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Société DOSSIER : Lactalis : du lait infantile contaminé par la salmonelle

Affaire Lactalis : "Il y a un moment où il faudra toucher au portefeuille" selon Christian Hutin

mercredi 18 juillet 2018 à 11:14 Par Charlotte Coutard, France Bleu Mayenne et France Bleu

Le président de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Lactalis, Christian Hutin, était l'invité de France Bleu Mayenne ce mercredi matin. Les députés rendent leurs conclusions après quatre mois d'auditions.

Christian Hutin, le président de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Lactalis.
Christian Hutin, le président de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Lactalis. © Maxppp - Marc Demeure

Craon, France

L'affaire Lactalis doit servir de leçon, l'affaire des laits en poudre pour bébés, contaminés par des salmonelles et produits à Craon. Les députés ont auditionné les acteurs de ce scandale sanitaire pendant quatre mois. Cette commission d'enquête parlementaire rend ses conclusions ce mercredi, des recommandations pour éviter une nouvelle crise. Christian Hutin, le président de la commission était l'invité de France Bleu Mayenne ce mercredi matin

La priorité pour vous, c’est de durcir les contrôles ? 

Oui absolument, j’appelle ça contrôler les contrôlés, et contrôler les contrôleurs. C’est-à-dire être plus sérieux, car les industries s’autocontrôlent. Je pense qu’il faut un minimum de respect derrière, et des contrôles sur les autocontrôles. Et puis contrôler les contrôleurs, c’est contrôler les laboratoires

On ne peut pas faire confiance aux laboratoires ? 

Si on peut leur faire confiance, mais il ne faut pas qu’il y ait un laboratoire avec un chiffre d’affaire qui soit lié à 90% à une seule usine. Il ne faut pas non plus qu’il y ait un chiffre d’affaire qui soit lié à une seule entreprise. Donc il y a des choses sur lesquelles il faut vraiment être beaucoup plus attentif. Il faut aussi que l’Etat puisse faire des contrôles aléatoires, que le Préfet, et c’est l’une des propositions de notre rapport, que le Préfet puisse avoir un œil particulièrement vigilant lorsqu’il y a eu des salmonelles déjà, comme ça a été le cas à Craon en 2005. Ce sont des sites qu’il faut surveiller de manière un peu plus sérieuse, par rapport à des sites qui ne pose pas de problème. 

L’association des familles de victimes exige la transparence pour ces contrôles, réalisés par l’État et par l'entreprise. Vous y êtes aussi favorable ? 

Absolument. Je pense que les autocontrôles positifs doivent être signalés aux autorités. Un autocontrôle positif non signalé est caché. 

La commission d’enquête parlementaire souhaite aussi la création d’une police sanitaire et alimentaire. Aujourd’hui il y a trop de maillons dans la chaine de décision en cas d’alerte ? 

Oui ça ressemble à une armée mexicaine, c’est très particulier. Il y a trois ministères concernés : Bercy, l’Agriculture et la Santé. On a beau se réunir une fois tous les mercredis soirs sous l’autorité du directeur général de la santé, c’est la guerre des polices. La police sanitaire, c’est aussi important que la police sur le 14 Juillet, ou la police pour surveiller le bus des Bleus, que la police en général, dans la vie quotidienne. La police alimentaire et sanitaire c’est essentiel. Et elle doit avoir une seule tête, une seule direction, et une seule efficacité. Ça fait partie aussi des propositions de notre rapport. 

La commission a auditionné le 7 juin dernier le PDG de Lactalis. Vous avez été convaincu par ses explications ? Par ses excuses ? 

C’est peut-être l’audition, je ne vais pas dire la moins sincère, mais la moins efficace que nous ayons eu. Monsieur Besnier devait venir, il n’a pas été le plus performant, c’est évident. 

Il faudra des sanctions dans cette affaire selon vous ? 

Moi je ne suis pas là pour punir ni pour juger, ce qui est certain c’est que la commission préconise un certain nombres de sanctions pénales qui n’existent pas pour les gens qui ne respectent pas les autocontrôles d’une manière sérieuse, ce qui correspond à ce que peuvent espérer les consommateurs. Il y a un moment où il faudra toucher au portefeuille. Parce que l’impunité, quand une maman donne le biberon à son bébé, et qu’elle entend sur France Bleu Mayenne qu’il y a un problème, elle est extrêmement inquiète par rapport à ce qu’elle a donné à son bébé, et ça c’est inadmissible et ça ne doit plus arriver.