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Société

Aider les aidants âgés : quand les proches de malades ont besoin de soutien

jeudi 11 octobre 2018 à 19:53 Par Morgane Heuclin-Reffait, France Bleu Maine et France Bleu

Pour la Journée Nationale des Aidants ce jeudi, des ateliers bien-être étaient organisés au Mans pour les personnes âgées qui aident un proche malade. Ils sont nombreux à mettre leur propre santé entre parenthèses.

Divers ateliers, comme de la thérapie par l'art, ont été organisés au Mans ce jeudi pour permettre aux aidants de prendre du temps pour eux
Divers ateliers, comme de la thérapie par l'art, ont été organisés au Mans ce jeudi pour permettre aux aidants de prendre du temps pour eux © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Le Mans, France

De la gym douce pour se remettre en forme, de la sophrologie et de la réflexologie pour se détendre... Au Mans, l'Argis-Arrco et l'EHPAD de la Reposance ont organisé plusieurs ateliers à destination des aidants ce jeudi. L'occasion de prendre du temps pour soi, ne serait-ce qu'une demi-heure. 

"Si j'avais une journée de repos par mois, ce serait extraordinaire !", souffle Nicole, 70 ans. Depuis un AVC il y a deux ans, son compagnon est en fauteuil roulant. "J'ai une auxiliaire de vie et des infirmières qui viennent matin et soir pour le lever et le coucher, car je n'y arrive pas physiquement, explique-t-elle. C'est déjà assez compliqué de le tourner sur le lit !"

Penser à sa santé

Avec le vieillissement de la population, sur les 8,3 millions d'aidants en France, ils sont plus nombreux à être âgés ces dernières années d'après Sylvie Le Blanc, de l'Argis-Arrco des Pays de la Loire."Il faut savoir qu'on a de plus en plus d'aidants qui risquent de partir avant la personne aidée, ça multiplie les risques", précise-t-elle :

Devoir se lever quatre fois par nuit pour aider son conjoint malade, c'est déjà épuisant quand on a 30 ou 40 ans, alors imaginez à 80 ans !

De fait, les aidants se focalisent trop souvent sur leur proche au point de s'oublier eux-mêmes. "Je fais du sport, c'est déjà pas mal", relativise Nicole, dont le mal de dos persiste quand même. Elle a investi dans un véhicule adapté pour les personnes à mobilité réduite pour ne pas avoir à porter son compagnon.

Aider un proche malade, c'est aussi parfois une souffrance psychologique. Colette, du haut de ses 79 ans, en sait quelque chose. Son mari a été diagnostiqué de la maladie d'Alzheimer, et "parfois il y a de la méchanceté ou de l'agressivité". "Il se rend compte qu'il y a des choses qu'il ne fait plus, et dont je m'occupe maintenant. Il dit qu'il ne sert plus à rien et que je ne m'occupe pas assez de lui", raconte-t-elle. 

Ça fait mal, je renferme tout en moi. Parfois, j'ai envie de tout envoyer promener !

La gym douce permet se remettre en forme et rencontrer de nouvelles têtes - Radio France
La gym douce permet se remettre en forme et rencontrer de nouvelles têtes © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Renouer des liens sociaux

Si Colette tient bon, c'est en partie grâce à ses amies, qui traversent la même épreuve avec leurs conjoints respectifs : 

On parle de nos malheurs ensemble. Ça nous libère, ça fait du bien d'en parler, et parfois on se conseille.

Un mercredi sur deux, elles font du qi gong ensemble, une gymnastique chinoise assez lente, "pour se détendre". "Je m'autorise quand même quelques petits plaisirs", plaisante la retraitée.

Il n'est pourtant pas toujours évident de maintenir une vie sociale comme avant. "Certains ne font pas les aménagements chez eux pour quelqu'un qui est en fauteuil, s'agace Nicole. Quand on va dîner chez des amis, je fais en sorte que mon compagnon soit toujours assis entre moi et quelqu'un qu'il connaît pour discuter, c'est une petite bouffée d'air".

"Sortir de l'isolement, c'est indispensable", estime Séverine Sollier.  Elle est psychologue à la maison Myosotis, une structure qui accompagne les aidants, au Mans. "L'idée de la journée des aidants, c'est de faire prendre conscience à ces personnes qu'elles ont aussi besoin de soutien, précise-t-elle. Participer à des groupes de paroles ou voir un psychologue peut faire du bien".

Des aides mal connues

Sortir la tête de l'eau, prendre du temps pour soi : non seulement les aidants ne se l'autorisent pas, mais ils ignorent aussi souvent qu'ils ont droit à des aides financières. "Il existe des aides auprès des caisses de retraites complémentaires, explique Sylvie Le Blanc qui travaille dans l'une d'elle, mais aussi des allocations comme l'APA", qui peut être utilisée pour rémunérer la personne aidante s'il ne s'agit pas du conjoint.

"Souvent, on ne connaît ces aides qu'au bout de deux ou trois années passées à aider un proche, précise Sylvie Le Blanc, alors qu'il suffit d'aller aux centres d'informations locaux (CLIC), aux centres d'action sociale (CCAS) ou en mairie pour engager les démarches".