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Aide sociale à l'enfance : une assistante familiale creusoise se sent "abandonnée"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Creuse

Elles se sentent abandonnées. Deux assistantes familiales dénoncent, dans une lettre anonyme, des dysfonctionnements de l'ASE, l'aide sociale à l'enfance en Creuse. La direction du conseil départemental condamne ce procédé, et le contenu de la lettre.

En Creuse, l'ASE compte 153 familles d'accueil et environ 350 enfants placés (photo d'illustration).
En Creuse, l'ASE compte 153 familles d'accueil et environ 350 enfants placés (photo d'illustration). © Maxppp - Philippe Riedinger

Tout commence par une lettre anonyme, il a été envoyé le 20 octobre aux 153 assistants familiaux creusois, à plusieurs médias, à la présidente du Conseil départemental et à plusieurs représentants politiques. Dans ce courrier, deux assistantes familiales (ce sont les familles d'accueil qui reçoivent chez eux les enfants placés) dénoncent des dysfonctionnements à l'ASE en Creuse et réclament un audit. Il s'agit de Claude* et Hélène*. Elles se sentent "abandonnées". L'ASE, l'aide sociale à l'enfance, est un service du département, son directeur général des services, Philippe Bombardier dénonce "un tract anonyme qui ne reflète pas la réalité de la situation et les retours des autres assistants familiaux."

Quand vous avez une urgence, vous n'avez aucun retour

Claude* a été licenciée par l'ASE en Creuse. Elle garde un goût amer de son expérience : "Si l'assistant familial a un problème, il doit en référer à son chef de service, or on a pu rester des mois sans chef de service. Quand vous avez une urgence avec un enfant vous envoyez des mails, vous faites remonter des informations, vous n'avez aucun retour, pendant des mois", explique-t-elle.

"J'ai demandé plusieurs fois à des référents de venir me voir parce que j'étais en difficulté avec des jeunes, à chaque fois ils me disaient qu'ils n'avaient pas le temps. L'enfant a fini par faire une bêtise, on l'a pris et on l'a mis ailleurs. Mais ça ce n'est pas rendre service aux enfants, c'est un métier où on doit être solidaire, et travailler en équipe et là il y a zéro solidarité", poursuit-elle. Manque de temps ? De moyens ? Placements dans l'urgence ? Il est arrivé à Claude* de se retrouver dans des situations ubuesques : "L'ASE sait qu'il y a une place à telle adresse, à telle adresse, sans creuser plus. Donc on en arrive à vous demander de prendre chez vous une petite fille, alors que vous vous accueillez un enfant qui a fait des attouchements sexuels."

L'enfant n'est pas pris en compte

Hélène, assistante familiale, se sent abandonnée par l'ASE, sans personne vers qui se tourner : "Moi ça m'est déjà arrivé d'accueillir des enfants, de les avoir pendant un an ou deux, sans que le référent ou le psychologue de l'enfant ne viennent visiter la maison pour voir dans quel cadre il vit. Si ça se passe bien, ce n'est pas un problème, mais quand ce n'est pas le cas... Donc c'est ça qu'on voudrait changer parce que l'enfant là-dedans n'est pas pris en compte."

Le conseil départemental envisage de déposer plainte

Cette démarche du tract anonyme ne passe pas au conseil départemental de la Creuse. "On est prêt à déposer plainte, ça entache la réputation du métier", indique Philippe Bombardier, directeur général des services.  "A la suite de ce courrier, nous avons reçu plusieurs messages d'assistantes familiales qui tenaient à se désolidariser de cette démarche, disant qu'elles ne se reconnaissaient pas dans ce qui était rapporté. Je ne comprends pas le sens de cette démarche qui vise à passer par la voie d'une lettre anonyme. Nous favorisons le dialogue social, et nous sommes tout à fait disposés à recevoir les personnes quand elles sont en difficulté", poursuit-il.

Une commission de suivi, un référent et une prime covid

Par ailleurs, Philippe Bombardier indique le département est "particulièrement attentif" aux conditions de travail des assistants familiaux, et que plusieurs choses ont été mises en place. Notamment, une commission de suivi, qui se réunit régulièrement, composée d'assistants familiaux volontaires, elle permet de faire remonter leurs difficultés, et a abouti entre autres à un protocole définissant les assistants familiaux et le conseil départemental. Il sera voté en comité technique le 16 novembre. Un référent pour les assistants familiaux vient également d'être recruté, et commencera dans les prochains jours. "Je tiens aussi à rappeler que pour tenir compte des difficultés qu'ont vécu les assistants familiaux pendant le premier confinement, une prime covid de 100 euros leur a été versée, plus 100 euros par enfant à charge", explique Philippe Bombardier.

*les prénoms ont été modifiés

Vous pouvez contacter le collectif Creus'et Accueil Serein de l'Enfant à l'adresse suivante : creusetase@outlook.fr

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