Société

Andrée, survivante du camp de Ravensbrück raconte

Par Julie Davico-Pahin, France Bleu Maine mercredi 8 avril 2015 à 15:06

Andrée a connu l'humiliation des camps de la mort
Andrée a connu l'humiliation des camps de la mort © Radio France - Julie Davico-Pahin

En avril 1945, l'armée rouge libère le camp allemand de Ravensbrück. Andrée, une sarthoise de 87 ans, fait partie des 150 000 personnes qui ont été incarcérées entre ces murs. Pour la première fois, elle retourne au camp, pour faire son deuil.

Il y a 70 ans, le camp allemand de Ravensbrück était libéré. L'Europe découvre alors l'horreur : dans ces murs, près de 100 000 femmes et enfants ont trouvé la mort, pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1944, Andrée a été placée en quarantaine là-bas. 

"Dédée", comme ses amis la surnomment, a aujourd'hui 87 ans. Elle retourne pour la première fois à Ravensbrück, avec appréhension. "C'est comme un pélerinage. Pour faire mon deuil ", explique-t-elle.

26 avril 1944, 22h

Andrée est arrêtée par la Gestapo à Assé le Boisnes, une commune du nord de la Sarthe, alors qu'elle n'a que seize ans. Comme sa famille, elle s'est engagée dans la résistance, en tant qu'agent de liaison du bureau des opérations aériennes.

Andrée, à son retour en France - Radio France
Andrée, à son retour en France © Radio France

" Il y a eu un hurlement. Et c'était fini."

Le début d'une longue détention, qui la conduit dans plusieurs camps. A Romainville, Sarrebruck, Ravensbrück puis à l'usine d'armements Hasag, à Leipzig. Les souvenirs les plus douloureux sont ceux de Ravensbrück. Là-bas, sa tante est gazée, dès son arrivée. Andrée, comme les autres détenues, subit l'humiliation : "Ils nous ont mises toutes nues. Vous savez, à cette époque là, on était très pudiques. Ils nous ont enlevé toutes nos affaires, tous nos bijoux, tout ce que l'on avait, ils nous ont inspectées partout. Ca a été dur ", confie-t-elle. 

Andrée raconte son arrivée à Ravensbrück

Le regard d'Andrée se remplit de larmes. A Ravensbrück, elle a vu la mort. Celle d'une petite fille aux tresses blondes : "Je me souviens, la SS [organisation paramilitaire nazie, ndlr] l'a balancée dans les marches et elle a lâché le chien sur elle. Il y a eu un hurlement. Et c'était fini ."

 

À la libération, le plus dur pour Andrée a été de reprendre une vie normale, auprès de ses proches en France. Le souvenir des camps ne l'a jamais quitté : elle en fait encore des cauchemars.

Déportée ENRO