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Agression d'un journaliste à Reims : une tribune de la presse pour protéger "la liberté d'information"

Un mois après la violente agression d'un journaliste de L'Union à Reims, des dizaines de quotidiens régionaux et nationaux publient ce jeudi une tribune "Protégeons la liberté d'information". Ils réclament des actions concrètes comme une "politique d'éducation aux médias" auprès des jeunes.

De nombreux quotidiens régionaux et nationaux publient une tribune pour "protéger la liberté d'information"
De nombreux quotidiens régionaux et nationaux publient une tribune pour "protéger la liberté d'information" © AFP - Arthur Nicholas Orchard / Hans Lucas

C'était le 27 février dernier, Christian Lantenois, photojournaliste du quotidien L'Union était violemment agressé alors qu'il réalisait un reportage dans un quartier de Reims. A l'heure actuelle, il est toujours hospitalisé et son pronostic vital est engagé. L'agression avait beaucoup fait réagir, notamment parmi les politiques comme la ministre de la Culture Roselyne Bachelot ou le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin mais il faut aujourd'hui "des actions concrètes". C'est ce que réclament les titres de presse dans une tribune : "Protégeons la liberté d'information". Elle est publiée ce jeudi dans de nombreux journaux quotidiens régionaux et nationaux, tous membres de l'Alliance de la presse d'information générale.

Les signataires du texte souhaitent alerter sur la montée de la défiance et de la violence à l'encontre des journalistes. Ils veulent "ouvrir un débat de société" et "susciter une prise de conscience collective" sur ce sujet. La tribune rappelle que chaque jour depuis les attentats contre Charlie Hebdo, "les journalistes sont de plus en plus fréquemment pris pour cible : agressions verbales ou physiques, menaces, dégradations de biens (matériel, voitures, locaux…)". 

Mais la plupart des "plaintes déposées sont classées sans suite". La tribune martèle que la plus grande zone de non-droit en France, "ce ne sont pas les banlieues, ce sont les réseaux sociaux !". Les signataires appellent "les plateformes" à être "les garantes de l’application de leurs conditions générales d’utilisation". Ils réclament également la mise en place d’une "politique structurée d’éducation aux médias auprès des plus jeunes et tout au long du parcours scolaire".

Le texte intégral de la tribune

Le 27 février dernier, Christian Lantenois, photojournaliste du journal L’Union, était violemment agressé et blessé à la tête lors d’un reportage. Il a été frappé avec son propre objectif photographique. Depuis cette agression, il est toujours hospitalisé, son pronostic vital reste engagé. Une personne a été mise en examen pour tentative de meurtre.

La gravité des faits nous oblige aujourd’hui à alerter l’opinion publique pour susciter une prise de conscience collective. Notre volonté est d’ouvrir un débat de société autour de sujets qui nous touchent tous pour aboutir à des actions concrètes. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés.

Chaque jour, et plus particulièrement depuis 2015 et l’attentat contre Charlie, les journalistes sont de plus en plus fréquemment pris pour cible: agressions verbales ou physiques, menaces, dégradations de biens (matériel, voitures, locaux…). La plupart des plaintes déposées sont classées sans suite. Lors de reportages ou sur les réseaux sociaux, l’incitation à la haine est devenue notre quotidien. Comment travailler dans ces conditions, comment rendre compte, comment témoigner sur le terrain de ce que vivent les Français?

Nous partageons le constat que de la violence verbale naît la violence physique. Sans réponse pénale adaptée, le sentiment d’impunité de ceux qui entravent la liberté d’informer et le débat démocratique ne cesse d’augmenter.

Avec l’ensemble des journaux de la presse quotidienne régionale et de la presse quotidienne nationale, nous disons stop à l’impunité pour faire appliquer voire évoluer la loi et mieux protéger les journalistes dans l’exercice de leur fonction. Pour exercer notre métier dans les meilleures conditions et continuer à vous informer, nous réclamons une réponse pénale ferme et adaptée.

La plus grande zone de non-droit en France, ce ne sont pas les banlieues, ce sont les réseaux sociaux! Les plateformes doivent être les garantes de l’application de leurs conditions générales d’utilisation. Anonymisation des profils, non-respect de l’âge légal d’inscription, incitation à la haine, menaces en ligne doivent être combattus et condamnés avec la plus grande fermeté. Ce qui n’est pas autorisé dans le monde réel ne peut l’être dans le monde virtuel.

Pour mieux comprendre ces enjeux, alors que démarre la semaine de la presse à l’école, c’est vers les jeunes générations que nous souhaitons mener une partie de notre action. L’objectif: comprendre le rôle des journalistes, de la presse et des médias dans notre société. Découvrir comment travaillent des journalistes, pouvoir les interpeller, les interroger. Les enfants d’aujourd’hui sont les citoyens de demain. Nous demandons la mise en place d’une politique structurée d’éducation aux médias auprès des plus jeunes et tout au long du parcours scolaire.

Citoyens, enseignants, parents, associatifs, chefs d’entreprise, élus locaux, représentants politiques, nous avons besoin de chacun de vous à nos côtés pour mener ensemble ce projet, qui nous engage en faveur d’une société plus respectueuse et responsable.

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