Société

Accidents liés aux médicaments : "un vrai problème de santé publique"

Par Angeline Demuynck, France Bleu Sud Lorraine lundi 20 avril 2015 à 12:30

71% des + de 50 ans prennent en moyenne quatre médicaments par jour
71% des + de 50 ans prennent en moyenne quatre médicaments par jour © Fotolia.com

Le mauvais usage des médicaments entraine chaque année des hospitalisations. Pour limiter les accidents, les Entreprises du médicament lancent une campagne de sensibilisation à destination du public et des professionnels.

"Iatrogénie médicamenteuse", le terme est encore peu connu. Il désigne les accidents liés au mauvais usage des médicaments. Ils sont responsables chaque année de 128.000 hospitalisations en France. Selon le ministère de la Santé, près d'un quart de ces accidents auraient pu être évités.

Le phénomène touche surtout les personnes agées , explique Monique Durand, la présidente de l'Ordre des pharmaciens de Lorraine : "20% des hospitalisations des patients de plus de 80 ans sont dues à la iatrogénie médicamenteuse, c'est énorme ", explique t-elle.

"Aucun médicament n'est anodin", rappelle la présidente de l'Ordre des pharmaciens de Lorraine

En cause selon cette pharmacienne de Champigneulles, des mélanges faits sans dicernements : "parfois il n'y pas de coordination entre différentes prescriptions, d'où le rôle essentiel des professionnels et notamment des pharmacien s", analyse t-elle. Autre problème : le non-respect de la posologie. "Il faut respecter les doses prescrites même pour des molécules banales comme le paracétamol ", explique Monique Durand.

Les entreprises du médicaments vont diffuser un guide du bon usage des médicaments à destination des patients. Un autre outil commence lui à apparaitre, dans les maisons de retraites notamment : le pilulier intelligent . Un appareil qui alerte le pharmacien et les proches en cas d'oubli dans la prise du traitement. Une version de cette machine est développée en ce moment sur le technopôle de Nancy-Brabois.

Le pilulier intelligent : comment ça marche? Lucas Valdenaire

Autre piste étudiée pour réduire notre consommation de comprimés, gélules et autres pilules : le remplacement de certains médicaments par des heures de sport . Un amendement en ce sens vient d'être adopté par les députés. La mesure va donc se généraliser. Elle est expérimentée à Strasbourg depuis 2012.

Les précisions d'Alexandre Feltz, médecin généraliste et maire-adjoint en charge du dossier :

A Strasbourg, les médecins peuvent prescrire des activités sportives à la place des médicaments

 

 

Monique Durand, la présidente de l'Ordre des pharmaciens de Lorraine