Société

Affaire Weinstein : "Metoo dans la vraie vie" un appel à manifester aussi à Toulouse dimanche

Par Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse mardi 24 octobre 2017 à 20:50

Mardi soir plus de 300 personnes se disaient intéressées par cet appel au rassemblement à Toulouse comme à Paris, Lyon, ou Montpellier
Mardi soir plus de 300 personnes se disaient intéressées par cet appel au rassemblement à Toulouse comme à Paris, Lyon, ou Montpellier - capture d'écran.

Parce qu'elles ne veulent pas que la vague de témoignages et d'indignation contre le harcèlement reste sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes organisent ce dimanche une manifestation "moi aussi dans la vraie vie". L'idée est née à Paris mais à Toulouse le rassemblement s'organise aussi.

Toulouse fait partie des villes où sera organisé dimanche un rassemblement "Metoo dans la vraie vie". #Metoo pour "moi aussi" en Anglais, l'un des mots clés nés après l'affaire Weinstein pour témoigner, la version anglophone de #balancetonporc. Cette initiative est partie de Paris en fin de semaine dernière, elle a trouvé un écho à Marseille Lyon, Rennes, Montpellier et dans la ville rose où un petit groupe de "cinq ou six personnes" voulaient aussi agir. Maë* est l'une des organisatrices toulousaines, pour elle il était important que la libération de la parole ne reste pas que virtuelle

Maë : "Au moins on peut constater qu'on n'est pas seule, qu'on n'est pas fautive! On ne peut pas tout faire sur les réseaux sociaux, se rencontrer peut permettre d'avoir un impact à plus long terme"

Le rassemblement est prévu à Jean Jaurès dimanche 29 octobre à 14h. Les modalités seront connues dans la semaine. Plusieurs associations féministes ont été sollicitées pour soutenir cette action.

*Le prénom a été volontairement changé.

Une boîte à outil pour "mettre les limites".

Un mouvement qui se structure pour libérer la parole, pour ne plus subir mais justement, à Toulouse, il existe depuis dix ans une association féministe qui propose aux femmes des moyens de se défendre ou d'éviter des situations difficiles dans leur quotidien. Cette association s'appelle Faire Face. Elle propose des stages, des ateliers à base de jeux de rôles, d'exercices corporels, de temps de discussions et même des sessions plus physiques d'autodéfense, le Fem Do Chi (une méthode venue du Québec qui allie gestes de combat et techniques verbales et émotionnelles). Objectif : gagner de "l'empowerment" comme on dit chez Faire Face, comprenez : de l'assurance et de la confiance. Environ 700 femmes ou adolescentes suivent chaque année ces ateliers de quelques heures ou quelques semaines. Elles sont envoyées le plus souvent par des structures qui recueillent les victimes de violences.

"En France c'est encore trop méconnu, les associations d'autodéfense sont pionnières. Dans d'autres pays comme le Canada, la Belgique ou la Suisse, ces méthodes sont beaucoup plus répandues, font partie des politiques publiques. On est dans un moment où il faut passer à la vitesse supérieure. C'est bien de gérer 'l'après-coup', mais il faut absolument mettre en place de la prévention." Anne-Sophie Terral salariée de Faire Face à Toulouse.