Société

Argent de poche contre service : un outil de lutte contre la délinquance à Nancy

Par Isabelle Baudriller, France Bleu Sud Lorraine lundi 13 novembre 2017 à 18:59

L'opération concerne notamment le quartier du Plateau de Haye, à cheval sur Nancy, Maxéville et Laxou
L'opération concerne notamment le quartier du Plateau de Haye, à cheval sur Nancy, Maxéville et Laxou © Maxppp - Maxppp

L'opération "Argent de poche", lancée il y a 20 ans dans le Grand Nancy, intègre depuis ce lundi 13 novembre la ville de Laxou. Son principe ? Prévenir la délinquance des jeunes en leur proposant de gagner un peu d'argent en contrepartie de chantiers d'entretien à l'Office métropolitain de l'habitat

Comment prévenir la délinquance des jeunes ? Comment faciliter leur intégration sociale ? Pourquoi pas en leur permettant de gagner leur argent de poche en contrepartie d'un service rendu à la collectivité ? C'est le principe de l'opération "Argent de poche" lancée il y a tout juste 20 ans à Nancy et Maxéville dans les quartiers du Haut du Lièvre, de Beauregard, d'Haussonville et de Saint-Nicolas. Un dispositif conduit par les villes et la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). La ville de Laxou l'a rejoint officiellement ce lundi 13 novembre.

L'opération "Argent de poche" propose à des jeunes volontaires de 16 à 21 ans de participer à deux chantiers maximum par mois. Quelques heures consacrées à l'entretien d'espaces verts, au nettoyage de cages d'escaliers ou encore au ramassage de feuilles pour le compte de l'Office métropolitain de l'habitat du Grand Nancy (OMh) en échange de 15€ par chantier.

Gagner sa vie légalement

Il avait 16 ans quand il a dit "oui" à l'opération "Argent de poche". A 20 ans, Abdellatif Benaicha est aujourd'hui encadrant du dispositif auprès des jeunes et se sert de son expérience. "A 16 ans, j'étais au lycée en ville, je n'avais pas trop le temps de rentrer chez moi et grâce à l'opération et aux 30€ des chantiers, je pouvais me payer à manger le midi et prendre le bus. Il y a de moins en moins de jeunes qui veulent gagner leur vie légalement, enfin c'est mon point de vue. Moi j'ai réussi à m'en sortir."

De l'argent gagné dignement et un service rendu à la collectivité : pour Bruno Manière, directeur territorial de la Protection judiciaire de la jeunesse (qui couvre les départements de Meurthe-et-Moselle, Meuse et Vosges), l'opération est un "outil de prévention de la primo-délinquance en montrant que l'accès à un petit peu d'argent peut passer par une autre réponse que la délinquance. Et puis, c'est mettre ces jeunes en relation avec les acteurs de la société sur ce territoire, d'autres habitants. Leur permettre d'accéder à d'autres logiques de vivre-ensemble, c'est par nature faire prévention à la délinquance."

"C'est vraiment par les jeunes, pour les gens du quartier et avec tout le monde, le bailleur, la PJJ. C'est de la prévention et de la vie quotidienne", renchérit la maire de Laxou, Laurence Wieser. L'an dernier, 318 jeunes - autant de filles que de garçons - ont participé à 491 chantiers. Ils ont gagné au total 53.760€ d'argent de poche.