Société

Après la Jungle, des migrants de Calais démarrent une nouvelle étape dans la Somme

Par François Sauvestre, France Bleu Picardie vendredi 28 octobre 2016 à 6:00

Shishay Mihreteab (à gauche) a fui la jungle de Calais et est hébergé avec trois amis à Abbeville.
Shishay Mihreteab (à gauche) a fui la jungle de Calais et est hébergé avec trois amis à Abbeville. © Radio France - François Sauvestre

Depuis lundi, la Somme a accueilli 101 migrants qui ont quitté le bidonville de Calais rebaptisé "la Jungle", démantelée sur ordre du gouvernement. 27 d'entre eux, originaires d’Érythrée et de Somalie ont posé leurs bagages à Abbeville. Certains ont déjà décidé de demander l'asile en France.

Comme tous les départements de France, la Somme accueille depuis lundi des migrants qui ont quitté le plus grand bidonville de France. A Calais, le campement de la Lande, rebaptisé "la Jungle" a été démantelé par les autorités qui ont mis en place le déplacement de ces milliers d'hommes, femmes et enfants vers les centres d'accueil et d'orientation (CAO).

Dans le département de la Somme, 101 personnes sont arrivées par bus depuis lundi soir. 27 d'entre elles sont hébergées à Abbeville. En accord avec le conseil municipal, la préfecture a fait en sorte que ces Erythréens et Somaliens puissent avoir un toit. Sept appartements ont été mis à disposition. "Ce sont des propriétaires privés qui les ont libérés", se félicite un élu. Épaulés par plusieurs associations, les réfugiés ont entamé une nouvelle étape de leur vie.

On s'est déjà promené dans Abbeville. C'est beau et les gens sont accueillants. Shishay, réfugié érythréen.

Parmi ces hommes et ces femmes qui sont arrivés en Picardie Maritime, il y a Shishay Mihreteab. A 29 ans, il a fui le régime ultra autoritaire d’Érythrée, a parcouru la longue et très périlleuse route qui l'a mené jusqu'en France. A Paris d'abord. "Je dormais dans la rue, je n'avais nulle part où aller", se souvient t-il. Shishay revient sur son exil avec calme. Il se rappelle aussi des quelques semaines dans la Jungle de Calais. "C'était très dur, il y fait froid".

Demande d'asile en France

Son plan initial, comme tous ou presque, c'est "d'aller en Angleterre". Mais très vite, Shishay est confronté aux difficultés d'une telle traversée. "Quand j'ai vu des gens mourir en tentant de passer, je me suis dit qu'il fallait changer de plan. Et demander l'asile ici en France". Lors des annonces du démantèlement de la jungle, il fait donc parti des premières personnes à monter dans les bus. Direction les CAO.

Peu importe la destination. L'important c'est que je m'intègre, que j'obtienne des papiers.

Sur la destination, il a peu d'exigences. L'important pour lui c'est de décrocher le statut de réfugié et de vivre quelque part, en sécurité en France. Ce sera donc la Somme. Son vœu d'être hébergé au même endroit que trois de ses amis érythréens est exhaussé. Depuis lundi soir, Shishay a pris possession d'une petite maison à Abbeville. Tous les quatre, ils comptent demander l'asile en France et s'y intégrer.

Reportage France Bleu Picardie à Abbeville

Comme les autres, Shishay reçoit l'aide d'associations dont Coallia. La structure épaule ces réfugiés dans leurs démarches administratives et dans leur vie au quotidien. "Il faut par exemple les aider à gérer avec peu de ressources financières", explique Sandrine Cervantes, la directrice départementale de Coallia.

Sandrine Cervantes, responsable départementale de l'association Coallia

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