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Société

Accusations de harcèlement à la mairie de Sens : Marie-Louise Fort répond à Mediapart

mercredi 6 mars 2019 à 12:24 Par Kevin Dufreche, France Bleu Auxerre

Dans un article publié mardi, le site Mediapart parle de "la machine à broyer les agents de la maire" de Sens, Marie-Louise Fort. Harcèlement moral, et mise au placard, plusieurs agents de la ville témoignent anonymement dans cet article. La maire se défend.

À Sens, plusieurs agents de la ville se disent victimes d'harcélement moral, et de mise au placard. La maire Marie-Louise Fort, conteste fermement.
À Sens, plusieurs agents de la ville se disent victimes d'harcélement moral, et de mise au placard. La maire Marie-Louise Fort, conteste fermement. © Radio France - Renaud Candelier

Sens, France

"À Sens, sous la houlette de la maire (...) Marie-Louise Fort, des agents de la ville sont broyés et humiliés depuis des années", voilà comment démarre un article de Mediapart (article payant)daté du 5 mars. Cinq agents de la ville ont accepté de témoigner anonymement. Ils décrivent du harcèlement moral, parfois des mises au placard. La raison ? Marie-Louise Fort écarterait, selon eux, les agents qui ne lui plaisent pas.

Comme celui qui se fait appeler Olivier dans l'article, à qui on aurait demandé de quitter son poste de directeur des grands projets et de l'aménagement du territoire dans l'agglomération. "_Il comprend qu'_il a déplu à la maire Marie-Louise Fort en impliquant un peu trop les maires de l'agglomération dans ses projets", explique l'article de Mediapart.

Ou encore cet ancien journaliste, chargé de la communication à la mairie, et subitement affecté à "creuser des fontaines", selon lui parce qu'il n'aurait pas accepté de figurer sur la liste de Marie-Louise Fort lors des élections municipales de 2014.

"Je n'ai rien à me reprocher"

Marie-Louise Fort contre-attaque. À Mediapart, elle répond : "je suis élue d'une ville de 26.000 habitants, avec 850 agents. Je ne considère pas qu'il y ait grand monde de très malheureux. Après, il y a toujours des cas particuliers..." Sur France Bleu Auxerre, elle affirme : "moi, je n'ai rien à me reprocher".

Selon l'élue, on détourne le problème. Certains de ses détracteurs, qui témoignent dans l'article de Mediapart, seraient eux-mêmes accusés de harcèlement, et que c'est pour ces raisons qu'ils seraient écartés de leurs fonctions : "il y a une situation très grave dans un de nos services, qui perdure depuis deux ans. Il arrive un moment où vous ne pouvez plus arranger les choses, et où vous êtes obligés de trancher", explique-t-elle.

Au micro de France Bleu Auxerre, Lucie Delaporte, l'auteure de l'article n'est pas étonnée de cette défense : "par exemple premier agent que je cite, Olivier, on a essayé de le faire partir pendant des mois avec différentes pressions. Et finalement, on a fini par faire témoigner ses collaboratrices contre lui. C'est pour ça que je parle d'un système", explique la journaliste.

"Harcèlement institutionnel"

Au-delà des témoignages, Mediapart s'appuye sur un rapport sur les risques psychosociaux à la ville de Sens, opéré par un cabinet indépendant fin 2018 : "_nous soulevons l'hypothèse d'un harcèlement institutionnel", détaille ce rapport. À cela, Marie-Louise Fort préfère un diagnostic sur ces mêmes risques psychosociaux, réalisés avec le CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de la ville  : "à Sens 67% des agents estiment que la hiérarchie reconnait leur travail, alors qu'au national 67% des agents estiment que leur travail n'est pas reconnu, détaille Marie-Louise Fort, citant ce diagnostic. Je préfère cela, à toutes les insinuations de Mediapart_".

Par ailleurs, le parquet de Sens confirme qu'une plainte pour "harcèlement moral" a été déposée par un agent de la ville le 22 février dernier. "Ce qui m'a frappé, c'est que les agents étaient un peu dans la solitude, ne connaissaient pas forcément l'ampleur de ce système, estime Lucie Delaporte. Je pense que ça va peut-être favoriser un peu la parole, et que certains iront porter plainte."