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Société DOSSIER : L'affaire Vincent Lambert

Mort de Vincent Lambert : comprendre cette affaire au cœur du débat sur la fin de vie

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu, France Bleu Champagne-Ardenne

Alors qu'on a appris la mort de Vincent Lambert ce jeudi, retour sur cette affaire qui durait depuis plus de dix ans et qui s'est retrouvée au cœur des débats sur la fin de vie en France.

L'affaire Vincent Lambert est devenue un symbole du débat sur la fin de vie depuis plus de dix ans. Sa famille s'est déchirée sur la décision à prendre, sa mère à gauche et son neveu à droite.
L'affaire Vincent Lambert est devenue un symbole du débat sur la fin de vie depuis plus de dix ans. Sa famille s'est déchirée sur la décision à prendre, sa mère à gauche et son neveu à droite. © Radio France - Eric Damaggio

Reims, France

La mort de Vincent Lambert a été annoncée par plusieurs membres de sa famille ce jeudi 11 juillet 2019. Ses traitements avaient été interrompus la semaine dernière. Depuis un accident de la route en 2008, Vincent Lambert était plongé dans un état végétatif et hospitalisé à Reims.  L'affaire Vincent Lambert est devenue un symbole du débat sur la fin de vie depuis plus de dix ans et les recours successifs en justice en ont fait un véritable feuilleton que nous résumons ici en trois périodes-clés. 

2008-2013 : quand Vincent Lambert était encore un inconnu

Après ce terrible accident en septembre 2008, Vincent Lambert a été rapidement transféré au CHU de Reims et plongé dans un coma artificiel. En avril 2013, l'hôpital rémois a voulu engager un protocole de fin de vie en accord avec son épouse, Rachel, et une partie de la famille. Mais les parents de Vincent Lambert n'avaient pas été explicitement informés de la décision des médecins et, un mois plus tard, le tribunal administratif de Chalons-en-Champagne ordonnait le rétablissement de l'alimentation du patient.

2015 : les "pro-life" s'emparent du dossier

L'état de santé de Vincent Lambert s'est dégradé. La Cour européenne des droits de l'homme, à l'instar du Conseil d'Etat un an avant, fait le constat que la loi française permet l'arrêt des soins et que la procédure prévue est suivie à la lettre. Le 10 juillet, le CHU de Reims annonce une nouvelle procédure d'arrêt des traitements.  Moins de deux semaines plus tard, contre toute attente, le docteur Simon en charge de Vincent Lambert estime que les conditions de "sérénité et de sécurité nécessaires" ne sont pas réunies et demande la désignation d'un représentant légal pour le patient. Une cinquantaine de personnes opposées à la fin de vie manifestent au même moment devant le CHU. Les évêques de Rhône-Alpes (où vivent les parents de Vincent) ont également dit leur opposition à l'arrêt des soins.

2016-2019 : 'L'obstination déraisonnable"

En mars 2016, Rachel Lambert, la femme de Vincent, est désignée comme tutrice de son mari. Un an plus tard, en 2017, la politique s'en mêle quand François Hollande, alors président de la République, plaide pour une "solution humaine" pour Vincent Lambert. 

En novembre 2018, Vincent Lambert est dans un état végétatif "chronique et irréversible"affirment des experts du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Continuer à l'alimenter et à l'hydrater relève de "l'obstination déraisonnable" au regard de la loi sur la fin de vie. Les recours des parents seront désormais systématiquement rejetés. 

En avril 2019, Conseil d'État et Cour européenne des droits de l'Homme confirment ce qu'ils ont déjà énoncé, que l'arrêt des traitements est la bonne décision. Et en juillet 2019, après une ultime décision judiciaire, le docteur Sanchez du CHU de Reims annonce à la famille que les traitements seront arrêtés pour Vincent Lambert.

Début juillet 2019, ses parents ont déclaré dans une lettre ouverte "La mort de Vincent est désormais inéluctable" et "si nous ne l'acceptons pas, nous ne pouvons que nous résigner".

"Cette fois, c'est terminé. Nos avocats ont multiplié ces derniers jours encore les recours et mené d'ultimes actions pour faire respecter le recours suspensif devant l'ONU qui bénéficiait à Vincent. En vain", ont écrit dans ce courrier Viviane et Pierre Lambert ainsi que la sœur de Vincent, Anne Lambert, et son demi-frère David Philippon.