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Dossier : Attentat de Conflans-Sainte-Honorine

Attentat de Conflans : les réseaux sociaux pointés du doigt par le gouvernement

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Par , France Bleu

Des interpellations ont eu lieu concernant des contenus haineux en ligne suite à l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine a annoncé ce lundi le ministre de l'Intérieur. Le gouvernement, qui pointe la responsabilité des plateformes en ligne et réseaux sociaux, doit recevoir ses représentants mardi.

Les responsables français des plateformes en ligne seront reçus mardi par Marlène Schiappa;
Les responsables français des plateformes en ligne seront reçus mardi par Marlène Schiappa; © Maxppp - Lionel VADAM

Plusieurs ministres pointent la responsabilité des réseaux sociaux et ceux qui les utilisent pour diffuser des contenus haineux, après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine. Ce lundi, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé que des interpellations ont eu lieu suite à des messages de soutien au terroriste postés sur les réseaux sociaux. Marlène Schiappa, la ministre déléguée en charge de la Citoyenneté, doit recevoir mardi les patrons de ces réseaux, pour qu'ils s'engagent à mieux contrôler les contenus.

80 messages identifiés en ligne

A l'issue d'un conseil de défense dimanche soir, l'Elysée a annoncé un "plan d'action" dès cette semaine contre "les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés" qui propagent des appels à la haine et à la violence pouvant encourager les attentats.
Des "procédures" seront menées contre les auteurs de 80 messages de soutien à l'agresseur de Samuel Paty, répertoriés par la plateforme Pharos, spécialisée dans le signalement des contenus et comportements illicites en ligne. 

Ce lundi sur Europe 1, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a précisé que "80 requêtes ont été ouvertes contre la haine en ligne, contre tout ceux qui de façon apologique ont expliqué d'une façon ou d'une autre que ce professeur l'a bien cherché. Des interpellations ont déjà eu lieu depuis dimanche." 

Lutte contre le "cyberislamisme" 

Par ailleurs, un renforcement de Pharos est envisagé selon franceinfo, en ce sens Marlène Schiappa, la ministre déléguée en charge de la Citoyenneté, s'est rendue dans les locaux de la plateforme dans la matinée, à Nanterre. Elle y a réuni les patrons de la police et de la gendarmerie afin d'étudier de nouvelles dispositions renforçant la lutte contre ce qu'elle a qualifié de "cyberislamisme".

Aujourd'hui, les signalements parvenant à Pharos sont traités par des policiers et des gendarmes qui, après vérification, alertent les services compétents, pour qu'une enquête soit ouverte, un dispositif qui reste long.

D'autre part, le compte Twitter de l'assaillant avait été signalé en juillet à la plateforme Pharos, révèle franceinfo. Le compte n'avait alors pas été suspendu, car il n'y avait pas d'alerte majeure sur un passage à l'acte. Après l'attaque, l'assaillant avait utilisé le réseau social en postant une photo de la victime, ce qui a entraîné la suspension de son compte.

Un dispositif juridique en cours de préparation

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a souligné dimanche la "responsabilité" de ceux qui ont participé au "lynchage public" de Samuel Paty sur Internet, mais aussi celle des réseaux sociaux. "Il faut une réponse absolument exemplaire sur ce sujet-là" estime-t-il. Mis en garde à vue samedi, le père d'un élève du professeur assassiné avait posté sur Facebook quelques jours avant les faits une vidéo appelant à la mobilisation et où il mentionnait le CCIF, Collectif contre l'islamophobie. Il traitait également Samuel Paty de "voyou". L'enseignant avait alors été la cible de messages sur internet, dans des vidéos où son nom et son adresse avaient été dévoilés.

Le porte-parole du gouvernement a indiqué que le gouvernement travaillait à "un dispositif juridique de lutte contre la haine sur les réseaux sociaux".

Les responsables des plateformes "peuvent faire beaucoup mieux"

"C'est quand même fou qu'une telle violence puisse se déverser sans qu'il se passe rien", a estimé Sarah El Haïry, secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de l'Engagement, interrogée ce lundi sur franceinfo.

Les responsables de ces plateformes, Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat ou encore TikTok "ont un rôle plus important à jouer. Ils peuvent faire beaucoup mieux et beaucoup plus" a ajouté la secrétaire d'État, qui envisage de sévir sur le plan financier pour pousser les plateformes à modérer. "Il faut un certain nombre de clics et de signalements pour qu'un contenu soit supprimé. Ce sont des algorithmes qui disent si c'est raciste, haineux, homophobe, antisémite. Il faut une part d'humanité supplémentaire et il faut que ces signalements déclenchent plus rapidement des suppressions voire des alertes, quand un profil a été signalé plusieurs fois", explique-t-elle.

L'échec de la loi Avia

En juin, le conseil constitutionnel avait censuré une partie de la loi Avia, qui proposait de lutter contre la haine en ligne, estimant qu'elle portait atteinte à la liberté d'expression. La loi Avia, portée par la députée LREM Laetitia Avia, faisait suite à l'engagement pris par le président Emmanuel Macron après l'attentat de Christchurch (Nouvelle-Zélande) relayé en direct sur un réseau social, en 2018.

Elle devait imposer aux plateformes et aux moteurs de recherche l'obligation de retirer sous 24h les contenus "manifestement" illicites, sous peine d'amende pouvant aller jusqu'à 1,25 million d'euros. Une autre de ses dispositions ramenait ce délai à une heure pour les contenus "terroristes" ou pédopornographiques en cas de notification par les autorités publiques. Mais le Conseil constitutionnel avait censuré ces deux dispositions. La première mesure "pouvait inciter les opérateurs de plateforme en ligne à retirer les contenus qui leur sont signalés, qu'ils soient ou non manifestement illicites" avaient estimé les Sages. 

Ce lundi, la députée Laetitia Avia est revenue sur cette proposition de loi sur franceinfo et a annoncé qu'un texte serait proposé en décembre "à l'échelle européenne dans le cadre du Digital Services Act qui va proposer des mesures exigeantes vis-à-vis des plateformes".

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