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Société

Après la mort du jeune Kewi, les parents d'élèves et les enseignants des Lilas restent mobilisés

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu

Une semaine après la mort du jeune Kewi, tué près du collège Marie Curie des Lilas (Seine-Saint-Denis), parents d'élèves et enseignants restent mobilisés pour réclamer de réels moyens afin de lutter contre les violences aux abords des établissements scolaires dans la ville.

Lycée polyvalent Paul Robert des Lilas en Seine-Saint-Denis
Lycée polyvalent Paul Robert des Lilas en Seine-Saint-Denis © Radio France - Hajera Mohammad

Les Lilas, France

Le vendredi 4 octobre, Kewi Yikilmaz, un adolescent de 15 ans, originaire du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) a été poignardé à mort aux abords du collège Marie Curie des Lilas. 

Des élèves encore choqués

Le garçon a été pris pour cible lors d'une bagarre entre deux groupes de jeunes à l'entrée du stade municipal Jean Jaurès où se déroulait un cours d'EPS. Malgré un massage cardiaque prodigué par le professeur de sport, Kewi a succombé. Trois jeunes âgés de 14 et 15 ans ont été mis en examen et écroués pour "assassinat en bande organisée". Deux d'entre eux sont élèves au lycée Paul Robert, situé à quelques mètres  du collège. D'après les premiers éléments, la piste d'une "rivalité de territoires" est évoquée.

Une semaine après, le choc est encore immense devant le lycée Paul Robert."Ça existe depuis toujours ces bagarres entre quartiers mais là ça va trop loin", selon Laura. La jeune fille, en première générale au lycée Paul Robert, craint des représailles contre les élèves des Lilas et imagine le pire pour les années à venir si rien n'est fait. _"Aujourd'hui, ce sont des couteaux mais dans cinq ans, ce sera peut-être des armes à feu"_.

Retour aux Lilas une semaine après la mort du jeune Kewi

Classement en REP ? 

Les enseignants, eux, réclament toujours des moyens supplémentaires : un CPE, des assistants d'éducation au collège notamment. Ils souhaitent que le classement de leur établissement en REP (réseau d'éducation prioritaire) et en "zone prévention violence".  Pour le rectorat, il s'agit avant tout d'un problème qui relève de la sécurité publique, ce qu'a confirmé le ministre de l'Education nationale ce jeudi matin chez nos confrères d'Europe 1. Jean-Michel Blanquer parle d'un "événement de rue" qui s'est déroulé "en dehors du contexte scolaire".

"Un côté irrationnel" dans ces rixes

En un an, trois jeunes ont été tués dans des rixes entre bandes rivales aux Lilas. Frédéric Cruciani, délégué à la cohésion police population (DCPOP) du commissariat de Bagnolet a mené une opération de prévention début septembre auprès des élèves de seconde du lycée Paul Robert : "Lorsque je demandais aux jeunes pourquoi ces rixes avaient lieu, ils ne savaient pas les expliquer donc il y a un côté irrationnel... et très ponctuel aussi puisque pendant un mois il n'y en aura pas et puis pendant deux semaines, vous en aurez tous les jours". Il y a aussi l'effet de groupe, sans oublier les réseaux sociaux : on se menace, se provoque sur snapchat ou facebook.

Les parents soutiennent les profs

En solidarité avec les enseignants qui exerceront de nouveau leur droit de retrait ce vendredi, les parents d'élèves sont appelés à une "journée blanche" en gardant leur ado à la maison. Ils sont aussi invités à soutenir les professeurs dont une délégation sera reçue à 17h30 au rectorat à Créteil (Val-de-Marne). Sophie, maman d'élèves, est déjà venue les soutenir ce jeudi devant le siège d'Est Ensemble à Romainville où se tenait un conseil de sécurité locale. "On en marre que nos enfants soient tués à 15 ans et j'ai peur que ce mort-là soit un mort parmi tant d'autres... On est dans le 93, tout le monde s'en fout !" affirme-t-elle.

"Je ne veux pas avoir peur !" - Sabrina, maman de deux élèves au collège Marie Curie des Lilas

"Trouver la bonne formule" pour les élus

Présents lors de ce conseil, le maire des Lilas, Daniel Guiraud (PS) a annoncé la sécurisation des enceintes sportives extérieures comme le stade municipal Jean Jaurès. L'élu défend également le classement des établissements en REP. Il attend néanmoins des solutions à long terme qui devront venir aussi de l'État, dit-il.

"Je demande le classement en REP" - Daniel Guiraud, maire (PS) des Lilas

Laurent Baron, maire (PS) du Pré-Saint-Gervais précise qu'une autre réunion est prévue d'ici un mois entre tous les acteurs locaux afin de trouver _"la bonne formule"pour que "chaque enfant puisse vivre sa scolarité sereinement et chaque famille retrouve son enfant le soir en rentrant à la maison"._

"Trouver la bonne formule pour que chaque enfant puisse vivre sa scolarité sereinement" - Laurent Baron, maire PS du Pré-Saint-Gervais

L'appel au calme de la sœur de Kewi

Berfin Yikilmaz, la grande sœur de Kewi, a participé également au conseil de sécurité locale. La jeune femme a lancé un appel aux autorités pour demander de réelles mesures pour lutter contre ces violences."C'est bien beau de parler mais si ça n'aboutit à rien ça ne sert à rizen : il faut des caméras, il faut plus de patrouilles avec plus de voitures de police, plus de personnes pour assurer la sécurité à l'entrée et à la sortie des établissements scolaires", dit-elle. 

La sœur de la victime appelle les jeunes impliqués dans ces violences entre bandes au calme. "On veut que ce drame soit le dernier et que le nom de mon frère fasse en sorte que tout ça s'arrête". 

"Depuis que je suis petite, j'entends parler de ces guerres de territoires" - Berfin Yikilmaz, sœur de Kewi

Une marche blanche pour rendre hommage à Kewi est prévue dimanche matin à 10h30 au départ de la rue Jean-Baptiste Sémanaz au Pré-Saint-Gervais, jusqu'au stade Jean Jaurès des Lilas.

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