Société

Plan "temps froid" en Seine-Maritime : le centre Colette Yver complet

Par Kathleen Comte, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) lundi 16 janvier 2017 à 19:52

Le centre Colette Yver de Rouen au moment du déjeuner.
Le centre Colette Yver de Rouen au moment du déjeuner. © Radio France - Kathleen Comte

Depuis jeudi dernier et jusqu'à ce jeudi, la préfecture de Seine-Maritime a déclenché le plan "temps froid". En plus du site Colette Yver de Rouen - qui accueille pour le moment près d'une centaine de personnes - le gymnase Grindor a également ouvert ses portes.

Depuis jeudi 12 janvier jusqu'à ce jeudi, le plan "temps froid" a été déclenché par la Préfecture. Les températures devraient descendre jusqu'à -5°C degrés dans les prochains jours... -10°C dans certaines régions de France. Et même si ce n'est pas en Normandie qu'il fera le plus froid, la préfecture s'organise.

En plus du site Colette Yver ouvert tous les jours depuis la trêve hivernale (qui débute le 1er novembre), le gymnase Grindor à Rouen et Dumont Durville (au Havre) ont été ouverts (le temps du plan grand froid et seulement pour la nuit). A Colette Yver, près d'une centaine de personnes : familles, femmes seules ou avec enfants, venues trouver un lit, des repas chauds et de la compagnie. Et surtout éviter d'être dehors quand il fait froid.

J'ai choisi la France car c'est un pays démocratique et libre"

En pleine journée on croise peu de monde dans le centre. La plupart sont à l'extérieur, les enfants à l'école, les autres s'occupent comme ils peuvent. Dans un coin de la salle commune qui sert de réfectoire, trois femmes nigérianes encerclent une petite fille. Élastiques multicolores dans les mains, elles peaufinent les tresses de l'enfants. Une des femmes explique : "Je lui ai fait la coiffure hier, ça m'a pris deux heures parce que c'est une enfant et qu'elle bouge. Là je lui mets des élastiques pour que les tresses ne se défassent pas."

Là depuis plusieurs jours elles vont bientôt devoir repartir. Impossible de rester très longtemps dans le centre. Même si certains comme Mussolli, reviennent. Originaire du Kossovo, l'homme de 29 ans passe de foyer en foyer avec sa femme et sa fille : "L'association Terre d'Asile nous a trouvé des places. On est d'abord allés à l'hôtel. Tous les deux-trois jours on change d'endroit. C'est le problème pour moi et ma famille. Dehors il fait froid, très froid. J'ai choisi la France car c'est un Etat démocratique, c'est libre. C'est un bon pays."

J'adore les carottes"

Cette semaine avec les températures basses, personne ne quittera le site. Équipé pour accueillir jusqu'à 90 personnes, comme l'explique l'intervenant social du CAPS (le centre d'action et de promotion sociales) qui travaille sur place : "Le confort est spartiate mais nous avons deux dortoirs, deux coins sanitaires/douches et un grand réfectoire où les repas se font. Il y a une possibilité d'aménager si la situation se présente. On peut accueillir jusqu'à une centaine de personnes. Pour les repas on a des barquettes individuelles pour les entrées et collectives pour les plats principaux."

Et justement l'heure du midi approche. L'occasion pour toutes les personnes présentes de se rassembler en file indienne. Dominique, 32 ans, sourire aux lèvres, et plateau dans les mains, attend d'être servie. Ce midi c'est bœuf-carottes : "Ah on a des carottes ! J'adore ça !"

Le centre Colette Yver reste ouvert tous les jours jusqu'au 31 mars (fin de la trêve hivernale. Pour pouvoir y être accepté il faut d'abord passer par le 115. Concernant le gymnase Grindor de Rouen (situé à côté du théâtre des arts rue du général Giraud), l’accueil se fait directement à la porte.