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Abbeville : le président de l'association musulmane Ici la Paix prône l'éducation contre l'obscurantisme

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Par , France Bleu Picardie

Après l'attentat qui a coûté la vie à Samuel Paty, la France rend un hommage national à cet enseignant. Un drame qui réveille les fractures et attise les tensions.Pour le Président de l'association musulmane "Ici la Paix" d'Abbeville il faut éduquer pour lutter contre l'obscurantisme.

Abdellali Salhi, le président de l'association cultuelle et culturelle musulmane "Ici la paix" s'est exprimé lundi lors du rassemblement à Abbeville.
Abdellali Salhi, le président de l'association cultuelle et culturelle musulmane "Ici la paix" s'est exprimé lundi lors du rassemblement à Abbeville. © Radio France - Claudia Calmel

Cinq jours après l'attentat qui a coûté la vie à Samuel Paty, la France rend un hommage national à cet enseignant de Conflans-Sainte-Honorine, tué pour avoir montré des caricatures de Mahomet en classe.  Un drame qui réveille les fractures françaises et attise les tensions.

"Attention aux amalgames", prévient ce matin sur France Bleu Picardie le Président de l'association musulmane cultuelle et socio-culturelle "Ici la Paix", installée à Abbeville. Abdellali Salhi a participé lundi à l'hommage à Samuel Pati rendu à Abbeville. 

France Bleu Picardie : comment avez-vous réagi vendredi soir en apprenant qu'un nouvel attentat, soit disant au nom de l'Islam avait eu lieu en France ?

Abdellali Salhi : tout d'abord j'adresse mes plus sincères condoléances à la famille de Samuel Paty , à ses proches, ses amis, ses collègues. Il a été lâchement assassiné parce qu'il faisait son métier d'enseignant. Tout simplement. Comme tous les Français je suis choqué de ce crime, cette barbarie. Je suis horrifié de cette violence abjecte, qui ne trouve pas de qualificatif. Et puis on s'interroge, pourquoi s'attaquer à cet enseignant ? Et pourquoi cette violence, cette barbarie ?

Quels mots avez-vous depuis vendredi, vous qui êtes président d'une association cultuelle et culturelle ?

On est tout d'abord dans une phase de recueillement et de deuil. Ça ne fait pas longtemps que cet attentat a été commis. Bien sûr quand on a appris par le biais des médias que cet attentat avait eu lieu, on s'est posé la question à l'intérieur de l'association de ce qu'on pouvait faire, comment réagir et quand samedi, la mairie d'Abbeville nous a contacté pour se joindre au rassemblement, on a pas hésité une seule seconde pour tous ensemble, appeler à l'unité nationale et condamner avec la plus grande fermeté cette attaque. Il n'y a personne, aucun Français qui ne condamnerait pas ce crime abjecte. 

Abdellali Salhi, Président de l'association musulmane cultuelle et socio-culturelle "Ici la Paix", installée à Abbeville.

Après cette phase de recueillement nécessaire avez-vous déjà réfléchi à la façon de parler de cet attentat au sein de l'association et en dehors ?

Oui, cela fait déjà partie de la réflexion et on a déjà discuté avec la municipalité, le maire d'Abbeville sur le fait d'organiser des dialogues dépassionnés. Que ce soit du dialogue intra-communautaire ou inter-religieux qui inclurait les pouvoirs publics, qui inclurait des gens qui n'ont pas de confession. C'est très important et après le rassemblement, beaucoup de personnes qu'elle soient musulmanes ou non sont venues me voir et avaient besoin de discuter, d'échanger. On ressent le besoin de ce dialogue dépassionné. 

Craignez vous des amalgames qui viseraient les musulmans après ce nouvel attentat ?

J'ai envie de dire que les amalgames ils sont déjà faits. Il suffit juste d'allumer la télé, de voir que ceux qui sont pris pour cible, malheureusement ce sont les musulmans, c'est l'Islam. C'est la façon de parler, quand on entend des journalistes dire "eux et nous". Cette stigmatisation ne date pas d'aujourd'hui et malheureusement, cet énième attentat va encore aggraver ces amalgames, va les entretenir, les nourrir. Et c'est contre productif car on va cibler des gens complètement innocents et en attendant les coupables, les extrémistes courent toujours.

C'est avec l'éducation, avec l'ouverture d'esprit qu'on va combattre l'obscurantisme.

Vous est-il déjà arrivé, comme président d'association cultuelle et culturelle d'observer des changements de comportement, des glissements vers l'islam radical ?

On est à Abbeville, une petite ville. On peut pas se comparer à une association de région parisienne qui a beaucoup plus de membres. Des cas compliqués, on en a eu très peu et ce n'était pas des cas avec autant de gravité. Et il y a différentes façons d'agir, c'est au cas par cas. On parle avec la personne, on essaye de transmettre le vrai message de l'Islam. Ça veut dire paix. On ne comprend pas et c'est paradoxal de voir quelqu'un qui, soit disant est soumis à la paix commet des crimes contre la paix. Donc on essaye de faire passer ce message, on organise des débats que ce soit intra-communautaire ou entre les religions, pour avoir cette ouverture d'esprit. On organise aussi des sorties culturelles. C'est avec l'éducation, avec l'ouverture d'esprit qu'on va combattre l'obscurantisme. 

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