Société

Affaire Balotelli : le Sporting Club de Bastia en appelle à la responsabilité du supporter

Par Hélène Battini, France Bleu Azur, France Bleu RCFM et France Bleu mardi 24 janvier 2017 à 9:07

Mario Balotelli
Mario Balotelli © Maxppp - maxppp

Suite à l’incident dénoncé par l’attaquant niçois samedi dernier à Bastia, la condamnation de la LFP et différents communiqués, le sporting réagit enfin. Le club appelle le responsable des "cris de singe" à se dénoncer.

"On interdira de stade la personne qui a eu ce comportement"

Le message est très clair comme après l’incident face au Paris Saint Germain, le Sporting Club de Bastia appelle la personne qui a poussé des cris de singe à l'encontre du joueur niçois Mario Balotelli à assumer et à se manifester. A l’heure actuelle, les éléments dont dispose le club, dit-il, ne lui permettent d'identifier qu'une seule personne à partir des images fournies par BeIN Sports et Canal +. C'est pourquoi les dirigeants et leur avocat ont demandé l'ensemble des rushes du match à BeIN Sports et à Canal + pour rechercher la vérité. Mais selon Anthony Agostini le directeur des services généraux du SCB, "la tâche n'est pas simple et le club ne peut pas porter à lui seul la responsabilité d'actes qui peuvent se produire sur tous les terrains". Il s'exprimait ce lundi soir sur RCFM dans l'émission "Stonda Turchina".

"Interdire à un supporter d’allumer un fumigène cela peut être possible en augmentant les fouilles, comme empêcher des gens de sortir des banderoles, l’empêcher de rentrer sur un terrain c’est possible… Mais empêcher un supporter, de dire ou ne pas dire quelque chose relève de l’impossible ! Aujourd’hui cette obligation de résultat qui pèse sur un club est plus énorme que jamais et difficile à vivre… Le seul moyen de faire en sorte que les choses reviennent à la normale, c’est que les personnes, qui savaient très bien qu’un cri de singe aujourd’hui vu les sanctions et le buzz fait sur ces dossiers là…on ne peut pas les faire dans un stade, assument ce comportement. Nous ce qu’on veut c’est que cela se passe de la même manière que contre Paris, sans minimiser mais sans non plus prendre un fardeau sur quelque chose qui peut se produire sur tous les terrains de Ligue 1 et d’Europe".

"Un racisme primaire qu'on retrouve aussi bien en Espagne, en Italie ou en France"Didier Rey

Didier Rey, sociologue et spécialiste du sport, a déjà étudié la question du racisme dans les stades en Europe, il était ce lundi matin l’invité de la rédaction de RCFM.

« C’est un phénomène de racisme primaire qu’on rencontre aussi bien en Espagne, en Italie ou en France. Il y a la volonté classique de déstabiliser l’adversaire mais là le stigmatiser par rapport à ce qu’il est c’est l’expression d’un racisme banal malheureusement…Le racisme semble avoir de beaux jours devant lui. La montée des intolérances, du populisme, du rejet de l’autre s’exprime banalement, la situation internationale ne fait pas le racisme dans le stade mais elle peut y contribuer. On a en Europe des situations compliquées. Le racisme s’est banalisé, il est devenu pratiquement un objet politique acceptable…lutter c’est compliquer mais il faut le faire dans tous les cas, cela commence par les supporters, exclure les fauteurs de trouble ».

« Les stades italiens sont gangrénés par le racisme quelques soient les divisions, et par le rejet, dernièrement dans le sud de l’Italie, des équipes ont été agressées parce qu’elles étaient féminines ».

« On sait très bien que les violences que l’on peut exclure du stade se renouvèlent à l’extérieur du stade. On le voit en Angleterre, les groupes exclus des tribunes se retrouvent dans la rue, on a fait que déplacer le problème ».