieux © Radio France - Corinne FUGLER

Strasbourg, France

C'est un phénomène qui inquiète particulièrement les associations qui soutiennent les migrants : la situation des mineurs isolés. Ils sont théoriquement pris en charge par les Conseils départementaux et leurs services d'aide à l'enfance. 

Si les travailleurs sociaux estiment qu'ils sont déjà majeurs, les jeunes se trouvent dans une situation de non-droit. Ils ne bénéficient d'aucune aide officielle, à part le soutien juridique, à Strasbourg, de l'association Thémis. Et se retrouvent pour beaucoup à la rue.

Les bénévoles assurent le dîner et le soutien scolaire

Le centre Bernanos, paroisse universitaire catholique, se trouve à l'Esplanade, près du campus. Il accueille actuellement 28 mineurs isolés, des garçons, venus pour la plupart d'Afrique subsaharienne. Ils dorment sur des matelas posés à terre dans la chapelle ou dans des dortoirs improvisés. Certains sont scolarisés. Les autres suivent des cours d'alphabétisation prodigués par des bénévoles. Cet accueil ne repose d'ailleurs que sur des bénévoles et sur des dons.   

Le père Thomas Wender, responsable du Centre Bernanos, a accueilli les premiers jeunes il y a deux ans : "c'était en hiver. Un premier garçon, Joseph, du Cameroun, qui est venu frapper à notre porte parce qu'il était dans la rue. Et c'est avec lui que j'ai découvert cette situation particulière des migrants non accompagnés qui ne sont pas  pris en charge". 

Des adolescents déterminés à fuir leur pays

Le prêtre strasbourgeois s'étonne toujours de la détermination de ces jeunes, qui se sont lancés dans cet exode malgré les dangers qui les attendaient. 

Pour Thomas Wender, c'est le désespoir qui pousse ces adolescents à quitter leur famille

Le Centre héberge par exemple Adama, un jeune Ivoirien âgé de 16 ans. Il a quitté sa famille sur un coup de tête, il y a plus d'un an, à 15 ans. Il est passé par l'Algérie, où il travaillé pendant trois mois sur un chantier de construction, puis par le Maroc et l'Espagne. Le bateau de fortune sur lequel il avait embarqué au Maroc a été secouru par un bateau de l'ONG espagnole "Salvamento Maritimo Humanitario" : "on est monté sur le zodiac, il n'y avait pas de moteur ! On a commencé à pagayer, de la nuit jusqu'au lendemain matin. C'était le temps de l'hiver, l'eau était gâtée ! On avait très peur !"

Puis Adama a suivi un ami de Barcelone à Colmar. C'est ainsi qu'il est arrivé en Alsace, où il espère apprendre le métier d'électricien. A condition de prouver aux travailleurs sociaux du Département du Bas-Rhin qu'il est toujours mineur... 

Le témoignage d'Adama

Pour aider ces jeunes, le centre Bernanos s'appuie aussi sur Caritas ou la Maison des adolescents. Actuellement, pour prendre en charge ces 28 jeunes migrants, le Centre Bernanos a besoin de produits d'hygiène et de denrées non périssables. Et de dons en argent, que l'on peut verser via l'évêché, qui soutient cette démarche. Des dons qui donnent droit à une réduction d'impôt.