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Société

Après trois semaines dans la rue, 25 réfugiés africains bientôt relogés à Montreuil

lundi 30 octobre 2017 à 18:04 Par France Bleu Paris, France Bleu Paris

Depuis trois semaines, 25 réfugiés d'origine africaine dorment dans la rue à Montreuil. Le 6 octobre dernier, ils ont été expulsés alors qu'ils squattaient un immeuble sans le savoir (à la suite d'une escroquerie au faux bail). Le groupe attend d'être relogé par la mairie.

Depuis trois semaines, une vingtaine de personnes campe dans la rue à Montreuil. Ils attendent d'être relogés.
Depuis trois semaines, une vingtaine de personnes campe dans la rue à Montreuil. Ils attendent d'être relogés. © Radio France - Claire-Lise Macé

Montreuil, France

"Voilà, c'est ici que je dors", explique Abdurrahman en ouvrant sa tante Quechua. Depuis un mois, il campe sur le trottoir. Avec 24 autres réfugiés africains, il s'est fait expulsé le 6 octobre dernier de l'immeuble où il vivait. Depuis, il vit dans la rue, dans le froid et l'humidité, "on est tous tombé malade", raconte-il.

Escroqués, expulsés, interdits de rentrer

L'histoire de ce groupe débute il y a quelques mois, lorsqu'ils s'installent au 30 rue Gambetta à Montreuil. Chacun signe un bail et paie un loyer. Sans se douter qu'il s'agit en fait d'un immeuble désaffecté, appartenant à la ville. Les baux sont faux, et l'escroc qui les a logés, a empoché l'argent avant de disparaître dans la nature. Les réfugiés, eux, sont devenus des squatteurs sans le savoir.

Lorsque la mairie communiste de Montreuil apprend que l'immeuble est occupé, elle ordonne une expulsion. Les 25 personnes n'ont nulle part où aller. Ils s'installent donc sur le trottoir de la rue Gambetta. Ils y restent trois semaines. Jusqu'à ce que la justice valide leur réintégration. Pour le juge, l'expulsion de la mairie était illégale, les personnes doivent donc être relogées.

Mais alors que le groupe fête sa victoire judiciaire, le maire prend un arrêté préfectoral très troublant. Un arrêté de péril, indiquant que l'immeuble est trop dangereux pour être habité. La porte d'entrée reste close alors que les réfugiés devaient retourner vivre dans leurs appartements ce lundi 30 octobre (contre une indemnisation de 400€ par mois et par logement).

Colère et lassitude

Face à cet arrêté, le groupe, les associations et le voisinage (très solidaire des réfugiés) ont décidé de repartir en guerre contre la mairie. "C'est très suspect de voir un arrêté de péril pris juste après que la justice a ordonné la réintégration", souligne Bernard, un habitant de la rue Gambetta qui héberge parfois des réfugiés.

Devant les tentes, les réfugiés eux sont exténués. "On veut juste un toit au-dessus de nos têtes", s'énerve Mohamed.

La mairie se défend

De son côté la mairie de Montreuil se défend. "Nous sommes obligés de protéger la population, or, dans cet immeuble, il y a de l'amiante, du plomb, des problèmes au niveau du plancher et des trous dans les murs porteurs", explique la municipalité.

Par ailleurs, la mairie annonce qu'elle est en train de réfléchir à une solution pour reloger les réfugiés au plus vite.