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Société

Agressions de pompiers autour de Toulouse : "La population des quartiers doit réagir"

lundi 13 novembre 2017 à 9:04 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie et France Bleu

À Toulouse mais aussi dans la périphérie, les pompiers font face à une recrudescence des insultes et des agressions physiques. Ils sont de plus en plus pris pour cible. Et pour la première fois à Toulouse, ils ont été visés il y a une semaine par un cocktail incendiaire.

Le 5 novembre dernier, des pompiers ont été victimes d'un guet-apens au Mirail.
Le 5 novembre dernier, des pompiers ont été victimes d'un guet-apens au Mirail. © Radio France - Bénédicte Dupont

Toulouse, France

La nuit du 31 octobre avait été mouvementée à Toulouse où pompiers et policiers ont dû intervenir pour une vingtaine de faits de violences urbaines. Et de manière plus générale, ces dernières semaines, de nombreux incidents ont émaillé les interventions des soldats du feu. Dans des quartiers où la délinquance perturbe le quotidien des habitants, mais pas que. Philippe Séguier, le président du syndicat autonome des sapeurs-pompiers de Haute-Garonne et chef de groupe à la caserne de Ramonville était l'invité de France Bleu Toulouse ce 13 novembre.

L'INVITÉ EN UN CLIC - Ph. Séguier du Syndicat Autonome des pompiers de Haute-Garonne (6'14'').

Philippe Séguier, président du syndicat autonome des sapeurs-pompiers de Haute-Garonne. - Radio France
Philippe Séguier, président du syndicat autonome des sapeurs-pompiers de Haute-Garonne. © Radio France - Alban Forlot

Bénédicte Dupont : Vous avez lancé un cri d'alarme ces derniers jours pour dire : "stop aux agressions de pompiers". Qu'est-ce qui vous a poussé à faire ça ?

Philippe Séguier : Les agressions vont crescendo, que ce soir pour des incendies ou des interventions pour secours à victimes.Tout est parti d'une agression au Mirail, il y a huit jours. On est appelés sur un feu de voiture et un cocktail incendiaire est passé juste à côté de notre véhicule. Ce genre de projectiles, c'est inédit sur l'agglomération toulousaine.

C'est le nombre d'agressions qui a augmenté ou c'est plutôt la forme de ces agressions qui a changé ?

On peut passer des moments très calmes dans les cités et puis d'un coup, ça s'embrase comme la nuit d'Halloween où on a été accueillis par des jets de pierre cette nuit-là.Il y a aussi parfois des menaces de mort.

Ils voudraient nous chasser des quartiers, mais nous irons toujours, c'est notre mission de porter secours, partout.

Comment vous expliquez cette recrudescence d'agressions ?

L'uniforme représente l'Etat, comme les policiers. En mettant la pression, on voudrait nous faire sortir des cités alors que nous sommes là pour faire notre travail, pas pour faire des investigations. Il y a trois ans, pour la première fois, on n'a pas pu terminer notre intervention et prendre en charge une mamie qui faisait un malaise. Notre véhicule a été arrêté par des sauvageons qui nous ont agressés et molestés. C'est la famille qui a dû transporter la dame à l'hôpital.

Pour la CGT, ces agressions seraient une réponse au renforcement des contrôles anti-drogue dans les quartiers...

C'est possible mais ça n'est pas aux sapeurs pompiers de trouver des explications. Nous, on demande juste de pouvoir intervenir partout de la même façon. Le service public existe pour tout le monde, ça n'est pas parce qu'on habite dans une cité, qu'on n'a pas le droit au même service que ceux qui habitent un secteur plus tranquille.

Les pompiers haut-garonnais voudraient intervenir sans craindre d'être pris à partie. - Radio France
Les pompiers haut-garonnais voudraient intervenir sans craindre d'être pris à partie. © Radio France - Bénédicte Dupont

Pourtant depuis plusieurs années, vous partez sur les interventions sensibles avec la police...

Nous avons des vigilances différentes selon la "température" des quartiers. Dès que ça chauffe, on attend que le secteur soit sécurisé par la police. Et nous avons un canal radio qui permet de communiquer avec la police, ils nous font signe quand le secteur est sécurisé. Mais on ne peut pas tout sécuriser, toutes les coursives, c'est impossible. Les policiers ont aussi des effectifs limités. Voilà pourquoi, parfois, on arrive un peu tardivement sur des interventions.

Les collègues sont découragés, certains arrêtent leur carrière. On n'a pas choisi d'être pompier pour se faire caillasser.

Quelles sont les conséquences sur les pompiers ?

Le moral n'est pas terrible car on est obligés de regarder en l'air avant d'intervenir pour être sûr que rien ne nous tombe sur la tête... De plus en plus de jeunes ne finissent pas leur carrière chez les sapeurs-pompiers, ça c'est inédit. On n'est pas sereins quand on intervient dans ces endroits-là.

Il faut que les habitants eux-mêmes fassent un travail auprès des jeunes pour démystifier l'uniforme

Quelles est la solution ? Parler aux jeunes, aller dans les collèges, les lycées, dialoguer dans les quartiers ?

Oui on a déjà essayé l'intervention auprès des collégiens, trouver un moment ludique, leur expliquer qu'on ne fait qu'aider les gens. Se rapprocher des associations de quartiers, ça s'est eût fait, mais a priori ça n'a pas porté les fruits espérés. Et puis, c'est pour ça que je suis là aujourd'hui, il faut demander aux habitants de démystifier l'uniforme dans ces quartiers, qu'ils expliquent qu'on est là pour faire notre métier, comme les policiers. Les gens les plus réticents à nous voir venir sont ceux qui sont en infraction.