Société

Accueil des migrants: la réponse des maires de la Marne et des Ardennes

Par Aurélie Jacquand et Renaud Biondi-Maugey, France Bleu Champagne-Ardenne mardi 8 septembre 2015 à 16:04

Migrants en macédoine (illustration)
Migrants en macédoine (illustration) © Max PPP - Nake Batev

Face à l'afflux de migrants, et l'annonce de François Hollande d'en accueillir 24 000 supplémentaires d'ici deux ans en France, la plupart des maires de la Marne et des Ardennes se disent prêts à jouer la carte de la solidarité, mais parfois avec certaines réserves vis à vis du gouvernement.

Alors que la France va accueillir 24.000 réfugiés supplémentaires d'ici à deux ans, comme annoncé par François Hollande, les réactions des maires champardennais divergent sur la question. 

Une grande majorité d'élus favorables à l'accueil de réfugiés

Pour la plupart il est hors de question de fermer la porte à ces milliers de migrants. Ils seront les bienvenus à Reims, dit le maire Les Républicains Arnaud Robinet : "Nous y travaillons depuis déjà une semaine avec les bailleurs sociaux et les associations". 

Même réaction du maire socialiste de Vitry-le-François, Jean-Pierre Bouquet, qui rappelle, comme le maire de Reims, que sa ville a été aidée lors de la première guerre mondiale et qu'il faut maintenant rendre la pareille

Dans les Ardennes, à Nouzonville, le maire socialiste Florian Lecoultre estime que c'est une obligation morale de tendre la main :  "J’entends certains habitants dire qu’il faut commencer par s’occuper de nos SDF, mais là  on n’est pas sur une question sociale, mais une question de vie ou de mort".

Même position du maire de droite d'Auvillers les Forges, Miguel Leroy, qui va réunir ce mercredi les 37 maires de la communauté de communes d'Ardennes Thiérarche pour tenter de coordonner les actions avec ceux qui sont volontaires. 

A Charleville-Mézières, même devoir de solidarité pour le maire Les Républicains Boris Ravignon, même s'il critique la gestion de la crise par le gouvernement : "Nous connaissons la situation depuis des années, donc je m’étonne de l’état d’impréparation dans lequel nous sommes et je trouve que l’Etat ne joue pas son rôle comme il devrait le faire"_.**

Des élus plus frileux

Il y a aussi dans la région des élus qui refusent d'accueillir des migrants sans aide de l'Etat. C'est ce que dit à Sedan le maire socialiste Didier Herbillon. A Epernay, le centriste Franck Leroy ne voit pas comment il pourrait recevoir des migrants supplémentaires, alors que les centres d'accueils de sa commune sont déjà pleins : "Nous avons 130 places et la plupart sont occupées par des personnes qui se sont fait refoulées au titre du droit d’asile, mais qui n’ont pas pour autant été renvoyées dans leurs pays, dans lequel ils ne sont pas en danger".

Au delà des élus, l'Eglise se mobilise également. Le pape François a appelé ce week-end toutes les paroisses à accueillir chacune une famille de réfugiés. "Ce ne sera pas si simple" , avoue Bruno Feillet, Evêque auxiliaire de Reims, "même si nous n'avons pas attendu l'appel du pape pour accueillir des réfugiés puisqu'une quinzaine de personnes sont déjà logées à Reims. Tout va dépendre de la bonne volonté des gens".