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Société

Accueil des migrants à Saint-Etienne : "C'est triste de voir des églises fermer leurs portes", père Riffard

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Certaines églises de Saint-Etienne ont fermé leurs portes pendant toute la semaine du 15 avril pour empêcher les migrants délogés des locaux de l'université de s'y installer. Pour le père Riffard qui accueille des migrants tous les jours à l'église Saint-Claire, c'est "triste" d'en arriver là.

Le père Riffard et son association Anticyclone accueillent des migrants dans son église depuis 15 ans.
Le père Riffard et son association Anticyclone accueillent des migrants dans son église depuis 15 ans. © Radio France - Caroline Pomès

Montreynaud, Saint-Étienne, France

La police a prévenu le diocèse après l'évacuation des migrants des locaux de l'université Tréfilerie de Saint-Etienne, dimanche 14 avril. Il y a un risque que la cinquantaine de sans-abris investissent des lieux de culte. Le curé des paroisses du centre-ville, père Jacques Brun a donc fait passer un mot en conseillant aux différentes églises stéphanoises de surveiller leurs locaux ou de les fermer. Pendant toute la semaine du 15 avril, les églises ont fermé leurs portes sauf la cathédrale Saint-Charles, place Jean Jaurès et l'église Saint-Louis. Pour le père Riffard, qui accueille depuis 15 ans des migrants dans son église de Montreynaud, c'est "triste de voir des églises fermer leurs portes aux migrants. On essaye de se protéger de la misère des autres, par peur." 

Avec son association Anticyclone, le père Riffard a logé pendant dix ans une soixantaine de migrants. "Nous sommes même arrivés à 90 une nuit." Après une injonction du procureur de la République en 2016, le père a arrêté son activité mais continue à recevoir des migrants la journée de 8 à 20 heures. Tous les jours, ils sont entre 50 et 60 à venir se reposer, manger un bout, stocker leurs affaires et les laver.  

Le linge des migrants sèche sur les grilles de l'église Sainte-Claire, à Saint-Etienne. - Radio France
Le linge des migrants sèche sur les grilles de l'église Sainte-Claire, à Saint-Etienne. © Radio France - Caroline Pomès

"Ce n'est pas facile tous les jours", reconnait le prêtre qui admet qu'une église n'est pas le lieu idéal pour recevoir des sans-abris. Il manque des douches par exemple. C'est effectivement la réponse du diocèse qui affirme qu'une église n'est pas "un lieu adapté" et que d'autres solutions existent. De nombreuses familles chrétiennes de la Loire accueillent des migrants notamment grâce à l'association JRS-Welcome, le service jésuite des réfugiés. 

"L'Eglise est faite pour protéger les autres de la misère mais qu'est-ce qu'on fait pour dénoncer les conditions de ceux qui arrivent qui se débrouillent seuls, sans rien ?" - le père Riffard

De la nourriture et des vêtements sont mis à disposition des migrants. - Radio France
De la nourriture et des vêtements sont mis à disposition des migrants. © Radio France - Caroline Pomès

Une majorité de migrants sans droit au logement

La majorité des migrants qui arrivent tous les jours à Saint-Etienne sont en procédure Dublin. Ils sont entrés dans l'espace Schengen par un autre pays que la France. Les autorités tentent de les renvoyer. Ces dossiers sont traités à la région donc à Lyon. Il est plus simple de les faire patienter dans les départements limitrophes, selon les associations, comme l'Ain ou la Loire, sauf que rien n'est mis en place pour les accueillir. 

Après avoir été logés dans les locaux de la Bourse du travail puis l'université Tréfilerie, une cinquantaine d'enfants, de familles et de migrants isolés sont à la piscine de la Talaudière. La mairie leur a ouvert les vestiaires. Mais dimanche 28 avril, ils devront quitter les lieux. Aucune alternative n'a été trouvée pour le moment.

Les migrants peuvent laisser leurs affaires en toute tranquillité à l'église Sainte-Claire. - Radio France
Les migrants peuvent laisser leurs affaires en toute tranquillité à l'église Sainte-Claire. © Radio France - Caroline Pomès

Il y a de plus en plus de mineurs, entre 15 et 17 ans. Ils dépendent de la convention internationale des droits de l'enfant. "Leurs droits dont leur droit au logement ne sont pas respectés", insiste le co-président de la Cimade Loire, Rémy Weill. Une trentaine est d'ailleurs hébergés chez un Stéphanois  qui malheureusement ne peut plus répondre à tous ceux qui se présentent chez lui tous les jours.