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Atteint d'une rétinite pigmentaire, Antoine Garrigues termine son Tour des Landes à pied

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Par , France Bleu Gascogne

Il a parcouru plus de 2.000 kilomètres à pied et s'est arrêté dans 250 communes. Antoine Garrigues termine ce samedi son tour des Landes. Antoine Garrigues a 63 ans et perd progressivement la vue à cause d'une maladie génétique : une rétinite pigmentaire.

Antoine Garrigues et ses compagnons de marche lors de son étape entre Luglon et Labouheyre
Antoine Garrigues et ses compagnons de marche lors de son étape entre Luglon et Labouheyre - Odile Chaintreau

Il aura marché neuf mois, sillonné le département des Landes du nord au sud, de l'est à l'ouest. Antoine Garrigues touche au but. Ce Landais de 63 ans s'était lancé un pari fou : faire le tour des Landes pour parler du handicap et en particulier de la maladie génétique rare qui le touche, la rétinite pigmentaire. Parti en novembre dernier, il arrive ce samedi vers 11h place Saint-Roch à Mont-de-Marsan. 

France Bleu Gascogne : Comment allez-vous ? 

Antoine Garrigues : Bien ! Avec quand même un peu l'envie de terminer, de revenir à la maison et de recommencer la vie active. J'ai marché six jours par semaine, je me reposais le dimanche. Depuis Mont-de-Marsan au nord des Landes, sud des Landes, est des Landes, le littoral... C'était vraiment intéressant. 

Quelle est votre plus belle rencontre ? 

La plus belle ? Elles sont nombreuses parce qu'il y a de super personnes dans les Landes. La plus belle, je pense que ça peut être... Nicolas, un jeune homme trisomique, et Gemma, qui est aussi une enfant trisomique. Nicolas a marché avec moi de Sabres à Luglon, avec son père et d'autres marcheurs comme les randonneuses vagabondes de Labouheyre, des Amis de Sabres, des cyclistes.

Pourquoi cette rencontre vous a t-elle marqué ?

Je parlais des personnes qui ont des problèmes. Moi j'ai un problème visuel, mais eux ils ont un autre problème et on les regarde d'un autre œil aussi. 

Ces rencontres que sont-elles devenues ? 

Des gens sont devenus des amis. Comme Jean-Claude de Villeneuve-de-Marsan, un bénévole au dessus de tout. Le maire de Canenx, qui m'a reçu chez lui comme un autre membre de la famille. Rose et Marcel de Cachen. Gérard, le maire de Lencouacq, et son épouse Jocelyne. Le maire de Montfort-en-Chalosse a été super. Il y a eu un sabotier, un maçon, des retraités, la maire de Saint-Martin-de-Seignanx. Je ne me souviens plus de leur nom... J'ai eu une entrevue avec Lionel Causse. 

Avez-vous été surpris de l'hospitalité des gens ?

Oui. Dans certaines familles, des parents qui ont des enfants en fauteuil et qui savent ce que c'est, la souffrance. J'ai participé un dimanche à une marche à Caupenne pour la petite Léa. Ce sont de très belles rencontres et en plus avec des gens qui ont toujours le sourire. Et dans les écoles pareil : j'ai eu beaucoup de bonheur aussi avec les enfants. 

Est-ce qu'il y a eu des moments de découragement ?

Mon amie Mélanie a dû m'abandonner pour des soucis de santé. Elle est de saint-Martin-d'Oney et atteinte de la même maladie que moi. Elle est mon pilier, elle s'est mouillée dans le projet, elle m'a aidé. Elle a arrêté il y a deux mois, et là je me suis retrouvé tout seul. Je me suis posé la question de continuer, mais j'ai mon autre "moi" qui m'a dit il faut aller de l'avant, pas laisser tomber tout ça. Odile a pris le relais, elle est la présidente des randonneurs vagabondes de Labouheyre, avec Bernadette, la secrétaire des randonneurs de Roquefort, pour annoncer mon passage dans les mairies. Je suis fait gronder par quelques maire, parce que j'arrivais comme un cheveu sur la soupe et ça n'a pas toujours été facile. des fois je me suis dit que j'aurais été au Pérou, j'aurais eu les portes plus facilement ouvertes par moment. j'ai dormi dehors, sous la tente. J'ai fait la connaissance de Thomas, un marginal. 

Le but de ce Tour des Landes était de parler du handicap, pari réussi ?

Oui. Toutes les rencontres que j'ai fait, beaucoup de personnes m'ont suivi sur Facebook, des personnes m'ont accompagné, qui m'ont reçu chez elles : des maires, des adjoints... J'ai dormi chez l'habitant, j'ai dormi dans des salles de basket, j'ai dormi dans des bibliothèques...

Et maintenant ? 

Je vais apprendre le braille et voir si je peux trouver un écrivain qui peut m'aider à faire un livre. Je n'aime pas rester sans rien faire. Mon problème visuel était mon ennemi, maintenant j'en ai fait mon ami. Et je voudrais faire passer ce message : il ne faut pas rester dans son coin à se morfondre. Il y a de belles choses encore à vivre, m^me si ce monde ne tourne pas très rond. je suis entouré de personnes qui croient en moi et celles qui n'y ont pas cru m'ont aussi aidé. Parce qu'au final, je suis en train de leur démontrer que j'ai du "gnac", même à 63 ans, même avec des douleurs de dos, même avec une vue qui est très basse, 90% de perte, je suis encore là !

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