Société

François Hollande va recevoir les policiers en colère, Bernard Cazeneuve leur écrit pour renouveler son soutien

Par Géraldine Houdayer, France Bleu vendredi 21 octobre 2016 à 7:27

Les policiers ont manifesté pour la quatrième nuit d'affilée.
Les policiers ont manifesté pour la quatrième nuit d'affilée. © Maxppp - Frank Muller

Les policiers ont à nouveau manifesté partout en France dans la nuit de jeudi à vendredi. Le président François Hollande va les recevoir en début de semaine prochaine. Dans une lettre, Bernard Cazeneuve, le ministre de l'intérieur, leur renouvelle son soutien.

Après une quatrième nuit de manifestations de policiers partout en France, François Hollande a, ce vendredi 21 octobre, assuré qu'il recevrait les syndicats de fonctionnaires de police en début de semaine prochaine. Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, leur renouvelle son soutien dans une lettre envoyée ce vendredi matin.Le ministre dit mesurer leurs conditions de travail "éprouvantes. Vous demandez des moyens, nous vous les donnons. Vous demandez du soutien, il vous est acquis", affirme le ministre, qui détaille la série de mesures annoncées mercredi pour calmer le mouvement de contestation des agents de police. "Je comprends votre colère" après la série d'agressions de policiers, écrit-il, "la réponse pénale doit bien entendu être à la mesure de la gravité des faits". Ce vendredi matin, une intersyndicale de policiers a appelé à manifester devant les palais de justice tous les mardi.

"Vous demandez des moyens, nous vous les donnons. Vous demandez du soutien, il vous est acquis" - Bernard Cazeneuve, dans une lettre aux policiers

Plusieurs centaines de policiers ont à nouveau manifesté dans la nuit de jeudi à vendredi, à Paris et dans plusieurs villes en banlieue et en région. Près de 500 policiers ont manifesté à Paris. Ils étaient près de 800 à Melun, 120 à Évry, et une centaine d'agents à Bobigny. A Lyon, 400 fonctionnaires ont défilé. Ils étaient une centaine à Toulouse, Carcassonne et Bordeaux, une cinquantaine à Montpellier et à Tarbes. A Marseille, près de 200 policiers se sont rassemblés à 23H sur le Vieux Port avant de rallier le palais de justice, sirènes hurlantes et gyrophares allumés. A Brest, une quinzaine de policiers a aussi manifesté. A Belfort, ils étaient une soixantaine.

Depuis le sommet européen de Bruxelles, François Hollande a tenu à soutenir les forces de l'ordre : Il est très important que nous puissions donner une perspective et une réponse immédiate, et donc que les policiers sachent bien que le gouvernement et le président de la République sont dans une démarche de dialogue, a déclaré le président. Je recevrai les organisations représentatives de policiers dans le début de semaine". Le patron des policiers Jean-Marc Falcone, a affirmé ce vendredi sur Europe 1 qu'il ferait des propositions à Bernard Cazeneuve sur les moyens matériels "la semaine prochaine".

Un programme de travail pour les policiers

Le chef de l'Etat a indiqué vouloir "développer un programme de travail tout au long des prochains mois". Le mouvement de protestation est né après une violente attaque au cocktail Molotov contre quatre policiers à Viry-Châtillon (Essonne) le 8 octobre. "Je sais qu'il y a ce malaise qui est profond, qui est d'ailleurs depuis longtemps chez nos fonctionnaires de police et les gendarmes", a reconnu le chef de l'Etat, assurant ceux-ci de la reconnaissance de la population et des pouvoirs publics. François Hollande a salué le "travail remarquable" des policiers, soumis "à une pression considérable" face à la menace terroriste ou encore sollicités pour des manifestations.

"Nous irons jusqu'au bout de ce que les policiers demandent" - François Hollande

"Ce qui s'est produit dans l'Essonne est à tous égards insupportable puisque des policiers ont été attaqués et auraient pu être tués, c'était sans doute l'intention de ceux qui s'en sont pris à ces forces de l'ordre", a-t-il dénoncé, évoquant de manière générale des "conditions (de travail) de plus en plus difficiles, avec une violence qui est là". Il a dit sa volonté d'aller "jusqu'au bout de ce que ces organisations ou ces policiers demandent", et pas seulement en termes de moyens ou de reconnaissance.

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