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EXCLUSIF - Anas, étudiant immolé par le feu : "J'ai fait un geste qui doit avoir une utilité"

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire, France Bleu

Un témoignage fort recueilli par France Bleu : celui d'Anas, cet étudiant stéphanois qui a décidé de s'immoler par le feu, devant le Crous de Lyon, il y a un an jour pour jour. Il y donne de ses nouvelles physiques et morales, revient sur son geste et se projette vers l'avenir.

Le geste d'Anas avait entrainé des manifestations étudiantes en novembre 2019
Le geste d'Anas avait entrainé des manifestations étudiantes en novembre 2019 © Maxppp - P. dubuis

France Bleu a recueilli le témoignage d'Anas, cet étudiant stéphanois immolé par le feu le 8 novembre 2019 devant le Crous de Lyon. 1 an après il revient sur son geste aussi désespéré que politique.

Anas répond aux questions de France Bleu

Anas, un an jour pour jour après votre geste, vous avez publié ce message hier sur les réseaux sociaux. On a envie de vous poser cette question très simple : comment allez vous ?

Je suis brulé sur 75% du corps et il me reste quelques plaies, des brulures assez marquées. Ayant des amputations, il me reste une phalange sur tous les doigts, c'est plus compliqué de faire tout ce que je pourrais faire si je les avais toutes. La rééducation prend plus de temps. Je suis sous médicaments en permanence, sous morphine, sous différents antidépresseurs. Je ne peux pas faire ma vie comme si de rien n'était. La lutte c'est aussi de pouvoir être adapté à la société et de pouvoir réussir à se projeter dans un avenir accessible. 

Le plus dur c'est tout ceci vous ne l'aviez pas prévu car vous étiez prêt à mettre fin à vos jours. 

J'avais une hypothyroïdie qui favorisait la dépression et le fait de tout voir en noir. Effectivement, je n'avais pas prévu de vivre. Si l'on ajoute à cela des problèmes de précarité. Je n'avais plus envie de vivre, sur le moment.

Ce message que vous publiez, il a été muri ?

Je savais que j'avais le devoir, à un moment, de m'exprimer parce que j'ai fait un geste qui doit avoir une utilité. Écrire ce message m'a pris quelques heures mais je savais quoi dire.

Est-ce qu’aujourd’hui vous pensez être le symbole d'une lutte ? C'était un geste désespéré mais il était aussi politique.

Je suis un symptôme de la précarité en France. je ne suis pas du genre à vouloir être un symbole mais mon acte en est un par rapport à tout ce qui a pu se produire ces dernières années. Même mon état actuel reste un symbole car nous ne sommes pas beaucoup de grands et grandes brulé(e)s à nous exprimer dans les médias. Dans mon centre de rééducation, il y a plusieurs personnes qui se sont brulées elles-même. Je ne suis pas le seul. La plupart du temps, ces gens là sont précaires et ils ne laissent pas de testament politique. Moi j'en ai laissé un.

Qu'est ce qu'on peut vous souhaiter pour les prochains mois ?

De pouvoir commencer ma reconstruction. J'ai de la chirurgie mais ce ne sera pas pour retrouver ce que j'étais avant. Cela veut dire déjà avoir des fonctions du corps optimales. Puis dans un an d'entamer ma reconstruction physique. Mon visage, mes oreilles qui ont été collées à mon crane à cause de la brulure. Il y aura des cicatrices. Je vais refaire mes cheveux. Tout cela va demander un certain temps. Je vais avoir certainement une prothèse sur la main droite. Ce qu'on peut me souhaiter aussi c'est de revenir lutter au sein de mon syndicat et d'associations. C'est aussi de réussir mes études parce que je les ai reprises. Il faut que je les réussisse. 

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