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Société

Arrestation d'une dizaine de militants de l'ultradroite : "Ça fait très peur" estime la Licra en Isère

lundi 25 juin 2018 à 12:44 Par Aurélie Berland, France Bleu Isère

Une dizaine de personnes de l'ultra-droite viennent d'être arrêtées par la DGSI. Elles sont soupçonnées de préparer des attaques contre des musulmans. Le président de la Licra de l'Isère, Mohamed Djerbi rappelle un contexte sensible.

Mohamed Djerbi, président de la Licra Grenoble, sur France Bleu Isère ce lundi matin
Mohamed Djerbi, président de la Licra Grenoble, sur France Bleu Isère ce lundi matin © Radio France - Nicolas Crozel

Grenoble, France

Un groupe d'une dizaine de personnes de l'ultradroite a été arrêté à plusieurs endroits du pays, a-t-on appris dimanche. La DGSI les soupçonne d'avoir fait des repérages autour de mosquées pour préparer des attaques ciblées. "On a arrêté des hommes armés prêts à passer à l’acte, qui visaient des imams qu’ils ont subjectivement estimé comme radicaux, des anciens détenus mais aussi des personnes choisies dans la rue au hasard, ça fait très peur." a réagi ce lundi matin sur France Bleu Isère Mohamed Djerbi, le nouveau président de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme). 

Ce n’est certainement pas aux groupuscules armés, indépendants, de réaliser ce ménage-là.

Mais ce n'est pas nouveau. L'année dernière, une affaire de ce type avait déjà eu lieu. "Une arrestation de près de dix personnes pouvant commettre ce genre d’infractions, voire de crimes" s'était produite en octobre 2017, rappelle Mohamed Djerbi. Un scénario qui se répète donc, et qui révolte toujours autant la Licra. "On a une justice qui nous permet de faire le ménage dans les imams radicalisés. Ce n’est certainement pas aux groupuscules armés, indépendants, de réaliser ce ménage-là." Une arrestation qui intervient dans un climat sensible où les tensions paraissent se durcir.

Les chiffres des violences en augmentation

Les actes à caractère raciste sont toujours aussi nombreux. Selon les chiffres nationaux transmis par le gouvernement, "il y a une baisse de ce qu’on appelle les « propos haineux », mais cette baisse cache une augmentation des faits violents, en augmentation cette année, à peu près d’une dizaine d’actes supplémentaires", analyse le président de la Licra. Des chiffres qui ne comptabilisent que les faits recensés et les actes déclarés. Le contexte tendu peut expliquer en partie ces regains de violence puisque les actes haineux peuvent être intensifiés par l'aspect sociétal : "Il n'est pas forcément interne à notre pays, mais il émane par exemple des conflits israélo-palestiniens, des conflits migratoires", observe Mohamed Djerbi. 

Mohamed Djerbi, président de la Licra Grenoble, sur France Bleu Isère ce lundi matin

En Isère, les élus ne sont pas non plus irréprochables : Franck Sinisi, ex-élu Front National, s'en est pris aux Roms et a été condamné pour incitation à la haine. Il a proposé de financer la construction de logements d'accueil en leur prenant leurs dents en or. Il s'était défendu en invoquant un trait d'humour. "Le tribunal correctionnel l’a condamné, il a été reconnu coupable par la justice. Il a fait appel de la décision, on se retrouvera devant la cour d’appel, la Licra sera encore partie civile pour défendre ces propos qui sont parfaitement ignobles", a durement réagi Mohamed Djerbi.  

Il considère que les responsables religieux essaient d'apaiser ces tensions et ces difficultés. "Le rabbin de Grenoble était présent lors de la rupture du jeûne, lors de la prière de l’Aïd. J’étais invité au dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives), et je pense qu’il y a ce rôle d’apaisement qui est mis en place par les responsables religieux." Un apaisement qu'il est urgent de rétablir, dans ces contextes de violences à l'encontre des minorités.