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Société

Appartement réquisitionné pour des migrants à Tours : le propriétaire a déposé plainte

lundi 7 janvier 2019 à 8:28 Par Yvan Plantey, France Bleu Touraine

Entrés sans l'accord du propriétaire, quarante jeunes mineurs non accompagnés originaires d'Afrique risquent l'expulsion d'un appartement de 150 m² à Tours, réquisitionné par le collectif Plan B.

Aidés par le collectif plan B, les jeunes migrants espèrent rester dans cet appartement de 150m², au moins jusqu'à la fin de la trêve hivernale le 31 mars.
Aidés par le collectif plan B, les jeunes migrants espèrent rester dans cet appartement de 150m², au moins jusqu'à la fin de la trêve hivernale le 31 mars. © Radio France - Alexandre Lepère

Tours, France

Le 13 décembre dernier, le collectif plan B a investi un appartement abandonné, pour des mineurs non accompagnés (MNA), sans aucune solution de logement. Situé rue Deslandes à Tours, l'entrée dans les lieux s'est faite avec les clés, mais de façon illégale, sans l'accord du propriétaire. Installé au Portugal, ce dernier a porté plainte une dizaine de jours plus tard.  

Un logement comme seule possibilité avant l'évaluation des services sociaux

Dans cet appartement, 16 mineurs non accompagnés sont en situation de recours auprès du Conseil Départemental d'Indre-et-Loire, pour prouver leur minorité. Une condition nécessaire afin d'être logé et pris en charge par les services de l'Aide Sociale à l'Enfance, et accéder aux soins ou à l'éducation. Mais en attendant, les 24 autres jeunes de cet appartement n'ont pas encore été évalué, la faute à une saturation des services sociaux du Champ Girault à Tours, et ce malgré le recrutement de sept agents supplémentaires en septembre dernier. 

Légalement, le délai d'évaluation du statut des mineurs non accompagnés par des éducateurs spécialisés est de 5 jours. Face à l'arrivée massive de nouveaux jeunes migrants depuis l'automne, les délais d'évaluation ont été portés à 40 jours. Avec 1 873 Mineurs Non Accompagnés accueillis au Champ Girault à l'échelle du département tout au long de l'année 2018, la situation est critique : ils n'étaient « que » 553 en 2017. De quoi inquiéter Nadége Arnault, 1ère vice-présidente en charge des affaires sociales du département.

Nous manquons toujours de moyens humains pour l'évaluation de ces mineurs non accompagnés.

Une expulsion des lieux impossible jusqu'à la fin de la trêve hivernale ?

D'ici leur évaluation, les mineurs recueillis par le collectif plan B passent une partie de leurs journées dans les locaux de l'association Utopia37, où ils sont nourris et reçoivent quelques cours de Français. Le soir, ils retournent donc à cet appartement de la rue Deslandes, qui leur permet d'éviter la rue. 

Encadré par Sara, bénévole du collectif plan B présente chaque soir à leurs côtés, ils veillent à déranger le moins possible le voisinage. Une façon d'apaiser les relations : certains des voisins sont d'ailleurs déjà venus pour déposer des gâteaux, des dattes ou bien encore pour jouer aux cartes. « Bien consciente des difficultés » du Conseil départemental, Sara regrette toutefois l'allongement des délais d'attente pour l'évaluation de la minorité.

Un bureau a notamment été installé dans la pièce principale de l'appartement. - Radio France
Un bureau a notamment été installé dans la pièce principale de l'appartement. © Radio France - Alexandre Lepère

Ces jeunes ne demandent qu'une chose : rendre service... la situation est injuste. 

Et à terme, l'espoir de ces jeunes migrants, une fois leur situation régularisée est de commencer des études sur le sol français. "L'objectif est de les scolariser en CAP. Ces jeunes peuvent apporter pour les métiers à flux tendus" indique Sara. "J'aimerais commencer des études de pâtisserie" précise Abdoulaye, qui a fui la Guinée avant d'arriver à Tours.  

Dans tous les cas, les études sont indispensables pour ces mineurs non accompagnés. Après leurs 18 ans, ils devront faire une demande de titre de séjour : celle-ci a peu de chances d’aboutir si le jeune concerné n’a pas pu entamer de formation.  

5 à 6 lits composent les chambres de cet appartement réquisitionné par le collectif plan B. - Radio France
5 à 6 lits composent les chambres de cet appartement réquisitionné par le collectif plan B. © Radio France - Alexandre Lepère

D'ici là, rue Deslandes, tous les habitants de l'appartement espèrent la clémence du juge. Prochainement présenté devant le tribunal d'Instance de Tours, le collectif plan B et l'association Utopia37 devront prouver qu'il n’y avait pas d’autre solution de logement pour ces mineurs non accompagnés… En théorie, ils ne pourront pas être expulsés avant la fin de la trêve hivernale le 31 mars.

Alexandre Lepère