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Société

Andrée Dupont-Thiersault, dernière Résistante et déportée sarthoise encore en vie

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Par , France Bleu Maine

C'est la dernière Résistante et déportée sarthoise encore en vie. Andrée Dupont-Thiersault, 91 ans, revient sur son parcours dans les camps allemands, en cette Journée nationale du souvenir de la déportation.

Sarthe, France

Elle n'a que 16 ans quand elle est arrêtée, dans son petit village du nord-Sarthe, à Assé-le-Boisne, en avril 1944. Comme le reste de sa famille, Andrée Dupont-Thiersault est engagée dans la Résistance. Agent de liaison pour le Bureau des Opérations Aériennes, c'est elle qui transmet les informations clés pour les parachutages de matériel dans le département, parfois sans même en avoir conscience. 

Fin avril 1944, une première arrestation a lieu dans le village. La mère d'Andrée Dupont-Thiersault décide de quitter les lieux pour prévenir d'autres Résistants. Dans la nuit du 26 au 27 avril, Andrée, sa tante et son grand-père sont arrêtés à leur domicile.

Les camps allemands

Andrée et sa tante sont emmenées à la prison des archives au Mans, par où transitent les personnes arrêtées en Sarthe et en Mayenne à partir de 1944. S'ensuit un transfert à Romainville, puis l'arrivée en Allemagne, quelques semaines plus tard.

C'est à Ravensbrück qu'Andrée voit sa tante pour la dernière fois. Celle-ci est gazée, tandis qu'Andrée est envoyée à Leipzig avec les autres déportées jugées aptes à travailler. Là-bas, elle travaille pour l'usine d'armement Hasag. "Je me suis retrouvée plusieurs fois à l'infirmerie, car je travaillais sur les obus de DCA et il y avait des bassins d'acide dans l'usine", raconte Andrée.

Arrivée à Leipzig, j'étais seule, désemparée. Une femme, Lise London, m'a tendu la main. Elle m'a dit : veux-tu que je sois ta maman de camp ? 

Les routes de la mort

Encerclés par les aviations soviétiques et américains, sous le feu des bombardements, les allemands décident vers la fin de la Seconde Guerre Mondiale d'envoyer les déportés sur les routes. Andrée Dupont-Thiersault les a connues, ces "routes de la mort". 

Le retour en France est éprouvant. Le voyage se fait à nouveau "dans les wagons à bestiaux, mais cette fois avec de la paille et les portes ouvertes", plaisante Andrée. Sa "maman de camp", Lise London, refuse de la laisser rentrer seule en Sarthe et la fait venir à Paris. C'est là qu'Andrée Dupont-Thiersault retrouve finalement sa mère, qui a travaillé dans la Résistance pendant toute la guerre.

"J'étais tellement sous le choc que ça m'a laissée froide sur le moment, explique Andrée._C'est quand je suis rentrée en Sarthe, que j'ai vu le clocher de mon village, que j'ai compris que j'étais libérée. C'est là que j'ai pleuré_"