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Société DOSSIER : L'affaire Vincent Lambert

Affaire Vincent Lambert : le chef du service des soins palliatifs du CHU de Limoges prend la parole

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Par , France Bleu Limousin

Après le décès de Vincent Lambert, Dominique Grouille, chef du service des soins palliatifs du CHU de Limoges, pointe l'importance du lien de confiance entre la famille des patients et le corps médical, et défend les soins palliatifs face à la tentation de la légalisation de l'euthanasie en France.

Le chef du service des soins palliatifs du CHU de Limoges réagit après le décès de Vincent Lambert, ce jeudi matin à l'hôpital de Reims.
Le chef du service des soins palliatifs du CHU de Limoges réagit après le décès de Vincent Lambert, ce jeudi matin à l'hôpital de Reims. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Limoges, France

Vincent Lambert est décédé ce jeudi à l'hôpital de Reims à 42 ans, après plusieurs années de rebondissements juridiques et médicaux. Les soins de ce patient en état végétatif depuis onze ans, suite à un accident de la route, avaient été interrompus neuf jours auparavant. Le sort de Vincent Lambert a fait l'objet de multiples actions en justice durant des années, entre ses parents qui souhaitaient le maintenir en vie coûte que coûte et le reste de sa famille. "L'affaire Vincent Lambert" a aussi ré-ouvert le débat de la fin de vie, des choix pour celle-ci, de l'euthanasie aussi, alors qu'en 2005 a été adoptée la Loi Léonetti relative aux droits des malades et à la fin de vie. 

L'indispensable relation de confiance 

Dans le service des soins palliatifs du CHU de Limoges, le chef de service, le docteur Dominique Grouille souligne que l'affaire Vincent Lambert "nous a tous perturbés plus ou moins". Selon lui, elle aura eu le mérite d'affirmer encore plus fort la nécessité du lien de confiance entre les familles des patients et le corps médical. C'est en effet de là que tout est parti, explique celui qui a lu l'ouvrage du docteur Eric Kariger, le premier médecin ayant pris en charge Vincent Lambert à son arrivée au CHU de Reims. " On voit que la prise en charge médicale a été émaillée de dysfonctionnements, qui ne sont pas le fait des personnels mais de problèmes dans la qualité des soins, des problèmes de communication, d'interface, qui ont contribué à abolir toute relation de confiance entre les médecins et la famille Lambert, notamment les parents." 

Pour lui, l'affaire Vincent Lambert vient donc mettre le doigt sur cette nécessité d'établir un lien de confiance ; "ça nous conforte dans l'idée que c'est indispensable d'avoir une relation de confiance pour aboutir à des décisions partagées, ou acceptées par l'ensemble des facteurs et notamment des familles "

Le Docteur Grouille est opposé à l'euthanasie et défend la relation de confiance entre les patients, leurs familles et le corps médical pour aboutir à des décisions acceptées par tous. - Radio France
Le Docteur Grouille est opposé à l'euthanasie et défend la relation de confiance entre les patients, leurs familles et le corps médical pour aboutir à des décisions acceptées par tous. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Mise en garde contre les risques de légalisation de l'euthanasie 

Mais l'affaire Vincent Lambert a également relancé le débat sur la fin de vie et sur la question de l'euthanasie. Rapidement, Marlène Schiappa, la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations a précisé sur France Info, qu'"une évolution de la loi n'est pas d'actualité". De son côté le docteur Grouille ne pense pas que l'affaire Vincent Lambert  ait des conséquences juridiques, contrairement à l'affaire Vincent Humbert, qui avait mené à la loi Leonetti. 

Cependant, il met en garde contre une nouvelle loi qui, si elle devait être prise suite au décès de Vincent Lambert, pourrait basculer en faveur de l'euthanasie. "On pourrait dire que les cas particuliers doivent être traités en particulier" explique le Docteur Grouille, mentionnant toutefois l'équilibre de la Loi Léonetti votée suite à l'affaire Humbert mais pour lui, le cas particulier de Vincent Lambert ne doit pas déclencher une nouvelle loi. " Je ne vois pas quel bénéfice on peut en retirer pour une législation future, qui pourrait être une législation qui autoriserait l'euthanasie à laquelle nous sommes fermement opposés" ajoute-t-il.