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Société

Amiante sur les îles de la Loire à Tours : 8 agents demandent la reconnaissance d'un préjudice d'anxiété

vendredi 29 mars 2019 à 19:08 Par Annabelle Wanecque, France Bleu Touraine

L'avocat de quatre organisations a confirmé ce vendredi qu'il allait bien déposer plainte contre X la semaine prochaine. Huit agents, actuels employés de la Métropole ou ancien agents de la Ville, demandent par ailleurs la reconnaissance d'un préjudice d'anxiété.

Selon un rapport d'expertise, il y aurait encore 2000 mètres cube de déchets amiantés sur l'île Aucard
Selon un rapport d'expertise, il y aurait encore 2000 mètres cube de déchets amiantés sur l'île Aucard © Maxppp - Maxppp

Indre-et-Loire, France

La Ville de Tours est décidément au coeur du dossier de l'amiante sur l'île aux Vaches et l'île Aucard. François Lafforgue, l'avocat de quatre organisations (trois qui dépendant de la CGT ainsi que l'Association de défense des victimes de l'amiante en Région Centre), a confirmé ce vendredi après-midi en conférence de presse qu'il allait bien déposer plainte contre X la semaine prochaine, plainte notamment pour mise en danger de la vie d'autrui et non respect de la réglementation sur la gestion des déchets dangereux.  

"Je n'ai jamais vu ça" - François Lafforgue, avocat spécialisé dans les dossiers environnementaux 

Un récent rapport d'expertise remis au tribunal administratif accuse clairement la Ville de Tours. Selon celui-ci, la mairie ne pouvait pas ignorer la présence d'amiante sur ces îles de la Loire, elle n'aurait pourtant pas protégé ses salariés lors des travaux réalisés sur des puits de captage entre 2000 et 2012, sa responsabilité serait donc "pleine et entière". François Lafforgue en a vu passer, des dossiers liés à l'amiante. Son cabinet parisien a défendu des milliers de salariés exposés, il a même travaillé sur l'emblématique porte avions Clémenceau. Mais cette affaire des îles de la Loire, ça, cet avocat ne l'avait encore jamais vu. "Des déchets concassés, broyés, qu'on disperse comme ça sur l'île aux Vaches ! Et après, il y a des agents qui interviennent à côté, à proximité, dessus" s'étonne Me Lafforgue. "Si ces travaux avaient eu lieu en 1930, une discussion aurait éventuellement pu avoir lieu. Mais sur l'île aux Vaches, les travaux ont eu lieu entre 2009 et 2012, on est 13 ans après l'interdiction de l'amiante !"

Il faudrait 13 millions d'euros pour dépolluer les deux sites

L'avocat s'appuie sur un rapport d'expertise remis au tribunal administratif à la mi-février, et qui accuse clairement la Ville de ne pas avoir protégé ses salariés. A 49 ans, David Courant travaille toujours au service des eaux, il est l'un des huit agents qui demandent en justice la reconnaissance d'un préjudice d'anxiété. "Mon collègue a un cancer broncho-pulmonaire reconnu comme maladie professionnelle liée à l'amiante, il l'a contracté à 42 ans, là il a dépassé la cinquantaine mais on ne sait pas s'il sera encore là dans les années qui viennent. C'est vrai qu'on y pense, on se dit que peut-être le prochain sur la liste, ce sera moi et c'est compliqué". 

Les agents demandent aussi que la métropole, qui a récupéré la compétence de l'eau il y a 2 ans, fasse tout son possible pour que plus personne ne soit exposé à ces déchets amiantés. Selon le rapport d'expertise, il y en aurait 2000 mètres cube sur l'ile Aucard, 11 000 mètres cube sur l'île aux Vaches. Le rapport d'expertise remis au tribunal administratif estime qu'il faudrait 13 millions d'euros pour dépolluer ces deux sites. 

Alors pour l'instant, difficile de savoir qui était vraiment responsable, et donc coupable, au sein de la mairie. L'adjoint en charge des grands travaux à l'époque Nicolas Gautreau assure par exemple qu'il n'était pas au courant. Pour Jean-Jacques Prodhomme pourtant, l'ancien secrétaire CGT des Municipaux de Tours, la mairie était bel et bien informée. Lui a notamment assisté à une réunion du CHSCT à ce sujet dès 2012 et à laquelle, assure-t-il, nombre de responsables de la Ville étaient présents.