Société

Agriculture: " Il ne faut pas espérer gagner sa vie "

Par Nicolas Wilhelm, France Bleu Belfort-Montbéliard mercredi 2 septembre 2015 à 18:04

Claude Gautherat, agriculteur à Novilard
Claude Gautherat, agriculteur à Novilard © Radio France - - Nicolas Wilhelm

Alors que les agriculteurs promettent de bloquer Paris en tracteur ce jeudi pour exprimer leur désespoir face à l'effondrement des cours, un producteur laitier de Novillard dans le Territoire de Belfort attend la retraite avec impatience. Il devra revendre son exploitation car ses deux garçons ne reprendront pas la ferme familiale.

Claude Gautherat possède trente-cinq vaches laitières à Novillard dans le Territoire de Belfort, une exploitation de soixante hectares. Ce père de famille travaille seul à la ferme.

Il sera en retraite dans deux ans mais ses enfants ne reprendront pas l'exploitation familiale :

  • « Je ne vais pas dire que ça me soulage mais presque car ils n’auront pas ce soucis de trouver un revenu en permanence. Ils ont bien compris ce que représentait ce métier. Pour un jeune, il ne faut pas espérer gagner sa vie »* explique Claude Gautherat.

 

Le fils ainé dans l’informatique, l’autre dans le pétrole.

Les deux garçons de l’agriculteur ont choisi des carrières différentes. Le plus jeune âgé de 25 ans s’est installé au Gabon pour travailler dans le pétrole . L'ainé de 30ans exerce lui dans l'informatique à Mulhouse dans le Haut Rhin.

Enfants, ils ont fait des tours et des tours de tracteurs, ont aidé leur père à la ferme le soir ou les week-end mais la passion n’est pas allé au-delà.

 

Manif agriculture / BOB Gautherat

 

  • « S’occuper des bêtes, c’est quand même agréable. S’ils avaient été passionnés, mordus en acceptant les contraintes, les choses auraient été différentes »* précise l’éleveur qui a encouragé ses deux enfants à poursuivre leurs études et s’est donc débrouillé seul à la ferme.

  

Une retraite de 750 euros de retraite

Claude Gautherat a repris la ferme de ses parents il y a 30 ans avant de la développer.

Mais ce qui était possible à l'époque ne l'est plus aujourd'hui. « Avant la mise en place des quotas, j’avais une visibilité sur les prix, à la hausse le plus souvent. Aujourd’hui, c’est l’inverse, Impossible de trouver un revenu » regrette l’agriculteur de Novillard .

Dans deux ans, la retraite sonnera. L’éleveur  s’est renseigné : il ne touchera que 750 euros par mois. Il va donc mettre son exploitation en vente et essayer de trouver un complément à sa maigre pension.

Il ne se rendra pas ce jeudi 3 septembre à Paris, mais reste solidaire des manifestants. Ils sont des centaines à converger vers la capitale, depuis les quatre coins de la France. La FDSEA du Territoire de Belfort compte se rendre ce lundi 7 septembre à Bruxelles