Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Andrézieux-Bouthéon : les sept années de combat d'une famille kosovare pour rester vivre dans la Loire

-
Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Une famille kosovare arrivée dans la Loire en 2013 pour raisons de sécurité raconte ses années de lutte pour obtenir le droit de rester vivre en France, et d'y travailler.

Nebisa et son mari Tafil reviennent sur leur parcours avec le vice-président du Secours catholique de la Loire, Christian You (à gauche).
Nebisa et son mari Tafil reviennent sur leur parcours avec le vice-président du Secours catholique de la Loire, Christian You (à gauche). © Radio France - Tifany Antkowiak

"Cela fait sept ans qu'on est là et seulement un an et demi qu'on travaille". Nebisa résume la situation de sa famille avec beaucoup de détachement. Mais on sent bien que derrière cette phrase, il y a des souvenirs douloureux cette mère de famille qui vit aujourd'hui à Andrézieux-Bouthéon (Loire), avec ses deux garçons et son mari.

160 euros par mois pour vivre à quatre

Nebisa raconte qu'elle arrive du Kosovo en 2013, avec ses deux enfants, âgés alors de 7 et 11 ans. Elle ne veut pas s'étaler sur les raisons qui la mènent à fuir son pays, "c'était pour notre sécurité", dit-elle simplement. Son mari, Tafil, ne les rejoindra que l'année d'après. Nebisa se retrouve à Saint-Étienne et erre pendant plusieurs jours entre divers hébergements d'urgence avec ses deux fils, avec l'aide du 115. 

La mère de famille explique que c'est ce qu'elle a vécu de plus dur : "je me souviens bien quand le 115 il nous a amené dans un appartement où il n'y avait rien, pas d'électricité, pas de chauffage... on a dormi dans des sacs de couchage sur le carrelage. Il y avait une autre famille aussi avec un petit garçon de même pas quatre ans. Ça, je n'oublierai jamais"

Elle s'estime malgré tout chanceuse, car elle trouve rapidement une place dans un foyer à Andrézieux-Bouthéon. La famille y passera six ans. Six années pendant lesquelles Nebisa, son mari, et leurs enfants vont se démener pour pouvoir faire leur vie dans la Loire. La famille essuie plusieurs refus de l'administration française, mais elle décide de rester. Malgré l'obligation de quitter le territoire français qui plane sur elle dès 2014. 

Leur situation irrégulière ne permet pas à Nebisa et Tafil de travailler. Leur seule source de revenus est l'aide du foyer où ils vivent : 160 euros par mois pour tous les quatre, quelques tickets de bus et une poignée de jetons pour faire des lessives dans un lavomatic. Leurs proches restés au Kosovo envoient aussi un peu d'argent de temps en temps. 

Mais plus que l'argent, ce qui manque à Nebisa, c'est une occupation. Car contrairement à ses enfants, qui passent la journée à l'école, elle n'a rien à faire de des journées. "Quand on a l'habitude de travailler, c'est très dur de rester à ne rien faire. Je ne comprends pas les gens qui peuvent rester comme ça", explique celle qui travaillait au Kosovo comme infirmière en chirurgie maxillo-faciale. 

Nécessité de s'occuper

Nebisa se lance alors dans le bénévolat, auprès du Secours catholique de la Loire. Elle s'y engage même pleinement : "j'y allais trois par semaine, lundi, vendredi et samedi... je sais pas si j'ai manqué un samedi", dit-elle avec le sourire. Le vice-président du Secours catholique de la Loire Christian You, confirme, en décrivant la mère de famille comme "un pilier de la boutique du Secours catholique". Nebisa se souvient qu'elle était "trop pressée" de retourner à l'association à chaque fois, car celui lui donnait une occupation, lui changeait les idées, et lui a permis de rencontrer des personnes qui l'ont aidée aussi dans son combat. 

D'après le rapport annuel 2019 du Secours catholique sur la pauvreté, publié ce jeudi, 20% des bénéficiaires de l'association étaient privés de droit de travail en 2018. Le Secours catholique dénonce cette situation alors que, détaille l'association en préambule de son rapport, "de nombreux migrants, qui en rêvent pourtant, sont condamnés à l’oisiveté et à la misère"

Nebissa continuera le bénévolat jusqu'à ce que sa situation soit régularisée en août 2018, comme pour le reste de la famille. Son mari trouve un emploi dans le mois en intérim, dans le bâtiment. Elle devra patienter jusqu'à l'automne, mais elle est finalement embauchée aux soins dans un Ehpad à Andrézieux-Bouthéon, à quelques mètres du foyer où la famille vit toujours. Elle en partira quelques mois plus tard, d'abord pour un appartement dans le parc privé, puis pour un logement social dans une résidence toute neuve, juste à côté de l'Ehpad où travaille Nebisa. "On s'est battu, on a réussi", conclut-elle. En espérant que leurs titres de séjour soient renouvelés au printemps 2020.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu