Société

Accueil des migrants : les communes icaunaises dans le flou

Par Élisa Brinai, France Bleu Auxerre jeudi 15 septembre 2016 à 20:30

En janvier 2016, la commune de Saint-Bris accueillait les premiers migrants venus de la jungle de Calais
En janvier 2016, la commune de Saint-Bris accueillait les premiers migrants venus de la jungle de Calais © Radio France - Radio France

Les maires icaunais attendent de savoir s'ils devront accueillir des migrants venus de la jungle de Calais sur leur commune. En tout 750 migrants arriveront en Bourgogne-Franche-Comté d'ici la fin de l'année, selon le plan établi par le ministère de l'intérieur.

Selon les instructions du ministre de l'intérieur,  Bernard Cazeneuve, la région Bourgogne Franche Comté devra accueillir 750 migrants venus de la jungle de Calais, d'ici la fin de l'année.  C'est la région qui en accueillera le moins en France, en raison de sa démographie, mais il faudra tout de même trouver 500 nouvelles places d'hébergement pour atteindre cet objectif. Dans l'Yonne, la préfecture avait déjà repéré plusieurs sites possibles l'automne dernier, dont un village vacances VVF à Châtel Censoir et deux centres de loisirs à Saint-Bris-le-Vineux et à Charbuy. Seront-ils sollicités cette année? Les maires de ces communes s'interrogent.

Les instructions du préfet attendues à Châtel-Censoir

Le maire de Châtel-Censoir, Bertrand Jurien de la Gravière, se demande tous les jours si la préfecture va l'appeler pour lui annoncer l'arrivée prochaine de migrants sur sa commune.  L'année dernière, il avait été prévenu très à l'avance que  le village vacances VVF avait été sollicité. Son directeur avait donné son accord pour héberger des migrants.

Des réunions d'information avaient donc été organisées avec le préfet et les membres de l'association Coallia, qui gère l'arrivée des migrants dans le département. Grâce à ce travail de préparation, le conseil municipal s'était ensuite prononcé en faveur du projet. "J'avais convoqué un conseil extraordinaire et huit conseillers sur quatorze avaient voté pour. C'était très juste mais suffisant pour donner un bon signal aux migrants. J'aimerais refaire la même chose cette année", explique le maire.

Malgré le bon signal, aucun migrant n'était venu l'année dernière. Si le projet devait être relancé cette année,  Bertrand Jurien de la Gravière, espère être prévenu suffisamment tôt  pour prévenir les élus locaux et les habitants et renouveler son processus de concertation.

La maire de Saint-Bris-le-Vineux sceptique

La commune de Saint Bris-le-Vineux est la seule à avoir déjà accueilli des migrants venus de Calais.  70 migrants ont été hébergés dans un centre de loisirs, entre janvier et février. Tous sont repartis très vite. C'est pour cette raison que la maire de Saint-Bris, Rachelle Leblond,  se montre sceptique cette année

Je n'ai pas été contactée par la préfecture, mais je ne pense pas que l'expérience soit une nouvelle fois tentée. Le village n'a pas grand chose à offrir aux migrants qui ne souhaitent pas rester ici.

A Saint-Bris-le-Vineux, les migrants avaient été hébergés dans un centre de loisirs pour enfants, inutilisé en période hivernale. - Radio France
A Saint-Bris-le-Vineux, les migrants avaient été hébergés dans un centre de loisirs pour enfants, inutilisé en période hivernale. © Radio France - Radio France

Charbuy ne veut pas de migrants

A Charbuy, où un centre de loisirs avait aussi été envisagé comme site d'hébergement, le maire, Gérard Delille, est toujours opposé à l'arrivée de migrants.  Il sait pourtant qu'il n'aura pas le dernier mot puisque c'est la préfecture qui décide.

La préfecture a annoncé que les communes seraient rapidement fixée, car la répartition des migrants doit être programmée d'ici la fin du mois d'octobre. En tout cas, *aucun migrant qui arrivera prochainement ne sera  hébergé à l'hôtel.
*

Quant à la quarantaine de migrants, pour la plupart Erythréens, Soudanais et Somaliens, encore hébergés dans les hôtels formule 1 de Sens et d'Appoigny, ils devront quitter le territoire français  où être placé dans les Centre d'Accueil pour Demandeurs d'Asile (CADA) dans les deux à trois semaines à venir, selon  la préfecture.