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La prison de Fleury-Mérogis fête ses 50 ans

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Inaugurée en 1969, la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) fête ses 50 ans ce mardi. A l'époque présentée comme un modèle de prison du futur, elle est maintenant très abimée et surpeuplée.

La prison de Fleury-Mérogis fête ses 50 ans.
La prison de Fleury-Mérogis fête ses 50 ans. © Maxppp -

La plus grande prison d'Europe fête ses 50 ans ce mardi. Fleury-Mérogis, dans l'Essonne, était à l'époque de son ouverture, une petite révolution dans le monde pénitentiaire. Grande, lumineuse, automatisée... Un demi-siècle plus tard, c'est ici que le taux de suicide des détenus est le plus haut de France. 13 rien qu'en 2018. Le turn-over des surveillants y est très élevé ausi, tous dégoutés.

Changement de ton entre cette archive vidéo de janvier 1969 et aujourd'hui. "Fleury c'est l'horreur", rectifie Eric Sniady. Pour y avoir séjourné deux fois, de 2003 à 2008 puis en 2015, ce braqueur sait de quoi il parle. "Il n'y a plus qu'une promenade, les surveillants ne font plus rien passer entre les cellules et ils disent qu'ils n'ont pas le temps de nous emmener aux ateliers, donc à Fleury on ne sort jamais de sa cellule", se souvient l'ancien détenu. 

Car ils sont 4.200 prisonniers désormais, soit un taux d'occupation de 143%. Alors les surveillants font ce qu'ils peuvent confirme Thibault Capelle, gardien depuis 10 ans et secrétaire local de Force ouvrière : "Les collègues ont 90 détenus en moyenne par coursive à gérer, alors les mouvements marchent très bien, mais il y en a peu, reconnait-il. Pour le côté humain, c'est vrai que c'est compliqué d'accorder une attention particulière à chacun.

Reportage avec un ancien détenu et un syndicaliste.

Et pourtant, c'est l'une des prisons les plus sûres, "c'est un modèle de sécurité, pour notre sécurité, comme pour celle des détenus", reconnait même le syndicaliste. Tellement que l'administration pénitentiaire qui y place ses détenus les plus dangereux. Jacques Mesrine, Rédoine Faid un temps... le terroriste des attentats de Paris, Salah Abdeslam en ce moment. 

Cécile Marcel : "Fleury c'est l'anti-modèle, c'est la prison qu'il ne faut plus faire."

Rien d'un modèle à l'inverse pour l'OIP, l'Observatoire international des prisons. "Fleury c'est une prison comme on ne doit absolument plus en faire", résume Cécile Marcel, la directrice de la section France de l'OIP. "C'est l'anti-modèle de par sa taille démesurée, parce qu'elle est éloignée de tout centre urbain ce qui ne facilite pas le lien avec les familles, les interlocuteurs, Pôle Emploi et tout ce qui prépare à la sortie." 

Mais le plus gros problème pour l'experte, c'est bien la surpopulation. A Fleury-Mérogis, les détenus "vivent 22h sur 24 en cellule à deux ou trois personnes", détaille Cécile Marcel. Et parce qu'il y a trop de monde à gérer, "moins de 'mouvements' donc moins d'activités, d'accès aux soins, aux services de probation et réinsertion". Et en conséquence aussi, énormément de tensions. "Je ne sais pas comment on peut sauver Fleury, il faudrait tout raser en fait", conclut la directrice de l'Observatoire.

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