Société

Antisémitisme, racisme : François Hollande veut renforcer les sanctions

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 24 février 2015 à 7:34

François Hollande au dîner du Crif, le 23 février 2015
François Hollande au dîner du Crif, le 23 février 2015 © MaxPPP

Le président François Hollande a annoncé lundi un renforcement de l'arsenal répressif contre "tout propos de haine" raciste ou antisémite lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif),

"Il n'y a pas d'antisémitisme ordinaire" , a déclaré lundi François Hollande, au 30e dîner annuel du Crif. Parlant d'une "lèpre" qui est "toujours là 70 ans après la Shoah" et que "la France combattra sans faiblesse", le président de la République a promis de renforcer la répression.

Des sanctions "plus rapides et plus efficaces"

Manuel Valls présentera "dans les prochains jours" un plan "aussi complet que concret" , a précisé le Président. Des "sanctions plus rapides et plus efficaces" vont être prises selon François Hollande "a souhaité" que "tout propos de haine, raciste, antisémite ou homophobe ne relève plus du droit de la presse mais du droit pénal" .   

De plus, sera renforcé le caractère aggravant de la connotation antisémite d'un délit.

La tentation jihadiste également ciblée

"Nous allons renforcer les outils du droit" contre les personnes tentées par le jihadisme a également dit François Hollande, annonçant que la présentation en conseil des ministres du projet de loi sur le renseignement aura lieu le 18 mars prochain . Le chef de l'État s'est félicité de l'application "d'ici la fin de l'année" du PNR, la communication des données des passagers aériens.   

Il est également revenu, dans le prolongement du voyage de son ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve aux Etats-Unis, sur la responsabilité des géants d'internet dans cette lutte contre le terrorisme. "Si vraiment les grands groupes d'internet ne veulent pas être complices du mal, ils doivent participer à la régulation" estime François Hollande. Lors de leur venue en avril, "nous fixerons un cahier des charges clair et précis avec ces géants d'internet et je vous assure que nous contrôlerons son application" promet-il encore. De plus, les moyens de la plate-forme Pharos de signalement de contenus illicites seront renforcés. 

Un dîner sur fond de polémique

La soirée du Crif a été ternie par l'absence du Conseil français du culte musulman  (CFCM) et de son président Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, qui n'avait jamais fait faux-bond à ce rendez-vous. La raison de cette absence : le président du Crif Roger Cukierman et ses propos sur Marine Le Pen et sur les "jeunes musulmans", qui ont créé une polémique à quelques heures du dîner.

Roger Cukierman a tenté de faire retomber la pression en exprimant, en introduction de son discours, son "vif regret" de l'absence du CFCM . "Juifs et musulmans, nous sommes sur le même bateau, j'espère que le contact sera rapidement rétabli" , a déclaré Roger Cukierman. Il a réitéré sa mise au point sur la présidente du Front national, qui n'est"ni fréquentable ni irréprochable" tant qu'elle ne se désolidarisera pas des propos de son père.