Société

La fête de l'Aïd-el-Kebir ternie par le manque d'abattoirs dans le Gard

Par Solène Cressant, France Bleu Gard Lozère dimanche 11 septembre 2016 à 20:19

le manque d'abattoirs empêchent certains croyant de vivre leur fête comme il faut.
le manque d'abattoirs empêchent certains croyant de vivre leur fête comme il faut. © Radio France - Solène Cressant

Les musulmans célèbrent ce lundi l'Aïd-el-Kebir, une fête religieuse importante, avec le sacrifice d'un mouton. Dans le Gard cela concerne 12 000 familles, soit à peu près autant de moutons à tuer, sauf que les abattoirs manquent. Ce que regrettent les croyants.

Ce lundi, les musulmans célèbrent le fête religieuse de l'Aïd-el-Kebir, lors de laquelle un mouton est traditionnellement sacrifié. Dans le Gard, cela concerne 12 000 familles, soit à peu près autant de moutons à tuer sauf que les abattoirs manquent. Et avec les engorgements des abattoirs, exit le rituel traditionnel autour du mouton pour certains croyants.

"On a acheté directement notre kilo de viande chez le boucher... c'est malheureux ! C'est pas grave mais on n'a pas le choix."

Selon les producteurs et les responsables des mosquées du Gard, sur 12 000 bêtes sacrifiées pour l'Aïd-el-Kebir, seules 2 000 passent dans les abattoirs gardois.

Cette année, dans le Gard, seuls deux abattoirs sur les trois vont fonctionner ce lundi : celui d'Alès et celui de Vestric-et-Candiac qui ouvre exceptionnellement pendant deux jours. Celui du Vigan est fermé.

En tout 2 000 bêtes passent par les circuits officiels, le compte n'est donc pas bon. Or, la préfecture le rappelle: l'abattage clandestin est un délit, puni de six mois de prison et de 15 000 euros d'amende.

Cela pose des problèmes pour le sacrifice rituel, important pour les croyants. France Bleu Gard Lozère les a rencontrés dans le quartier Pissevin, à Nîmes.

Dans la boutique de fruits et légumes de Nourredine, c'est les derniers achats avant le grand repas. Et pour ceux qui tiennent au sacrifice comme lui, c'est système D.

"Moi j'ai acheté mon mouton chez un producteur et je vais l'égorger moi-même, chez ma sœur."

Reportage à Nîmes

Et même si c'est interdit, Nourredine n'est pas une exception. L'abattage rituel se fait souvent clandestinement, ce que regrette Mourad :

"Il y a très peu d'abattoirs, ils sont loin Nîmes. On a fait des démarches pour avoir des accès plus proches et malheureusement, y a rien."

L'Aïd-el-Kebir reste un moment de joie et de partage que Karim aimerait passer loin de toutes ces tensions.

"On va se retrouver en famille et on va faire en sorte que se soit une journée mémorable et faire en sorte d'oublier ce qu'il se passe, en ce moment. parce que ça nous peine."

L'an prochain, un projet d'abattoirs temporaires, porté par le collectif des mosquées du Gard, devrait permettre de trouver une solution.

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