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Affaire du Centre du don des corps : la colère d'une Havraise dont la mère a donné son corps à la science

Liliane est morte en décembre 2017 et a donné son corps à la science. Sa dépouille a été conservée au centre du don des corps, centre spécialisé de l'Université Paris-Descartes. L'Express a révélé que les conditions de conservation des corps auraient été "indécentes", jusqu'en 2018.

Une manifestation est prévue ce jeudi devant le centre du don des corps, à Paris. Les familles sont en colère après les révélations de l'Express sur les "conditions indignes" de conservation et des stockage.
Une manifestation est prévue ce jeudi devant le centre du don des corps, à Paris. Les familles sont en colère après les révélations de l'Express sur les "conditions indignes" de conservation et des stockage. © Maxppp - Julien Duffe/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

C'est une colère qui couve depuis le 27 novembre 2019, lorsque l'Express révèle les "conditions indécentes" de conservation de dépouilles de "milliers de personnes ayant fait don de leur corps à la science" dans un centre spécialisé de l'Université Paris-Descartes. Ce jeudi, Christine Letellier, la fille de Liliane, une Havraise qui a légué son corps à la science en 2017, va manifester à Paris comme de nombreuses autres familles devant le centre du don des corps, épinglé par l'hebdomadaire. Le site a été fermé sur décision administrative à la demande du ministère de la Santé. 

Lorsque Liliane fait part à sa famille de donner son corps à la science, aucune opposition. "C'était son choix, explique sa fille, Christine Letellier. Mais si maman, comme les autres personnes j'imagine, avait su ce qu'il allait advenir de leurs corps, jamais elle n'aurait signé ! Jamais au grand jamais !

C'est un proche qui prévient Christine de la publication de l'Express, qu'elle s'empresse d'aller acheter. "Maman a fait cela dans un but humanitaire, pour aider la médecine, pour faire avancer les recherches médicales, pour que l'on en bénéficie peut-être tous un jour. Se retrouver comme un détritus sur une décharge, c'est absolument inadmissible !

On ne peut pas le croire, on ne ferait pas çà à des animaux !

Pour Christine, les révélations de l’hebdomadaire sonnent comme un second deuil, à recommencer. "Vous vous rendez compte comment elle a fini ? Empilée sur des corps, laissée en état de décomposition au milieu des rats, des souris, les mouches qui viennent pondre dessus. C'est épouvantable. On ne peut pas le croire, on ne ferait pas ça à des animaux !

Aujourd'hui, elle ne sait pas ce à quoi servi le corps de sa mère, s'il a pu être utiliser par la science, ni la date de l'incinération : seule donnée communiquée par l'Université Paris Descartes, dit-elle, le jour de dispersion des cendres.

De nombreuses plaintes des familles

La famille a porté plainte contre X pour atteinte à l'intégrité d'un cadavre, comme au moins 23 autres familles (le collectif évoque désormais 37 plaintes). Une enquête est ouverte par le parquet de Paris. Christine ne compte rien lâcher. C'est d'ailleurs ce qui la pousse à manifester sous les fenêtres du centre du don des corps, ce jeudi à 11h30. "Il faut que les responsables soient punis, que justice soit rendue à nos proches ! Nos esprits ne seront pas libérés tant que cela n'aura pas abouti de ce côté là." 

Elle demande donc la saisie d'un juge d'instruction. Christine souhaite aussi que le don des corps soit plus encadré dans le futur, "pour éviter qu'une telle horreur se reproduise".

Les familles vont manifester ce jeudi devant le centre du don des corps. - Radio France
Les familles vont manifester ce jeudi devant le centre du don des corps. © Radio France - D.R.

Selon l'AFP, l'Université a présenté "ses excuses aux familles sur cette situation" et annoncé la mise en place d'un numéro, le 01 42 86 20 48, pour répondre à toutes les questions des familles de donneurs. Une mission d'inspection a été diligentée afin "d'établir la réalité des faits" et "la marche à suivre" avant une réouverture du site "dans les meilleures conditions", selon un communiqué. 

Des travaux ont été entrepris : ils ont déjà permis de rénover le centre afin de conserver les corps dans des conditions de dignité et d'intégrité de la personnes impérativement dues aux donneurs et à leur famille, assure l'Université.  Le plan de travaux déjà lancé, note-elle, pendra fin à l'horizon 2023 pour un montant total d'environ 7,5 millions d'euros.

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