Société

Amiante: les Prud'hommes du Mans jugent la demande des Carel et Fouché irrecevable

Par Bertrand Hochet, France Bleu Maine vendredi 9 juin 2017 à 17:55

 Trois anciens salariés ont pris connaissance du jugement au greffe du tribunal du Mans
Trois anciens salariés ont pris connaissance du jugement au greffe du tribunal du Mans - Bertrand Hochet + illustration Maxpp - Norbert Falco

C'est un coup dur. 140 ex-salariés de Carel et Fouché demandaient que le préjudice d'anxiété leur soit reconnu parce qu'ils ont été exposés pendant des années à de l'amiante. Le tribunal des Prud’hommes relève que, le délai de prescription étant dépassé, leur demande n’est pas recevable.

« Irrecevable ». C’est écrit noir sur blanc sur le jugement dont trois anciens salariés ont pris connaissance, ce vendredi après-midi, au greffe du tribunal des Prud’hommes du Mans. Jean-Pierre Prigent dit sa grande déception. « C’est un coup de massue ! », lâche le vice-président de l’association culturelle Carel et Fouché. Le Sarthois est abattu: « On a tout fait pour gagner ». Mais il reconnaît : « Ce délai de prescription (cinq ans, ndlr) nous pendait au nez ; l’avocat d’Alstom jouait là-dessus ».

Un mois pour décider de la suite

Les 140 anciens salariés de l’entreprise mancelle Carel et Fouché ont la possibilité de faire appel de cette décision, c'est à dire de solliciter un nouveau procès. Mais Jean-Pierre Prigent se demande si certains ne seront pas tentés, cette fois, de jeter l'éponge : « Sur le fond, nous aimerions bien aller jusqu’au bout. Mais nous savons que cela devient de plus en plus difficile. Les personnes concernées « sont d’anciens ouvriers », rappelle le vice-président de l’association culturelle Carel et Fouché « qui ne peuvent pas se permettre de débourser plusieurs centaines d’euros ». Les ex-employés, tous retraités aujourd’hui, ont un mois pour prendre leur décision. Passé ce délai, aucune autre action en justice pour la reconnaissance de leur préjudice d’anxiété ne sera possible.

Alstom, seul et unique client

Les anciens salariés de Carel et Fouché réclamaient 20.000 euros par personne au titre du préjudice d’anxiété, c'est à dire le fait de vivre dans la crainte de tomber malade à cause de leur exposition à de l’amiante, matériau cancérigène, pendant des années, sur leur lieu de travail. L'usine ayant mis la clé sous la porte en 1988, ils s'étaient retournés contre le seul et unique client de Carel et Fouché: l'entreprise Alstom.

ARCHIVE: la longue attente des Carel et Fouché au Mans