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Société

Aide alimentaire : des bénéficiaires encore plus démunis en août

lundi 4 août 2014 à 11:55 Par Aurélien Accart, France Bleu Nord

Au cœur du mois d'août, quand la France tourne au ralenti, de nombreuses associations d'aide aux plus démunis baissent elles aussi le rideau. Mais pour pour ceux qui ne parviennent pas à remplir le réfrigérateur toute l'année, la faim ne prend pas de vacances. Et trouver de l'aide devient plus compliqué, mais pas impossible. Car d'autres structures s'organisent pour rester ouvertes.

Au mois d'août, le secours populaire voit affluer de nouveaux bénéficiaires pour une aide alimentaire d'urgence
Au mois d'août, le secours populaire voit affluer de nouveaux bénéficiaires pour une aide alimentaire d'urgence © Aurélien Accart - Radio France

Les bénévoles, eux aussi, ont le droit de prendre des vacances. C'est ce qui explique qu'un grand nombre d'associations d'aide aux plus démunis soit contraintes de réduire la voilure, voire de baisser complètement le rideau, au mois d'août. Dans la métropole lilloise, la dernière distribution de l'été vient d'avoir lieu il y a quelques jours, mais une voix répond encore au téléphone des Restos du coeur:  "Non, il n'y a pas de distribution pendant les prochaines semaines, on rouvre à la fin du mois d'août" , explique la bénévole, occupée à mettre à jour la comptabilité de l'association, et qui rappelle qu'au départ, les Restos du coeur ne fonctionnaient que l'hiver.

Pas de distribution au mois d'août aux Restos du coeur 

"Nos bénévoles aussi prennent des vacances, et on n'est pas assez nombreux pour faire fonctionner les centres tout l'été. Mais peut-être que l'Etat devrait prendre aussi ses responsabilités, vous ne trouvez pas?" , lâche la bénévole, amère, usée de voir que les associations sont devenues le seul recours d'une population démunie de plus en plus nombreuse. Mais les centres d'action social communaux, qui relèvent des mairies, et les autres organismes de l'Etat tournent eux aussi au ralenti. Et ils ne peuvent que renvoyer vers les quelques associations qui restent ouvertes.

C'est le cas de la Croix Rouge française, à Lille. Son président, Marc Ensabella, ne prend pas de vacances de l'été: "Impossible, il y a trop de choses à faire. On reçoit plus de monde, et on est deux fois moins nombreux !" . Dans les locaux de l'association, située à la porte de Valenciennes, à Lille, ils ne sont en effet qu'une dizaine. "Nos bénévoles ont le droit de prendre des vacances, beaucoup sont des retraités qui emmènent leurs petits-enfants en vacances, explique Marc Ensabella. Mais on s'organise pour que tout le monde ne parte pas en même temps, car nous avons l'obligation de rester ouvert toute l'année. " Du coup, les cadres de l'association mettent la main à la pâte. Le specialiste de la comptabilité est par exemple plus souvent à la caisse de l'épicerie solidaire que derrière ses livres de compte, ce qui permet à l'association de ne refuser personne.

Une aide alimentaire d'urgence

Le Secours populaire du Nord, lui non plus, ne ferme pas au mois d'août. Mais  avec deux fois moins de bénévoles qu'en temps normal, l'association ne propose pas de distribution de son "libre service" alimentaire au mois d'août. Seule l'épicerie solidaire continue à fonctionner. Mais une aide d'urgence peut aussi être proposée aux personnes les plus démunies qui se retrouvent ici. "On ne demande pas aux gens s'ils vont dans d'autres associations le reste de l'année , sourit Jean-Louis Callens, le secrétaire général de l'association. Si vous venez au secours populaire, c'est que vous avez besoin d'aide et pas d'autre choix. On ne laisse personne mourir de faim en France. Mais c'est vrai que c'est plus compliqué d'être aidé, au mois d'août."

Dans l'un des bureaux de l'association où il attend qu'on lui prépare son colis d'urgence, Bernard, 54 ans, confirme: "En ce moment beaucoup d'associations sont fermées, alors je viens ici pour chercher un petit dépannage" . Ce sera quelques conserves, du beurre, de l'huile, des yahourts, pour remplir son réfrigérateur. "J'ai moins de 700 euros par mois pour vivre, les fins de mois sont dures" , ajoute l'ancien ouvrier des tuileries de Fives, licencié économique il y a quelques années et qui n'a jamais pu retrouver de travail.

"C'est vrai que c'est plus compliqué d'être aidé, au mois d'août!"

A la croix rouge de Lille, comme au secours populaire, on estime que quatre à cinq personnes qui ne sont pas connues de l'association viennent chaque jour demander de l'aide, au coeur de l'été. "Heureusement, nous avons un peu de stock, note Marx Ensabella, à la croix rouge. On a plus de monde à aider, et plus de difficultés à se fournir. Nous, on se fournit à la banque alimentaire, par exemple. Et elle est fermée jusqu'à la mi-août." Pour tenir, les deux associations sont parfois contraintes d'acheter exceptionnellement des denrées alimentaires supplémentaires, dans les supermarchés. Des associations qui comptent donc, plus que jamais en cette période estivale, sur la générosité des donateurs.

Au mois d'août, c'est encore plus difficile de remplir le frigo pour les plus démunis