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Société DOSSIER : Lactalis : du lait infantile contaminé par la salmonelle

Affaire Lactalis : le groupe mayennais n'a évoqué au départ "qu'un risque de gastro-entérite" selon Intermarché

mercredi 30 mai 2018 à 21:50 - Mis à jour le jeudi 31 mai 2018 à 7:00 Par Charlotte Coutard, France Bleu Mayenne et France Bleu

Les députés de la commission d'enquête ont entendu ce mercredi des responsables d'Intermarché dans l'affaire Lactalis. Selon l'un des responsables de l'enseigne, le groupe Lactalis n'a évoqué, au début de la crise du lait contaminé aux salmonelles, "qu'un risque de gastro-entérite".

Les différents acteurs de l'affaire Lactalis sont auditionnés par les députés.
Les différents acteurs de l'affaire Lactalis sont auditionnés par les députés. © Maxppp - Joel Le Gall

Craon, France

Plusieurs responsables d'Intermarché ont été auditionnés ce mercredi après-midi devant la commission d'enquête parlementaire, chargée de tirer les enseignements de l'affaire Lactalis, l'affaire des laits en poudre pour bébés, contaminés par des salmonelles, et produits à Craon.

Selon Olivier Touzé, directeur de la qualité et du développement durable du groupement des Mousquetaires dont fait partie Intermarché, le groupe laitier mayennais n'a évoqué, lors du premier rappel de ses boîtes, qu'un risque de gastro-entérite.

"Une crise d'une ampleur inédite et exceptionnelle"

Cette "crise a une ampleur inédite et exceptionnelle", a t-il affirme devant les députés. Le retrait des boîtes de lait infantile a été "inédit à plusieurs égards" selon lui. Lactalis a effectué à partir du 8 décembre, et jusqu'à la mi-janvier, une série de rappels de lots de boîtes de laits infantiles sortis de son usine de Craon. 

"Le premier message de rappel a été envoyé le samedi 2 décembre à 17h00" et c'est "notre service d'astreinte qui l'a reçu au téléphone", a raconté Olivier Touzé, le deuxième message de rappel intervenant un dimanche matin, "ce qui a compliqué la mise en oeuvre". 

Le responsable, en poste depuis 25 ans dans la démarche qualité, a affirmé "de mémoire (n'avoir) jamais connu de retrait aussi chaotique". 

Un risque minimisé ?

Par ailleurs, les messages de retrait étaient incomplets. "Sur le premier, il manquait des informations essentielles", a-t-il raconté aux députés. "On avait une identification de risque de gastro-entérite alors qu'on était sur un sujet de salmonelles", a affirmé OlivierTouzé. 

Or, dans ce cas, a-t-il précisé, "on a des messages sanitaires obligatoires à destination des consommateurs". "On a minimisé le risque puisqu'on nous a parlé de produits conformes sur l'affichette en parlant de principe de précaution". 

"Si, dès le départ, on avait eu un retrait de tous les lots, on aurait certainement géré de manière plus sereine" cette crise, a conclu Olivier Touzé.

Les députés auront sans doute beaucoup de questions à poser au PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier. Il est convoqué devant la commission le 7 juin.

Avec AFP.