Société

Après les attentats, Anne Hidalgo décore les "anges-gardiens" de Paris

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris Région et France Bleu samedi 23 janvier 2016 à 19:24

La maire de Paris décore 7 gardiens d'immeuble à l'hôtel de ville
La maire de Paris décore 7 gardiens d'immeuble à l'hôtel de ville © Radio France - Rémi Brancato

La maire de Paris a remis ce samedi la médaille de bronze de la Ville à sept gardiens d'immeuble qui ont secouru les rescapés et les victimes des attentats de 2015. 600 concierges parisiens ont été honorés à l'hôtel de Ville.

Anne Hidalgo a salué ce samedi "les anges gardiens et les anges gardiennes" de Paris, dans une cérémonie "aux premières loges", qui devait au départ avoir lieu le 14 novembre dernier et qui avait donc logiquement été reportée en raison des attentats. Environ 600 gardiens d'immeuble parisiens ont été reçus dans les salons de l'hôtel de Ville.

Sept gardiens distingués

Parmi eux, 7 ont été distingués pour l'aide qu'ils ont apporté aux victimes des attentats de janvier et novembre. La plupart sont des gardiens d'immeuble du 10e et 11e arrondissement qui ont accueilli, caché et parfois soigné des rescapés du Bataclan et des terrasses visés par les terroristes. La maire de Paris veut les "remercier" pour l'aide apportée au moment des attentats :

"Vous avez été là pour panser les plaies et vous l'avez fait sans que personne ne vous le demande"

Parmi eux, Marguarida Dos Santos Sousa, gardienne du 87 boulevard Richard Lenoir, à 100 mètres du Bataclan. Le 13 novembre, elle a accueilli 30 à 40 personnes dans sa cour et vécu "une nuit d'horreur". "Les gens criaient 'cachez-nous, aidez- nous', raconte la gardienne, alors on a fait entrer les gens". Elle appelle les secours, et apporte de l'aide, ce qu'elle trouve à proximité, notamment pour soigner les blessés par balles : "des morceaux de tissus pour essayer de compresser les bras des gens". 

Elle vient notamment en aide à une jeune femme, grièvement blessée, de deux balles dans le dos. La jeune femme a survécu : "je suis contente", sourit Marguarida, qui doit désormais vivre avec ces images qui l'"empêchent de dormir". Et elle lâche : "on a fait tout ce qu'on a pu".

Rémi Brancato a rencontré Marguarida

"Des morts partout"

"J'ai fait quelque chose de normal" explique aussi Cécile Le Luyer. Elle est la gardienne d'un immeuble rue Alibert, tout près du Carillon et du Petit Cambodge, deux établissements visés par les balles des terroristes le 13 novembre. Ce soir-là elle est chez elle, près de la gare de l'Est quand les pompiers l'appelle et lui demande d'ouvrir les accès de l'immeuble. Elle accourt et découvre la scène, terrible : "en arrivant, il n'y a que des morts partout", raconte-t-elle, encore choquée. Depuis, il a fallu consulter un psychiatre, prendre des médicaments pour se remettre : "c'est un traumatisme à vie". Alors deux mois après les attentats, cette médaille l'a "stressée" et a fait remonter à nouveau ces souvenirs douloureux, mais la gardienne lâche avec un sourire: "ça fait toujours plaisir d'être reconnu".

Cécile Le Luyer au micro de Rémi Brancato